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Actualités - Chronologie

L'influence grandissante de l'Armée de Libération du Kosovo inquiète l'OTAN

L’OTAN est de plus en plus préoccupée par le développement, apparemment sans contrôle politique, de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), dont elle voudrait pouvoir limiter les agissements. «Qui a la main sur l’UCK? C’est un vrai problème», résume un diplomate au siège de l’Alliance à Bruxelles. La visite en Belgique du chef politique des Kosovars Ibrahim Rugova n’a pas rassuré la communauté internationale. Il a promis que l’UCK, constituée de «groupes», allait être mise «sous contrôle», reconnaissant ainsi la grande autonomie dont bénéficie jusqu’à présent cette instance. «Ibrahim Rugova ne soutient pas plus que l’OTAN les actions de violence. Il a demandé le retrait de l’armée yougoslave du Kosovo afin de montrer aux Kosovars qu’il y a une autre alternative à l’affrontement», indique un responsable de l’Alliance sous couvert d’anonymat. Si certaines sources au siège de l’OTAN évoquent la «prolifération» au Kosovo de «bandes armées dirigées par de petits chefs locaux», d’autres notent, sur la base de rapports confidentiels de services de renseignement occidentaux, l’existence d’une armée de plus en plus structurée, dotée de moyens de communication performants et d’armement chaque jour plus moderne. Selon ces mêmes rapports, cités par des diplomates, l’UCK contrôle aujourd’hui 40% du territoire du Kosovo, dont des axes clefs. Elle disposerait de sources de revenus importantes, venant de la communauté albanaise vivant en Europe de l’Ouest, notamment en Suisse et en Allemagne. Il est devenu impossible de continuer à parler d’une simple rébellion armée «composée pour l’essentiel de simples citoyens qui tentent de défendre leurs foyers» comme l’a fait récemment M. Rugova, estiment des diplomates. Organisation clandestine, considérée comme «terroriste» par Belgrade, l’UCK lutte pour l’indépendance du Kosovo et combat les forces serbes dans la province. Ses effectifs, évalués récemment à quelques centaines d’hommes par les experts, sont aujourd’hui estimés à quelque 15.000 hommes armés. L’organisation en revendique 30.000. En faisant bombarder massivement plusieurs villages au Kosovo, «le président yougoslave Slobodan Milosevic a été le meilleur recruteur pour l’UCK», dénonce un responsable de l’OTAN. Les alliés, qui se défendent de soutenir des groupes extrémistes, se demandent désormais comment contrôler l’activité de l’UCK et ne pas encourager les indépendantistes avec la stratégie de pressions exercées par l’OTAB à l’encontre de Belgrade. Illustration de cette préoccupation croissante, l’émissaire américain Richard Holbrooke s’est entretenu pour la première fois avec deux représentants de l’UCK, une rencontre qualifiée aussitôt de «fortuite» par Washington. Cette visite dans un village reculé du Kosovo a cependant apporté un début de légitimité à l’organisation et a pu permettre à M. Holbrooke d’essayer d’en savoir un peu plus sur son fonctionnement et ses dirigeants. Aujourd’hui, il apparaît clairement que «les activités de l’UCK ne contribuent pas à la création de conditions favorables à une solution négociée et poussent au contraire à l’escalade», estime un responsable de l’OTAN. Pour être en mesure de gérer cette force de plus en plus encombrante, les experts de l’Alliance ont été priés — pour la première fois cette semaine — de réfléchir «à une stratégie générale» relative à l’UCK. (AFP)
L’OTAN est de plus en plus préoccupée par le développement, apparemment sans contrôle politique, de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), dont elle voudrait pouvoir limiter les agissements. «Qui a la main sur l’UCK? C’est un vrai problème», résume un diplomate au siège de l’Alliance à Bruxelles. La visite en Belgique du chef politique des Kosovars Ibrahim Rugova n’a pas rassuré la communauté internationale. Il a promis que l’UCK, constituée de «groupes», allait être mise «sous contrôle», reconnaissant ainsi la grande autonomie dont bénéficie jusqu’à présent cette instance. «Ibrahim Rugova ne soutient pas plus que l’OTAN les actions de violence. Il a demandé le retrait de l’armée yougoslave du Kosovo afin de montrer aux Kosovars qu’il y a une autre alternative à l’affrontement»,...