Le Japon est entré en campagne électorale jeudi dans une atmosphère de grave crise économique et de vide politique, le Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir étant donné par les sondages comme le probable gagnant de ces élections sénatoriales. Le scrutin du 12 juillet permettra le renouvellement de la moitié des 252 conseillers de la Chambre haute élus pour six ans. Un scrutin a lieu tous les trois ans pour renouveler à chaque fois la moitié de la Chambre. Le PLD est majoritaire à la Chambre basse (chambre des représentants). Il ne détient que 118 des sièges de la Chambre haute mais peut néanmoins gouverner seul, car les décisions de la Chambre basse l’emportent sur la Chambre haute en cas de désaccord sur un projet de loi. Loin devant le premier ministre et président du PLD Ryutaro Hashimoto, le chef de l’opposition non communiste Naoto Kan apparaît dans les sondages le «premier ministrable» préféré des Japonais qui aiment son parler vrai et son image de croisé de la lutte contre la corruption. Mais la formation que dirige cet ancien ministre de la Santé, le Parti démocratique du Japon (DPJ), n’a virtuellement aucune chance de réaliser une percée significative, à en croire l’ensemble des sondages d’opinion. Inquiets pour l’avenir de leur pays qui a été déclaré officiellement en récession au début du mois, les Japonais paraissent comme saisis par un réflexe conservateur, préférant garder des dirigeants politiques en qui ils ne fondent guère d’espoir, mais qu’ils connaissent bien plutôt que de choisir l’inconnu avec une équipe nouvelle. S’adressant aux passants sous la pluie devant une gare de Tokyo, le premier ministre, 60 ans, a appelé l’opinion japonaise à soutenir son parti, se déclarant «très inquiet de la situation économique» du Japon. Les créances douteuses Le PLD, a-t-il assuré, «va s’attaquer de front au problème des créances douteuses» qui minent le secteur bancaire japonais pour assainir l’économie et éviter une aggravation de la récession. «Faites-nous confiance, faites confiance au PLD, aidez-nous à stabiliser le pays», s’est-il écrié. Au même moment, devant une autre gare de la capitale japonaise, M. Kan, 51 ans, comparait le Japon à «un bateau qui prend l’eau et dont l’armature gémit alors qu’il y a devant lui un gros iceberg». «Si le PLD gagne, la communauté internationale va déserter le Japon car elle pensera que le pays n’a pas la capacité de se réformer. Il y aura alors un départ en masse des étrangers qui vont vendre leurs intérêts au Japon», a-t-il dit devant une foule clairsemée et apathique. Si M. Hashimoto s’avère incapable de prendre les mesures d’urgence nécessaires pour redresser la barre, «il doit partir et nous transmettre le pouvoir», a-t-il dit. Les médias japonais n’ont pas manqué de relever une erreur de M. Kan qui, dans son discours, a cité le nom de Ferdinand Marcos alors qu’il voulait parler de l’ex-président indonésien Suharto. «Même moi je sais la différence!», a relevé un étudiant qui passait à proximité. Le PLD espère retrouver la majorité qu’il a perdue à la Chambre haute en 1989, où 76 sièges doivent être pourvus au scrutin majoritaire et 50 à la proportionnelle. Mais l’intérêt de la population est faible. Les instituts de sondage prévoient un taux d’abstention record. Les Japonais ont une piètre opinion de leurs hommes politiques. Ils ont depuis plusieurs années le spectacle de scandales à répétition qui éclaboussent aussi la haute fonction publique. Mercredi encore, un ancien vice-ministre de la Santé a été condamné à deux ans de prison ferme pour corruption active. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Japon est entré en campagne électorale jeudi dans une atmosphère de grave crise économique et de vide politique, le Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir étant donné par les sondages comme le probable gagnant de ces élections sénatoriales. Le scrutin du 12 juillet permettra le renouvellement de la moitié des 252 conseillers de la Chambre haute élus pour six ans. Un scrutin a lieu tous les trois ans pour renouveler à chaque fois la moitié de la Chambre. Le PLD est majoritaire à la Chambre basse (chambre des représentants). Il ne détient que 118 des sièges de la Chambre haute mais peut néanmoins gouverner seul, car les décisions de la Chambre basse l’emportent sur la Chambre haute en cas de désaccord sur un projet de loi. Loin devant le premier ministre et président du PLD Ryutaro Hashimoto, le chef de...