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Actualités - Chronologie

Critiques et scepticisme en Israël sur le projet du Grand Jérusalem

Fustigée par la communauté internationale, la décision du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’agrandir Jérusalem a suscité hier en Israël un mélange de critiques sur son opportunité et de scepticisme quant à sa portée pratique. Comme beaucoup de décisions de M. Netanyahu depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans, celle de créer une «super-municipalité» de Jérusalem incluant des colonies juives de Cisjordanie a été vue par la Frange libérale en Israël comme une pure provocation, destinée à bloquer le processus de paix. «Quand le gouvernement a approuvé le plan de développement, il a, en fait, aidé M. Netanyahu à poser une nouvelle mine sur le chemin de la paix dans la région», s’indigne l’éditorialiste du quotidien Haaretz. Pourtant, M. Netanyahu joue sur de velours à Jérusalem, car sa volonté de renforcer le contrôle israélien sur la ville fait l’objet d’un large consensus dans le pays. Mais les critiques portent surtout sur la manière employée: annexer de force des localités israéliennes à l’ouest de la ville, contre l’avis de leurs habitants, pour accroître la majorité juive à Jérusalem, et inclure des colonies juives au nord, à l’est et au sud de la ville dans le plan de développement urbain, sans les annexer formellement. Pour la communauté internationale comme pour les Palestiniens, il y a là une évidente violation des accords d’Oslo sur l’autonomie, qui stipulent que le statut de Jérusalem doit être négocié entre Israéliens et Palestiniens. Pour nombre d’Israéliens, le problème est ailleurs. Une fois de plus, le gouvernement Netanyahu a affecté la position stratégique d’Israël, en se mettant le monde entier à dos, pour une décision dont l’intérêt pratique, au mieux, reste à démontrer. «Le gouvernement prétend renforcer Jérusalem, mais en fait il renforce sa division et affaiblit la position d’Israël», a accusé le chef de l’opposition travailliste Ehud Barak. Double exode Pour le député travailliste de Jérusalem Uzi Baram, «les annexions à l’ouest vont se heurter à une série de recours à la Cour suprême, car on ne peut pas forcer les gens contre leur gré à appartenir à Jérusalem». «Et en ce qui concerne la super-municipalité incluant des implantations, c’est une très grave erreur politique, qui fait suite au tunnel de Jérusalem et au feu vert aux colons sur le Mont des Oliviers», a-t-il ajouté. Ses opposants accusent M. Netanyahu de n’avoir absolument pas, pour le moment, aidé à forcer la majorité juive de Jérusalem, qui représente environ 70% de la population. Sa politique de confiscation de cartes d’identité de Palestiniens de la ville a au contraire poussé plusieurs dizaines de milliers de personnes qui étaient allées s’établir en Cisjordanie à retourner à Jérusalem, en dépit des prix élevés des logements. Sa décision de lancer à grand fracas, en mars 1997, le chantier d’une nouvelle colonie juive à Jérusalem-Est, a plongé le processus de paix dans la crise, mais un an et demi plus tard, aucun logement n’y a encore été construit. Malgré tous les efforts déployés par Israël depuis le début de l’occupation de Jérusalem-Est, en 1967, pour renforcer le peuplement juif dans l’ensemble de la ville, la part de la population palestinienne y a légèrement augmenté, pour atteindre près de 30% aujourd’hui. Côté israélien, Jérusalem est frappée par un double exode: des laïcs aisés, qui fuient la pression des ultra-orthodoxes, et des habitants plus pauvres, effrayés par le niveau élevé des loyers. L’agrandissement de la ville n’est guère de nature à apporter des réponses à ces questions. «On ne résout pas les problèmes de Jérusalem en étendant ses limites géographiques. Ce que la ville a le plus besoin aujourd’hui, c’est la paix dans ses murs, et ce n’est pas ça qui va nous l’apporter», a affirmé le député Ran Cohen du parti de gauche Meretz. (AFP-Reuters)
Fustigée par la communauté internationale, la décision du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’agrandir Jérusalem a suscité hier en Israël un mélange de critiques sur son opportunité et de scepticisme quant à sa portée pratique. Comme beaucoup de décisions de M. Netanyahu depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans, celle de créer une «super-municipalité» de Jérusalem incluant des colonies juives de Cisjordanie a été vue par la Frange libérale en Israël comme une pure provocation, destinée à bloquer le processus de paix. «Quand le gouvernement a approuvé le plan de développement, il a, en fait, aidé M. Netanyahu à poser une nouvelle mine sur le chemin de la paix dans la région», s’indigne l’éditorialiste du quotidien Haaretz. Pourtant, M. Netanyahu joue sur de velours à Jérusalem, car...