Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Steve Brill, le nouveau Monsieur propre des médias américains

Un avocat et journaliste américain, Steve Brill, a décidé de partir en croisade déontologique: le mensuel qu’il a lancé mercredi aux Etats-Unis entend passer au crible les méthodes, les dérives et les dessous d’une profession volontiers élevée au rang de «quatrième pouvoir», le journalisme. Son magazine, «Brill’s Content», entièrement consacré au traitement de l’information par les médias, se déclare «le nouveau guide de la consommation à l’ère de l’information. «Il est temps qu’on puisse demander des comptes aux journalistes. Il est temps qu’on les mette dans l’embarras pour qu’ils fassent leur travail de la manière dont ils sont supposés le faire: avec intégrité, honnêteté, équité et précision», explique Steve Brill. Fondateur du magazine «American Lawyer» et de la chaîne télévisée «Court TV», entièrement consacrée à la retransmission de procès, cet ancien avocat quadragénaire est précédé auprès de ses confrères d’une solide réputation de patron intransigeant et de journaliste extrêmement pointilleux sur la déontologie. Avec son nouveau magazine, Steve Brill veut placer les médias américains, omniprésents et tout-puissants, face à leurs responsabilités. «En dévoilant les partialités, les déséquilibres, les inexactitudes et les contre-vérités, tout en saluant ceux qui font bien leur travail, j’espère faire adhérer les médias à de nouvelles normes strictes dont nous seront tous les bénéficiaires», souligne-t-il. Comme le prédisait récemment l’hebdomadaire «Time», Steve Brill «a de bonnes chances de donner un coup de pied dans la fourmilière du monde journalistique». «Les journalistes se font tout petits à l’arrivée imminente de leur propre Godzilla», ironisait pour sa part le «New York Times». Avant même sa sortie, le magazine s’est d’ailleurs offert un magistral «coup de pub» en publiant des extraits d’une interview du procureur spécial Kenneth Starr, dans laquelle celui-ci reconnaît avoir parlé à des journalistes au sujet de l’affaire Monica Lewinsky. Si la Maison-Blanche a aussitôt dénoncé ces «fuites» orchestrées par le procureur Starr, la profession quant à elle s’est déclarée choquée par la publication peu orthodoxe des noms des journalistes bénéficiaires des «fuites». Ce lancement en fanfare a jeté un pavé dans la mare d’une profession réputée pour son corporatisme. Et certains déjà ne ménagent pas leurs critiques contre ce «nouveau flic» des médias. «Steve Brill s’est déjà inéluctablement érigé en haut prêtre de l’éthique journalistique», considère le magazine «Newsweek», tandis que Don Hewitt, le producteur d’une émission de la chaîne NBC, estime que Brill était tout simplement à la recherche d’un créneau lucratif. Afin d’assurer au mensuel une image irréprochable, Steve Brill a tenu à s’entourer d’un médiateur en la personne de Bill Kovach, ancien rédacteur en chef du «New York Times», et de grands noms de la presse écrite. Le sommaire des prochains numéros donne le ton: «Les dix reporters les plus paresseux de la Maison-Blanche»; «Les respectables magnats qui ont financé les paparazzi de Diana»; «Les fausses lettres des magazines pour adolescents»; ou un article sur la réticence des chaînes de télévision américaines à faire des rectificatifs. (AFP)
Un avocat et journaliste américain, Steve Brill, a décidé de partir en croisade déontologique: le mensuel qu’il a lancé mercredi aux Etats-Unis entend passer au crible les méthodes, les dérives et les dessous d’une profession volontiers élevée au rang de «quatrième pouvoir», le journalisme. Son magazine, «Brill’s Content», entièrement consacré au traitement de l’information par les médias, se déclare «le nouveau guide de la consommation à l’ère de l’information. «Il est temps qu’on puisse demander des comptes aux journalistes. Il est temps qu’on les mette dans l’embarras pour qu’ils fassent leur travail de la manière dont ils sont supposés le faire: avec intégrité, honnêteté, équité et précision», explique Steve Brill. Fondateur du magazine «American Lawyer» et de la chaîne...