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Actualités - Chronologie

La gourmandise de l'Etat russe remet en cause la privatisation de Rosneft

La défection coup sur coup des deux candidats les plus sérieux au rachat du pétrolier russe Rosneft compromet gravement la privatisation prochaine de cette société dont l’Etat espérait bien tirer 1,6 milliard de dollars, un prix surestimé selon les experts. Pour les spécialistes, il ne faisait pas de doute mardi que les 75% de la compagnie pétrolière russe ne seraient pas vendus cet été comme prévu par le gouvernement. Cette mauvaise nouvelle porte un coup de plus aux efforts du premier ministre Sergueï Kirienko. Ce dernier s’est engagé à rétablir au plus vite un équilibre des finances publiques, sous la pression du FMI qui étudie actuellement l’octroi d’un prêt de stabilisation d’au moins 10 milliards de dollars à la Russie, au bord de la faillite. Le mouvement de retraite fatale pour la privatisation de Rosneft a été lancé vendredi dernier par le groupe pétrolier anglo-néerlandais Royal Dutch Shell qui s’est désisté d’un consortium formé avec les deux géants russes du gaz et du pétrole, Gazprom et Loukoïl, pour participer à l’enchère. Lundi, le groupe russe Oneximbank, maison-mère de la compagnie pétrolière Sidanko, a suivi. Une défection confirmée mardi par le partenaire d’Oneximbank, le britannique British Petroleum, avec lequel il formait le deuxième consortium de poids, capable de racheter Rosneft. La raison principale est la même que celle qui avait fait échouer une première fois cette privatisation: un prix de départ trop élevé dans un contexte de baisse internationale des cours du pétrole et de crise économique en Russie. C’est que, aveuglé par ses besoins, le gouvernement n’a baissé début juin le premier prix que de 500 millions de dollars, demandant au minimum 1,6 milliard de dollars aux candidats qui ont en théorie jusqu’au 16 juillet pour déposer leur dossier. «Ce prix est irréaliste» pour une société qui a certes produit 13 millions de tonnes de brut en 1997 mais dont la gestion et la structure éclatées en font «un lourd morceau qui va demander beaucoup d’investissements», explique Vladimir Nossov, expert pétrolier de United City Bank. Surtout si on le compare à la valeur «d’une compagnie productive et pleine d’avenir comme Surgout, dont le prix est estimé à environ deux milliards de dollars», résume M. Nossov pour qui Rosneft vaut à peine 700 millions de dollars (deux fois moins que ce que le gouvernement veut en obtenir). «Même si la conjoncture économique était plus favorable, ce prix serait encore trop élevé», tranche cet expert qui a longtemps travaillé dans les services de privatisation de l’Etat où aujourd’hui «les intérêts personnels passent avant» la réalité du marché. «Rosneft ne sera à nouveau pas vendu le 21 juillet» (jour de l’annonce prévue des résultats), prédit ainsi un expert pétrolier occidental, car aucun «autre des candidats potentiels n’a les moyens de s’offrir la compagnie». Ni Gazprom, ni Loukoïl, ni les pétroliers russes Sibneft et Ioukos ne peuvent se permettre une telle dépense alors que le gouvernement vient de lancer une chasse contre ses mauvais payeurs d’impôts qui vise en premier lieu ces producteurs de matières premières. Le gouvernement ne va pas avoir d’autre choix que «de repenser la privatisation de Rosneft», prévoit James Henderson, expert du groupe d’investissement MFK renaissance. «Soit, il va devoir attendre que la situation s’améliore sur les marchés, (une attente qui pourrait durer jusqu’en 1999), soit il peut décider de vendre la compagnie par morceaux» plus vendables car moins chers, résume M. Henderson. «Vendre les filiales de Rosneft une à une pourrait même rapporter plus, mais sera plus compliqué», conclut Vladimir Nossov. Le gouvernement garde quant à lui la tête haute, assurant que ces défections ne sont pas une surprise et qu’une solution de rechange est déjà prête, selon une source au cabinet du premier ministre, citée par l’agence Interfax. La privatisation pourrait ainsi être reportée à la fin de l’année, selon cette source. (AFP)
La défection coup sur coup des deux candidats les plus sérieux au rachat du pétrolier russe Rosneft compromet gravement la privatisation prochaine de cette société dont l’Etat espérait bien tirer 1,6 milliard de dollars, un prix surestimé selon les experts. Pour les spécialistes, il ne faisait pas de doute mardi que les 75% de la compagnie pétrolière russe ne seraient pas vendus cet été comme prévu par le gouvernement. Cette mauvaise nouvelle porte un coup de plus aux efforts du premier ministre Sergueï Kirienko. Ce dernier s’est engagé à rétablir au plus vite un équilibre des finances publiques, sous la pression du FMI qui étudie actuellement l’octroi d’un prêt de stabilisation d’au moins 10 milliards de dollars à la Russie, au bord de la faillite. Le mouvement de retraite fatale pour la privatisation de...