Efficacité tactique clé du succès selon Michels. L’inventeur du «football total» estime que seules les équipes qui font preuve d’efficacité sur le plan tactique sont susceptibles de remporter la Coupe du monde. Pour l’ancien sélectionneur néerlandais Rinus Michels, membre aujourd’hui de la direction de l’UEFA, un match se divise en trois phases: défense, construction et attaque. Il doit exister cohésion et équilibre entre ces trois phases, autrement dit les 10 hommes de champ d’une équipe qui attaque doivent savoir instantanément quel est leur rôle en défense une fois que la balle est perdue. Les huit pays qualifiés pour les quarts de finale de l’édition 1998 de la Coupe du monde sont passés maîtres dans l’art de l’efficacité tactique, relève Rinus Michels. C’est la raison pour laquelle des équipes comme le Nigeria et la Colombie ne parviendront pas à jouer les premiers rôles tant qu’elles n’auront pas compris que l’instinct seul ne suffit pas. «Cela peut paraître très formel et scientifique mais ce n’est pas le cas. Ce n’est qu’un développement naturel du jeu», affirme Rinus Michels. Un joueur qui n’est doué que dans un seul compartiment sera toujours écarté au nom de l’efficacité générale de l’équipe. «Un grand nombre de meneurs de jeu ont disparu de cette Coupe du monde parce qu’ils ne savent pas défendre, explique Rinus Michels qui cite le cas du capitaine roumain Gheorghe Hagi. «Ils doivent prendre la bonne décision en un quart de seconde, c’est la tendance aujourd’hui». Mention bien au Paraguay et au Maroc Dans les années 1970, le système mis au point par Rinus Michel consistait à rendre joueurs et positions sur le terrain interchangeables de façon à perturber l’adversaire. Baptisé «football total», le système reposait sur les talents multiples de Johan Cruyff, Johan Neeskens, Ruud Krol au sein de l’équipe des Pays-Bas. Rinus Michels, qui dissèque le jeu des pays participants depuis le début du tournoi, estime que seuls le Paraguay et le Maroc, parmi les équipes qui n’ont pas franchi le cap des matches de poule, ont pratiqué un football tactiquement efficace digne des meilleures. Rinus Michels insiste sur la nécessité pour les sélectionneurs de donner des instructions précises à chaque joueur et à l’équipe tout entière sur leur rôle dans chacune des trois phases — attaque, construction et défense. «Il existe une différence énorme entre les meilleures équipes et des formations telles que la Colombie et la Tunisie, moyennes sur le plan technique», souligne l’ancien sélectionneur néerlandais. «Ces deux équipes avaient deux attaquants de pointe et un milieu de terrain offensif qui ne participaient pas à la défense lorsque le ballon était perdu». Pour Rinus Michels, jouer de cette façon n’est plus possible dans le football moderne. «Une équipe ne peut attaquer efficacement que si elle sait défendre». Battu par la France en huitième de finale, il a manqué au Paraguay un bon attaquant. «Pour le reste, le Paraguay a fait preuve d’une grande efficacité, surtout en défense. Chaque joueur connaissait son rôle et s’efforçait de le remplir au mieux». Quant au Maroc, qui a raté de peu la qualification, il avait un sélectionneur (Henri Michel) très au fait des exigences du jeu moderne. Les Pays-Bas, dit-il, ont une équipe qui domine parfaitement la phase de construction et dont les joueurs font très bien circuler le ballon. Rinus Michels a fait l’éloge du milieu de terrain japonais Hidetoshi Nakata qui, a-t-il souligné, a été «trahi» par ses attaquants. De son côté, l’Allemagne a un problème au niveau de la construction. «Elle ne possède pas de joueur capable de construire une attaque». Michels ne pense pas que l’importance attachée à l’efficacité tactique fait des joueurs de simples robots. «Tout en assignant à chacun des tâches précises, les lignes directrices doivent permettre aux joueurs de trouver des espaces, de faire étalage de leurs qualités, d’interpréter et d’improviser», souligne-t-il. «Plus un joueur est créatif plus il est bon tactiquement et plus sa rapidité d’action augmente», résume-t-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Efficacité tactique clé du succès selon Michels. L’inventeur du «football total» estime que seules les équipes qui font preuve d’efficacité sur le plan tactique sont susceptibles de remporter la Coupe du monde. Pour l’ancien sélectionneur néerlandais Rinus Michels, membre aujourd’hui de la direction de l’UEFA, un match se divise en trois phases: défense, construction et attaque. Il doit exister cohésion et équilibre entre ces trois phases, autrement dit les 10 hommes de champ d’une équipe qui attaque doivent savoir instantanément quel est leur rôle en défense une fois que la balle est perdue. Les huit pays qualifiés pour les quarts de finale de l’édition 1998 de la Coupe du monde sont passés maîtres dans l’art de l’efficacité tactique, relève Rinus Michels. C’est la raison pour laquelle des...