Porté par sa récente victoire juridique sur les autorités antitrust américaines, Microsoft a donné en fin de semaine le coup d’envoi de Windows 98, son nouveau système d’exploitation pour les micro-ordinateurs. Loin de l’engouement suscité il y a trois ans par la précédente version du système, Windows 95, ce lancement serait passé largement inaperçu sans la publicité indirecte offerte par les démêlés du numéro un mondial des logiciels avec la justice aux Etats-Unis. Mardi, Microsoft a remporté un round dans le match serré qui l’oppose aux autorités antitrust, obtenant d’une cour d’appel le droit implicite d’intégrer la navigation sur Internet dans Windows. Les différentes versions de Windows constituent le système nerveux central de 9 ordinateurs sur 10 dans le monde, ce qui impose la technologie de Microsoft en plate-forme obligée pour les créateurs de logiciels. En y intégrant les capacités de navigation sur Internet, Microsoft coupe l’herbe sur le pied à toute autre plate-forme pouvant émerger sur le Web. C’est exactement ce que fait Windows 98. Le système est une version améliorée de Windows 95, dont il répare de nombreux défauts. Mais il efface aussi les frontières visibles entre le Web et les applications contenues sur le micro-ordinateur: il permet par exemple d’insérer une illustration tirée d’un site Web dans un texte conçu avec le traitement de texte Word, sans avoir à quitter son programme pour activer un logiciel de navigation. La décision de la cour d’appel porte sur une plainte déposée en octobre par le département de la Justice, qui s’appuie sur un accord à l’amiable conclu en 1995 avec Microsoft. Elle ne remet pas en cause une vaste action en justice engagée le 18 mai par le département américain de la Justice et 20 Etats fédérés contre le numéro un mondial des logiciels, pour violations de la loi antitrust. Mais le coup est dur pour les autorités antitrust, car l’arrêt met en cause certains de leurs arguments essentiels, arguant que la justice n’a pas à se mêler des développements technologiques. Microsoft est, quant à lui, sur un nuage, brandissant la décision comme une «victoire pour le consommateur». Les investisseurs ont salué la nouvelle: l’action, cotée sur la bourse électronique (Nasdaq) est montée à près de 107 dollars avant de subir quelques prises de bénéfices pour retomber à moins de 105 dollars, un niveau toujours record. Elle était en dessous de 100 dollars lundi. Selon le cabinet d’analyse marketing International Data Corp. (IDC), 35 millions de copies de Windows 98 devraient être écoulées au cours des 18 mois suivant son introduction, soit 17% de moins que les ventes de son prédécesseur pendant la même période. Et ces ventes devraient provenir presque exclusivement des PC achetés neufs, qui ne seront plus disponibles pour le consommateur qu’avec Windows 98. Les entreprises, elles, devraient continuer d’exiger des constructeurs qu’ils installent Windows 95. Beaucoup ont choisi d’attendre la prochaine version du système pour réseau de Microsoft, Windows NT 5.0, attendue l’année prochaine (AFP)
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