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Actualités - Chronologie

L'évènement diplomatique de la décennie pour Pékin

La visite de Bill Clinton en Chine est pour les dirigeants chinois l’événement diplomatique de la décennie qui consacre leur réhabilitation internationale neuf ans après le massacre de Tiananmen. «N’attendez pas trop de résultats concrets de cette visite. Mais n’en sous-estimez pas non plus la portée symbolique», avertit le sinologue américain David Shambaugh. La tournée de Bill Clinton, la cinquième d’un président américain depuis celle de Richard Nixon en 1972, doit permettre à la Maison-Blanche de «vendre sa politique d’engagement constructif» avec Pékin à l’opinion publique américaine. A la Chine, «elle confère un statut de grande puissance reconnue sur la scène internationale», note un diplomate européen. Les Etats-Unis étaient la dernière grande puissance à ne pas avoir envoyé son dirigeant suprême à Pékin depuis 1989, et la venue de M. Clinton permet de tourner définitivement la page de l’après-Tiananmen. Après moult discussions entre les responsables du protocole, la partie américaine a accepté que M. Clinton soit accueilli officiellement au pied du Palais du peuple, en bordure de la place Tiananmen, comme c’est la règle pour tous les chefs d’Etat. La Chambre des représentants avait enjoint au président de ne pas passer les troupes en revue sur cette place qui symbolise la répression du mouvement démocratique. «Le massacre de Tiananmen a eu un impact très profond sur l’opinion publique américaine», note M. Shambaugh. «L’image dominante de la Chine reste celle de l’homme seul face aux chars, alors que la Chine a spectaculairement avancé depuis 1989», ajoute-t-il. Un pôle de stabilité La visite doit normaliser les contacts après trois décennies de relations contre nature, analyse M. Shambaugh. «La lune de miel des années 1970-80, qui reposait sur l’existence d’un ennemi commun, l’URSS, était anormale, tout comme la confrontation des années 1990», explique le sinologue américain. «Il est temps maintenant d’avoir une relation normale avec la Chine». Washington s’est rendu compte lors de la crise des missiles entre la Chine et Taïwan en 1995-96 des dangers d’un isolement de Pékin, estime-t-il. «Isolé, Pékin pourrait vendre des missiles et de la technologie nucléaire à la Corée du Nord, à l’Irak ou à l’Iran. Elle pourrait remettre la pression sur Taïwan, réprimer les dissidents encore plus durement ou encore confisquer les libertés à Hong Kong», énumère-t-il. Les derniers événements financiers et stratégiques ont, à l’inverse, montré l’importance d’une coordination avec Pékin. Les dirigeants américains ne tarissent plus d’éloges pour la décision de la Chine de maintenir la parité de sa devise, malgré la chute des autres monnaies asiatiques, qui pénalise ses exportations. Un lâchage du yuan relancerait la spirale des dévaluations compétitives dans la région avec un risque de déstabilisation mondiale. La crise en Asie du Sud a aussi vu Pékin et Washington sur la même ligne de fermeté face à New Delhi après les essais nucléaires indiens. A la faveur de la crise, la Chine est apparue comme un pôle de stabilité face à un sous-continent chargé de risques. «Les points communs sont plus nombreux que les divergences», se félicite «Le quotidien du peuple». L’organe du Parti communiste prévoit que le sommet «insuffle une nouvelle énergie pour l’établissement d’un partenariat stratégique constructif» entre «le plus grand pays développé et le plus grand pays en développement» de la planète. Ce partenariat a été officiellement lancé lors de la tournée américaine du président chinois, Jiang Zemin, en octobre dernier. Au titre des divergences, «Le Quotidien» ne trouve plus guère à citer que Taïwan et les droits de l’homme. Mais personne ne s’attend à une percée sur ces deux thèmes par la grâce d’un seul sommet. (AFP)
La visite de Bill Clinton en Chine est pour les dirigeants chinois l’événement diplomatique de la décennie qui consacre leur réhabilitation internationale neuf ans après le massacre de Tiananmen. «N’attendez pas trop de résultats concrets de cette visite. Mais n’en sous-estimez pas non plus la portée symbolique», avertit le sinologue américain David Shambaugh. La tournée de Bill Clinton, la cinquième d’un président américain depuis celle de Richard Nixon en 1972, doit permettre à la Maison-Blanche de «vendre sa politique d’engagement constructif» avec Pékin à l’opinion publique américaine. A la Chine, «elle confère un statut de grande puissance reconnue sur la scène internationale», note un diplomate européen. Les Etats-Unis étaient la dernière grande puissance à ne pas avoir envoyé son dirigeant...