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Actualités - Chronologie

Héroïne sur prescription

Les Pays-Bas, souvent critiqués pour leur politique libérale en matière de drogue, viennent de lancer cette semaine une première mondiale: une expérience de traitement médical de la toxicomanie fondée sur la distribution contrôlée d’héroïne. Dans les villes d’Amsterdam et de Rotterdam, un maximum d’un gramme par jour d’héroïne sera distribué quotidiennement pendant trois mois, à partir du 6 juillet, à 50 toxicomanes afin d’évaluer les effets thérapeutiques et psychologiques de cette drogue dure. En cas de «succès», l’initiative sera élargie à l’automne à d’autres villes néerlandaises, dont La Haye et Maastricht (sud-est du pays). Prévue pour durer trois ans, l’expérience coûtera 51 millions de florins, un montant jugé inférieur au «coût social» de la toxicomanie par le ministre néerlandais de la Santé, Els Borst. «Le but de cette expérience est de déterminer si la prescription d’héroïne conduit à une amélioration de la santé et du fonctionnement psychique et social des patients», a déclaré une responsable de la mairie d’Amsterdam, Guusje Ter Horst. L’initiative, lancée à l’origine par la Commission centrale néerlandaise pour le traitement des toxicomanes (CCBH), a été autorisée par la Chambre des députés néerlandaise et l’ONU. Elle est en outre «conforme» aux directives européennes pour la recherche médicale, a souligné Mme Ter Horst. L’héroïne sera distribuée de façon contrôlée à 50 des 750 toxicomanes sélectionnés avec précaution pour la totalité de l’expérience, selon des critères établis par la CCBH: entre autres, une «dépendance à l’héroïne d’au moins cinq ans» et une «mauvaise santé physique ou morale». La drogue, dont l’effet sera comparé à celui du traitement traditionnel à base de méthadone, ne pourra être injectée ou fumée que dans l’enceinte de centres conçus pour l’expérience. Sur la bonne voie «Un personnel médical spécialisé doit y remettre trois fois par jour des doses d’héroïne dont la quantité totale pourra aller jusqu’à 1.000 mg/jour, les doses étant calculées par rapport au besoin de chaque drogué», a indiqué le professeur Van Ree, directeur de la CCBH. Au terme des trois premiers mois, un rapport évaluera si le traitement donne lieu à des effets secondaires «indésirables». «Si cela était le cas, si par exemple on constatait un nombre plus élevé de morts parmi les 25 toxicomanes concernés à Amsterdam, ou si des problèmes de sécurité apparaissaient dans le quartier, l’expérience serait immédiatement stoppée», a assuré M. Van Ree. «Lorsque la totalité de l’expérience aura été menée à bien et s’avérera positive, nous espérons que ce type de traitement sera adopté un peu partout dans le monde», a souligné le directeur de la CCBH, désireux d’éviter une nouvelle vague de critiques internationales contre la politique de son pays. Les Pays-Bas essuient régulièrement le feu des remontrances de leurs voisins, notamment la France, qui jugent «laxiste» leur approche libérale en matière de drogue. Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Hans van Mierlo, avait défendu son pays lors du sommet antidrogue de l’ONU, le mois dernier à New York, en estimant que «le problème de la drogue varie dans chaque pays». «Nous, aux Pays-Bas, nous pensons être sur la bonne voie, encouragés que nous sommes par des résultats et des chiffres», avait-il affirmé. Une expérience conduite en 1993 en Suisse a permis de constater que la prescription d’héroïne, combinée à une assistance psychologique, améliore l’état des drogués les plus atteints, qui ne peuvent supporter un sevrage immédiat. «Mais cette expérience ne prenait pas en compte l’effet de l’héroïne seule, comme nous le faisons ici», a souligné M. Van Ree, insistant sur le caractère innovateur du projet néerlandais. (AFP)
Les Pays-Bas, souvent critiqués pour leur politique libérale en matière de drogue, viennent de lancer cette semaine une première mondiale: une expérience de traitement médical de la toxicomanie fondée sur la distribution contrôlée d’héroïne. Dans les villes d’Amsterdam et de Rotterdam, un maximum d’un gramme par jour d’héroïne sera distribué quotidiennement pendant trois mois, à partir du 6 juillet, à 50 toxicomanes afin d’évaluer les effets thérapeutiques et psychologiques de cette drogue dure. En cas de «succès», l’initiative sera élargie à l’automne à d’autres villes néerlandaises, dont La Haye et Maastricht (sud-est du pays). Prévue pour durer trois ans, l’expérience coûtera 51 millions de florins, un montant jugé inférieur au «coût social» de la toxicomanie par le ministre...