L’Italie aborde son huitième de finale samedi contre la Norvège avec un tas de mauvais souvenirs récents, mais quatre bonnes raisons de prendre ce match du bon côté. L’entraîneur Cesare Maldini se méfie des Norvégiens, non seulement parce qu’ils ont battu le Brésil deux fois d’affilée, la dernière fois mardi en se qualifiant pour le deuxième tour du Mondial, non seulement parce qu’ils restent sur 19 matches sans défaite. Mais aussi parce que Maldini a failli perdre sa place d’entraîneur de la sélection nationale des moins de 21 ans après une déroute 6-0 contre les Vikings dans un match à Stavanger en 1991. Ce souvenir semble encore hanter le sélectionneur transalpin alors qu’il se prépare à lancer la Squadra majeure face aux hommes d’Egil Olsen sur la pelouse du Vélodrome. «La Norvège est une très bonne équipe. J’avais prévu qu’elle passerait le premier tour et j’avais envoyé un des mes adjoints suivre le match contre le Brésil», a-t-il dit à Senlis, dans le camp de base des Azzurri. Maldini n’est d’ailleurs pas le seul à ne pas beaucoup aimer les rencontres contre les Norvégiens: Demetrio Albertini et Dino Baggio étaient du voyage de Stavanger. Gianluca Pagliuca, le gardien, et Giuseppe Bergomi, le défenseur champion du monde en 1982, ont quant à eux écopé de carton rouge dans des matches à effacer de leurs mémoires. Le portier de l’Inter avait été expulsé après seulement 21 minutes du match de la Coupe du monde 1994. L’Italie s’en était sortie de justesse 1-0. Bergomi avait été expulsé en match éliminatoire de l’Euro 92. Match éliminatoire pour l’Italie, battue 2-1. «Ce n’est pas un match dont je veux me souvenir», souligne le vieux Bergomi, qui remplacera Alessandro Nesta, blessé au genou droit contre l’Autriche. Le tourbillon de Chelsea «La Norvège est très bien organisée et défend à dix. Nous n’avons encore jamais joué d’équipe comme cela jusqu’à présent dans ce Mondial. Nous sommes plus habitués aux équipes qui alignent deux attaquants. Nous verrons quelle tactique Maldini choisira». L’absence de Nesta, qui a promis de revenir soutenir la Squadra pour la finale, sera sans doute pesante dans les rangs de la défense transalpine. Le jeune défenseur de la Lazio est un des meilleurs du monde à son poste et il aurait dû se charger du seul attaquant officiel de la Norvège, Tore Andre Flo. Le capitaine de la sélection italienne, Paolo Maldini, qui fête ses 30 ans vendredi, pourrait se déclarer au centre pour surveiller de près le tourbillon de Chelsea, et laisser Gianluca Pessotto garder le couloir gauche. «Il n’est pas facile de marquer contre les Italiens», prévient à ce propos l’attaquant scandinave. «Ils sont très bons défensivement et tactiquement. Mais nous avons nos chances». «Ils sont toujours à l’affût de la moindre erreur», renchérit Kjetil Rekdal, auteur du penalty contre le Brésil. «Si nous voulons les battre, il nous faudra jouer au même niveau que contre le Brésil». L’Italie n’a, en outre, pas que des qualités défensives. Ses quatre bonnes raisons d’espérer un bon résultat se nomment Christian Vieri, Roberto Baggio, Alessandro Del Piero et Filippo Inzaghi. Entre passes décisives et buts, les quatre attaquants ont en effet réussi jusqu’ici de bons matches, Vieri surtout, actuel meilleur buteur du tournoi avec l’Argentin Gabriel Batistuta. Maldini devrait d’ailleurs renouveler sa confiance au buteur de l’Atletico Madrid, qui sera servi par Del Piero ou Baggio. A l’image de la France, l’Italie a eu longtemps, lors des matches de qualification, une véritable panne offensive. Elle s’est rattrapée en inscrivant sept buts en trois matches lors du premier tour. Il ne lui reste plus qu’à confirmer. Et à se souvenir du précédent match Italie-Norvège à Marseille. C’était il y a 60 ans, en 1938, et la Squadra avait gagné 2-1 avant de s’envoler vers un deuxième titre consécutif de championne du monde.
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