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Actualités - Chronologie

Holbrooke exige des kosovars une stratégie cohérente

L’émissaire américain Richard Holbrooke a demandé aux chefs des partis politiques albanais du Kosovo d’oublier leurs querelles internes et d’adopter une plate-forme commune de négociation avec Belgrade. L’ambassadeur désigné des Etats-Unis auprès des Nations Unies a eu samedi, à Pristina, six heures de discussions séparées avec le «président» kosovar Ibrahim Rugova et les responsables des partis d’opposition. M. Holbrooke avait regagné Belgrade dans la soirée pour de nouveaux entretiens avec le président Slobodan Milosevic, qu’il avait rencontré la veille pendant cinq heures. Il devait retourner hier au Kosovo. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Nikolaï Afanassievski est arrivé lui aussi à Belgrade pour des entretiens avec M. Milosevic, qui l’avait reçu à deux reprises la semaine dernière. Sa visite doit permettre à la Russie de préciser sa position avant la réunion du Groupe de Contact (Russie, Etats-Unis, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie) mercredi à Bonn, a-t-on indiqué de source officielle à Moscou. A Pristina, M. Holbrooke a souligné que «les Etats-Unis croient que la solution du problème du Kosovo doit être pacifique». La crise «ne fera que s’approfondir si l’on opte pour la force comme solution», a-t-il averti. M. Holbrooke a exprimé le ferme soutien de Washington à M. Rugova, dont la position est affaiblie par le développement de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), qui combat les forces serbes et échappe à tout contrôle politique. Selon Mme Kaqusha Jashari, qui dirige une faction du Parti social-démocrate (opposition), le diplomate américain a «demandé instamment aux Albanais d’accorder leurs positions et d’agir à l’unisson». «Il a insisté pour que soit formé un gouvernement ou un Conseil national qui incarnerait une attitude commune» à l’ensemble des forces kosovars, a-t-elle ajouté. Les démarches de l’émissaire américain ont pour enjeu le contrôle de l’UCK, question qui divise les leaders kosovars. M. Rugova voudrait subordonner l’UCK à un «gouvernement» dominé par la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) qu’il dirige et qui a remporté les «législatives» du 22 mars. Ses adversaires préconisent la création d’un «Conseil national» représentant tous les partis et qui aurait autorité sur l’UCK. M. Holbrooke a pressé ses interlocuteurs d’engager des pourparlers avec Belgrade. «Nous lui avons dit que des pourparlers pourront avoir lieu une fois que la terreur des forces de police serbes aura cessé», a déclaré Mark Krasniqi, chef du Parti démocrate-chrétien (opposition). M. Holbrooke, cité par M. Krasniqi, a répondu: «Si vous ne voulez pas vous mettre d’accord avec mon aide, alors négociez vous-mêmes avec Milosevic». L’UCK refuse de reconnaître l’autorité de M. Rugova, a indiqué le porte-parole de l’organisation Jakup Krasniqi, dans une interview à l’hebdomadaire allemand «Der Spiegel». «Rugova a fait trop d’erreurs (...) En ce moment, ce n’est pas Rugova qui décide pour le Kosovo, c’est l’UCK», car elle «parle le seul langage que le pouvoir serbe comprenne: la violence», a-t-il dit. M. Krasniqi a par ailleurs affirmé que le responsable de l’UCK rencontré fin juin en Suisse par Robert Gelbard, émissaire américain dans les Balkans, n’était «pas un représentant autorisé du mouvement», et que la rencontre avait été «une tentative de M. Rugova de présenter aux Américains un militant de l’UCK fidèle à la LDK». (AFP)
L’émissaire américain Richard Holbrooke a demandé aux chefs des partis politiques albanais du Kosovo d’oublier leurs querelles internes et d’adopter une plate-forme commune de négociation avec Belgrade. L’ambassadeur désigné des Etats-Unis auprès des Nations Unies a eu samedi, à Pristina, six heures de discussions séparées avec le «président» kosovar Ibrahim Rugova et les responsables des partis d’opposition. M. Holbrooke avait regagné Belgrade dans la soirée pour de nouveaux entretiens avec le président Slobodan Milosevic, qu’il avait rencontré la veille pendant cinq heures. Il devait retourner hier au Kosovo. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Nikolaï Afanassievski est arrivé lui aussi à Belgrade pour des entretiens avec M. Milosevic, qui l’avait reçu à deux reprises la semaine...