Les supporters brésiliens, d’un naturel déjà exubérant, sont devenus complètement fous mardi après la victoire de leur équipe en demi-finale du Mondial face aux Pays-Bas. Car il leur a fallu attendre les tirs au but, après un match tendu, pour laisser éclater leur joie et envahir les rues avec des cris, des coups de klaxons et des feux d’artifice. Les écoles de samba des quartiers pauvres de Rio ont donné le coup d’envoi de la fête, leurs danseuses remuant frénétiquement au son des percussions. «Taffarel, Taffarel», scandait la foule en se dirigeant vers le bord de mer, à Rio de Janeiro. Un peu plus tôt, tous avaient observé, le souffle coupé, le gardien brésilien arrêter deux penalties néerlandais. Sao Paulo n’avait rien à envier à la ville du célèbre carnaval. Des milliers de Brésiliens ont descendu l’avenue Paulista criant: «Cinq fois champions». L’émotion a même gagné la capitale Brasilia, d’ordinaire plus calme. Embouteillages et hystérie y étaient aussi de mise. Au Brésil, le football est une affaire sérieuse. Les commerces, l’administration et même la bourse étaient fermés pendant les matchs de la Coupe du monde. La «penta» en vue pour le Brésil La «penta» tant rêvée — un cinquième sacre en Coupe du monde — est enfin en vue pour l’équipe du Brésil, mais il lui faudra encore remporter la finale dimanche au Stade de France pour satisfaire le public le plus exigeant du monde. Après sa victoire sur les Pays-Bas mardi, acquise aux tirs au but après un match nul 1-1, la «Seleçao» n’est plus qu’à un succès de la «penta», comme on dit au pays. Les champions du monde en titre sont les favoris des bookmakers depuis le début de la compétition, mais il leur aura fallu plus de temps pour convaincre leurs supporters. Au Brésil, la préparation de la Coupe du monde ne s’était pas accompagnée de la ferveur habituelle. Les rues pavoisées de vert et de jaune masquaient mal un pessimisme général depuis l’humiliante défaite 1-0 face à l’Argentine, le grand rival sud-américain, à la fin avril à Rio. Le sélectionneur Mario Zagallo peinait à former une équipe idéale et l’organisation de certains matches de préparation a fait craindre que des intérêts commerciaux ne passent avant les impératifs sportifs. A cela se sont ajoutées des blessures qui ont écarté tour à tour de la sélection le défenseur Marcio Santos, le milieu de terrain Flavio Conceicao et, surtout, l’attaquant Romario, héros de la World Cup 94, dont la non-sélection a suscité bien des controverses. «Cela ne sert à rien d’atteindre son meilleur niveau avant que la compétition n’ait commencé, assurait Zagallo après la victoire 3-0 contre le Maroc le 16 juin à Nantes. Il est toujours rassurant de voir son équipe s’améliorer au fil des matches, sachant que la route est encore longue, et c’est exactement ce que nous faisons». «Une victoire magnifique» Rivaldo et Ronaldo, dont on craignait qu’ils cherchent à se faire de l’ombre l’un à l’autre, ont démontré une belle complémentarité en France, s’offrant mutuellement des balles de but. «Ronaldo et moi sommes amis, il n’existe entre nous aucun de ces problèmes dont les gens parlent», a assuré Rivaldo. Le gardien Taffarel, jugé peu sûr après une série de contre-performances en championnat, a montré qu’il était à la hauteur de sa troisième Coupe du monde en arrêtant deux penalties néerlandais lors de la séance de tirs au but qui a conclu la demi-finale de Marseille. L’arrière droit Cafu, suspendu mardi mais pratiquement assuré de retrouver son poste en finale, et le milieu défensif Cesar Sampaio, auteur inattendu de trois buts, se sont transcendés en France. Bebeto, sifflé par les supporters auriverde qui auraient préféré voir Denilson titularisé à l’attaque, a répondu avec trois buts. Ses percées incessantes, avec les courses éclair de Ronaldo, ont sapé les défenses adverses. Par moment le Brésil a produit un football de génie, mais lorsque ce n’était pas le cas — ainsi pendant une bonne partie de la demi-finale de mardi — les joueurs ont fait montre d’une détermination sans faille. «Ce fut une victoire magnifique», a commenté Zagallo qui, à 66 ans, a participé comme joueur, entraîneur adjoint ou entraîneur à chacune des quatre campagnes victorieuses du Brésil en Coupe du monde. «Tout m’a plu, le côté physique, le côté tactique, la façon dont nous avons su changer notre jeu lorsqu’il le fallait, notre détermination (...) Cela a donné la mesure du dévouement de chacun». L’équipe sait cependant qu’il lui faudra encore s’imposer dimanche au Stade de France. «Parvenir en finale est déjà une conquête», s’est réjoui le milieu de terrain Leonardo, qui avait manqué les trois derniers matches de la World Cup 94 en raison d’une suspension. «Mais il nous faut gagner, au Brésil nous portons toujours cette attente sur nos épaules». (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les supporters brésiliens, d’un naturel déjà exubérant, sont devenus complètement fous mardi après la victoire de leur équipe en demi-finale du Mondial face aux Pays-Bas. Car il leur a fallu attendre les tirs au but, après un match tendu, pour laisser éclater leur joie et envahir les rues avec des cris, des coups de klaxons et des feux d’artifice. Les écoles de samba des quartiers pauvres de Rio ont donné le coup d’envoi de la fête, leurs danseuses remuant frénétiquement au son des percussions. «Taffarel, Taffarel», scandait la foule en se dirigeant vers le bord de mer, à Rio de Janeiro. Un peu plus tôt, tous avaient observé, le souffle coupé, le gardien brésilien arrêter deux penalties néerlandais. Sao Paulo n’avait rien à envier à la ville du célèbre carnaval. Des milliers de Brésiliens ont descendu...