Les écologistes (Verts)s’attaquent à nouveau à la sacro-sainte culture automobile allemande en voulant limiter la vitesse sur autoroute, une revendication risquée pour un parti qui ambitionne d’arriver au pouvoir à l’issue des élections de septembre. Pour comprendre l’énormité de la demande, accueillie par une avalanche proportionnelle de critiques indignées, il faut rappeler que l’Allemagne est le seul pays d’Europe où la vitesse sur autoroute est illimitée. Les Verts veulent y mettre bon ordre et proposent de la ramener à 100km/h, allant ainsi au-delà de la limite imposée dans la plupart des pays, d’environ 120 km/ h. Certes, des limitations existent déjà sur environ 40% du réseau autoroutier allemand, long de 11.200 km, selon la puissante association des automobilistes ADAC. Mais sur les 60% restant, les conducteurs se livrent sans retenue à la griserie de la vitesse, au volant de leurs puissantes cylindrées. L’ADAC assure toutefois que seulement 9% des accidents graves arrivent sur autoroute, et ne voit aucune raison d’y limiter la vitesse. Le lobby des automobilistes n’est pas le seul hostile à cette idée: au pays de Porsche, BMW, Mercedes ou Volkswagen, les constructeurs se sont toujours obstinément opposés à la vitesse réduite, arguant qu’elle aurait des répercussions néfastes sur la qualité des modèles. Les Verts ont déjà joué avec le feu en suggérant début mars de tripler le prix du litre d’essence pour le porter à 5 marks (2,8 dollars) en dix ans, provoquant un effondrement des intentions de vote en leur faveur, de 10% environ à un maigre 5%. Echaudés, ils en ont tiré les conclusions en escamotant quelques mois plus tard la question de leur programme électoral. Les sondages se sont alors timidement redressés, mais ils oscillent toujours entre 5% — limite minimale pour siéger au Parlement — et 7% des voix. Ombre inquiétante Les Verts jouent ainsi avec les nerfs de leur allié potentiel, à l’issue des élections générales du 27 septembre, le candidat du parti social-démocrate (SPD) Gerhard Schroeder, qui ne cesse d’émettre des doutes sur leur capacité à gouverner et de refuser leurs revendications touchant à l’automobile. D’autant qu’il est chef du gouvernement régional de Basse-Saxe, où siège Voldkswagen, dont il est membre du conseil de surveillance. Une telle limitation «n’aura pas lieu avec moi», a affirmé M. Schroeder au quotidien «Bild». Et de s’étonner du «désir de déclin se propageant visiblement chez les Verts», agacé par leurs facéties qui vont à l’encontre des ses efforts pour rassurer les milieux patronaux. Le secrétaire général du SPD, Franz Muentefering, a, quant à lui, jugé la proposition des Verts «très risquée», estimant que seuls 5 à 6% des Allemands la soutenaient, sur la radio Suedwestfunk. Tout cela est pain bénit pour le camp du chancelier Helmut Kohl, qui traîne dans les sondages largement derrière le SPD (35% contre 44%). Le secrétaire général de son parti Union chrétienne-démocrate (CDU), Peter Hintze, a dénoncé «la haine de l’automobile des écologistes». Une grave accusation reprise par un expert en transports du parti libéral (FDP), Horst Freidrich: «C’est le couronnement de la campagne anti-automobilistes des Verts», a-t-il lancé. A moins de trois mois des élections générales, les Verts jettent ainsi une nouvelle fois une ombre inquiétante sur leur éventuelle coalition gouvernementale avec le SPD. Sans compter le noir scénario de leur disparition du Parlement, qui ne laisserait plus au SPD que le recours d’une alliance avec la CDU de M. Kohl. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les écologistes (Verts)s’attaquent à nouveau à la sacro-sainte culture automobile allemande en voulant limiter la vitesse sur autoroute, une revendication risquée pour un parti qui ambitionne d’arriver au pouvoir à l’issue des élections de septembre. Pour comprendre l’énormité de la demande, accueillie par une avalanche proportionnelle de critiques indignées, il faut rappeler que l’Allemagne est le seul pays d’Europe où la vitesse sur autoroute est illimitée. Les Verts veulent y mettre bon ordre et proposent de la ramener à 100km/h, allant ainsi au-delà de la limite imposée dans la plupart des pays, d’environ 120 km/ h. Certes, des limitations existent déjà sur environ 40% du réseau autoroutier allemand, long de 11.200 km, selon la puissante association des automobilistes ADAC. Mais sur les 60% restant, les...