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Actualités - Chronologie

Les créances douteuses et les banques au coeur du problème

Les montagnes de créances douteuses, qui étouffent les banques japonaises, sont au cœur de la crise économique qui secoue le Japon et fait peur au reste du monde. Les dix-huit grandes banques de l’archipel reconnaissent qu’en date de mars dernier elles avaient encore 21.700 milliards de yen (164 milliards de dollars) de créances mauvaises ou irrécupérables en dépit des énormes provisionnements qu’elles ont déjà effectués ces dernières années. En janvier, le ministère des Finances avait chiffré à près de 77.000 milliards de yen le montant de créances présentant des risques de non- recouvrement. Le chiffre réel pourrait être plus proche de 100.000 mds de yen si l’on prend en compte les coopératives de crédit et les banques agricoles, qui ne sont pas couvertes par ces statistiques. Héritées de la «bulle» économique des années quatre-vingts, cette période pendant laquelle les Japonais s’étaient engagés dans une frénésie de spéculation boursière et immobilière, ces créances sont la conséquence d’une politique d’argent facile illusoire. Les banques japonaises qui étaient alors les plus grandes du monde s’étaient mises à prêter à tour de bras aux entreprises, mais aussi aux spéculateurs, sans trop se soucier de leur solvabilité. Pénurie de liquidités Mais lorsque la «bulle» a éclaté il y a huit ans, à l’instigation du gouvernement japonais qui sentant une crise venir souhaitait un «atterrissage en douceur», l’immobilier et la Bourse se sont subitement effondrés, laissant des milliers d’emprunteurs dans l’incapacité de rembourser leurs dettes, avec des avoirs qui avaient fondu comme neige au soleil. Aujourd’hui, obligées d’assainir leurs comptes, les banques s’efforcent de se débarrasser de ces créances et ne veulent ou ne peuvent plus prêter d’argent. Ceci entraîne une pénurie, qui pousse des entreprises à la faillite et paralyse la seconde puissance économique mondiale. Le gouvernement japonais peu à peu a fini par mesurer l’ampleur de la crise. Même le premier ministre, Ryutaro Hashimoto, reconnaît désormais que la crise du secteur bancaire nippon constitue le cœur du problème. «Le plus grand obstacle pour l’avenir du Japon est l’élimination des mauvaises créances», a dit le chef du gouvernement nippon. En échange de l’intervention surprise des Etats-Unis sur le marché pour soutenir le yen mercredi dernier, le Japon a promis de s’engager dans un vaste processus d’assainissement de son secteur financier. «Le gouvernement japonais va s’assurer que les banques se débarrassent des avoirs douteux et mettent en place les mesures légales et institutionnelles» pour qu’un tel programme puisse réussir, a dit le ministre des Finances, Hikaru Matsunaga. Or, le temps presse. L’une des dix-huit principales banques japonaises, la Long-Term Credit Bank (LTCB), donne des signes d’un naufrage proche. Son titre a été violemment attaqué en Bourse, tombant sous le seuil généralement considéré par les économistes comme l’antichambre de la faillite. (AFP)
Les montagnes de créances douteuses, qui étouffent les banques japonaises, sont au cœur de la crise économique qui secoue le Japon et fait peur au reste du monde. Les dix-huit grandes banques de l’archipel reconnaissent qu’en date de mars dernier elles avaient encore 21.700 milliards de yen (164 milliards de dollars) de créances mauvaises ou irrécupérables en dépit des énormes provisionnements qu’elles ont déjà effectués ces dernières années. En janvier, le ministère des Finances avait chiffré à près de 77.000 milliards de yen le montant de créances présentant des risques de non- recouvrement. Le chiffre réel pourrait être plus proche de 100.000 mds de yen si l’on prend en compte les coopératives de crédit et les banques agricoles, qui ne sont pas couvertes par ces statistiques. Héritées de la «bulle»...