Gérald Coniel, 33 ans, jeune entrepreneur français, venu comme d’autres tenter sa chance dans l’Eldorado sud-africain, y est devenu millionnaire en un temps record grâce au «Junk Mail», journal de petites annonces leader du marché local. «J’ai multiplié ma mise de départ par cent en six ans», affirme ce fonceur avec un large sourire. En gage d’adoption, il a acheté l’an dernier une propriété de 600 hectares peuplée de girafes, de zèbres et d’antilopes pour «avoir un petit coin de nature» et pour s’initier au tourisme sur une «échelle expérimentale». Avec ses façons directes, sa gouaille, ses bretelles multicolores et ses gilets brodés, le patron du «Junk Mail» tranche avec l’habituelle componction des hommes d’affaires français. Et sa réussite est fulgurante. Racheté en 1992 pour un rand symbolique, son hebdomadaire revendique aujourd’hui un chiffre d’affaires de 30 millions de rands (6 millions de dollars), 140 employés permanents, 400 emplois à temps partiels, 300.000 lecteurs par semaine et un site Internet consulté chaque mois par 300.000 personnes. En face, le grand quotidien «Star» qui contrôlait autrefois le marché avec son supplément «classified» a vu son volume d’annonces diminuer de moitié. Le succès est tel que le «Junk Mail», qui regroupe trois éditions locales s’est doté l’an dernier d’un petit frère: le «Job Mail», spécialisé dans les annonces d’emploi et distribué au niveau national. Le site Internet, payant depuis peu, permet à des Londoniens de trouver à distance des résidences secondaires au Cap ou à des Malawites d’acheter des voitures d’occasion à Pretoria. La Laponie à pied Avec son propre réseau de portage, le groupe a commencé à distribuer des magazines dans la région. L’appétit du jeune entrepreneur a uni contre lui les journaux sud-africains: il voulait conquérir les annonces légales (un marché lucratif représentant 5 millions de dollars sur Johannesburg), 21 titres le poursuivent en justice au motif que ce type d’annonces doit être publié dans un journal d’information. Têtu, il a saisi le gouvernement en demandant une redéfinition des textes. «Rien n’est insurmontable», dit celui qui a dans sa jeunesse traversé la Laponie à pied avant d’abandonner d’improbables études universitaires pour partir en Finlande avec comme capital «une vieille GS au réservoir plein». Là-bas, ce fils d’instituteurs originaire de Saint-Joire (Meuse) a lancé son premier journal d’annonces tapé à la machine et photocopié à la main. Trois ans plus tard, il partait aux antipodes: appuyé par un groupe de presse allemand, il choisit l’Afrique du Sud. Son exemple, en tous cas, inspire: il a reçu un volumineux courrier demandant conseil, emploi… ou piston après avoir participé à une émission télévisée française sur la réussite des expatriés. De plus en plus de jeunes Français viennent prospecter en quête d’un premier emploi, selon une étude du consulat. Gérald Coniel, quant à lui, rêve déjà d’ailleurs: il envisage actuellement d’acheter une propriété au Mozambique voisin et de déménager en Australie. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Gérald Coniel, 33 ans, jeune entrepreneur français, venu comme d’autres tenter sa chance dans l’Eldorado sud-africain, y est devenu millionnaire en un temps record grâce au «Junk Mail», journal de petites annonces leader du marché local. «J’ai multiplié ma mise de départ par cent en six ans», affirme ce fonceur avec un large sourire. En gage d’adoption, il a acheté l’an dernier une propriété de 600 hectares peuplée de girafes, de zèbres et d’antilopes pour «avoir un petit coin de nature» et pour s’initier au tourisme sur une «échelle expérimentale». Avec ses façons directes, sa gouaille, ses bretelles multicolores et ses gilets brodés, le patron du «Junk Mail» tranche avec l’habituelle componction des hommes d’affaires français. Et sa réussite est fulgurante. Racheté en 1992 pour un rand...