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Actualités - Chronologie

Iran-E.U. : la diplomatie du football

Américains et Iraniens assurent qu’il n’y aura que trois points en jeu lorsqu’ils s’affronteront dimanche à Lyon pour le compte du groupe F de la Coupe du monde. Mais que les joueurs l’apprécient ou non, le monde accordera davantage de signification à ce premier match entre la République islamique et l’ex-Grand Satan. La plupart des acteurs du Mondial sont trop jeunes pour se souvenir de la prise d’otages à l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran qui, en 1979, provoqua la rupture des relations bilatérales entre les deux pays. «Les médias gonflent la chose», affirme le sélectionneur iranien Jalal Talebi. «Nous l’acceptons, nous sommes heureux de savoir que le monde entier regardera ce match, et bien sûr nous visons la victoire». «Ils veulent trois points, nous voulons trois points et nous nous battrons pour les trois points», renchérit le capitaine américain Tom Dooley, en reconnaissant cependant que la dimension historique et politique de cette rencontre pourrait poser «un petit problème». Il reste que les Iraniens, tout à la joie de leur première Coupe du monde depuis les années 1970, ont montré qu’ils n’avaient pas encore réussi à se détacher totalement de l’aspect politique du match. «Les USA ont maltraité notre pays», a affirmé l’attaquant Khodada Azizi, cité par le magazine américain «Time». «Pendant la guerre (irako-iranienne de 1980-88) ils ont soutenu notre ennemi l’Irak, et c’est pour cela que notre victoire contre les USA aura un parfum spécial». Dans la même veine, l’Iran a protesté auprès des autorités françaises et de la FIFA après la diffusion par la chaîne privée M6 du film «Jamais sans ma fille», tiré d’un best-seller de Betty Mahmoody, qui relate l’histoire d’une Américaine mariée à un médecin iranien qui part chercher sa fille après la Révolution islamique et dont le séjour se transforme en cauchemar. Échange de maillots Mais le climat semble plutôt à la détente, et le match de dimanche pourrait contribuer à ce rapprochement. Dans un discours qui fera date, le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright a affirmé mercredi que les Etats-Unis «pourraient envisager la perspective d’une relation très différente» avec l’Iran. Elle réagissait ainsi à des propos d’ouverture tenus le mois dernier par le président réformiste Mohammad Khatami, arrivé au pouvoir en août 1997. Des lutteurs américains ont déjà brisé le tabou en février en participant à une compétition à Téhéran, où ils ont été ovationnés. Tom Dooley reconnaît que le football pourrait contribuer à cette décrispation, de la même manière que la «diplomatie du ping-pong» rapprocha les Etats-Unis et la Chine au début des années 1970. Si les supporters voient les joueurs échanger leurs maillots après le match, ils se rendront compte que «les Iraniens ne sont pas différents des Allemands ou des Américains», explique-t-il. «Alors peut-être que nous pourrons contribuer au rapprochement des deux nations», ajoute le capitaine américain. L’entraîneur américain Steve Sampson admet que la politique pourra être mise de côté dimanche — une défaite serait synonyme d’élimination du Mondial — mais non oubliée. A 41 ans, il se souvient de la prise d’otages de l’ambassade. «J’ai vécu cela, je suivais cela tous les soirs (à la télévision) et j’en suis plus conscient que les joueurs», dit-il. «Ce qui est arrivé aux otages est terrible et nous étions de tout cœur avec eux. Mais il arrive un stade où il faut surmonter cela et j’ai le sentiment que les gouvernements cherchent à améliorer leurs relations». «Mais je n’en ferai pas un enjeu politique et les joueurs non plus».
Américains et Iraniens assurent qu’il n’y aura que trois points en jeu lorsqu’ils s’affronteront dimanche à Lyon pour le compte du groupe F de la Coupe du monde. Mais que les joueurs l’apprécient ou non, le monde accordera davantage de signification à ce premier match entre la République islamique et l’ex-Grand Satan. La plupart des acteurs du Mondial sont trop jeunes pour se souvenir de la prise d’otages à l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran qui, en 1979, provoqua la rupture des relations bilatérales entre les deux pays. «Les médias gonflent la chose», affirme le sélectionneur iranien Jalal Talebi. «Nous l’acceptons, nous sommes heureux de savoir que le monde entier regardera ce match, et bien sûr nous visons la victoire». «Ils veulent trois points, nous voulons trois points et nous nous battrons...