Gérer l’environnement à travers les institutions financières, tel a été le thème développé lors d’un séminaire proposé hier, au sein de la «Fransabank», par les spécialistes de l’«IFC», branche privée de la Banque Mondiale. L’ensemble des banques libanaises ont été conviées à cette journée d’étude; plusieurs dizaines de banquiers étaient présents pour assister à une conférence et résoudre en groupe des cas pratiques. Si le lien entre le respect de l’environnement et le système bancaire n’est pas évident, il faut savoir en fait, que les normes internationales s’appliquent, non seulement au secteur productif, mais aussi aux banques. C’est dans ce contexte, que la Banque mondiale, qui elle-même finance de très gros projets industriels, a prévu, depuis déjà quelques années des conditions touchant au respect de l’environnement, à travers les contrats de crédits accordés par elle. La «Société financière internationale», particulièrement concernée par cette politique, s’est depuis lors, érigée en défenderesse de l’environnement et a institué des méthodes de financement qui tiennent compte de cet élément primordial pour l’équilibre de la terre et de son économie. En outre, il semble important que de telles mesures soient impulsées à ce niveau; en effet, protection de l’environnement et rentabilité des entreprises ont été longtemps aux antipodes, même si depuis peu, nombre d’entités productives ont intégré cette donnée dans les coût de production. Créée en 1956, l’«IFC» a pour objectif primordial de financer le développement des pays émergents. Sa culture du terrain a rendu les responsables de cet organisme mondial sensibles aux déséquilibres qui affectent trop souvent les pays du tiers monde ou les moins développés, au risque d’une certaine sécurité pour les investissements. Le premier élément de l’exposé a donc porté sur une définition de l’environnement. Ce terme un peu général, renferme en fait des paramètres précis tels la situation écologique du milieu naturel, mais aussi la sécurité, le niveau de santé, le développement social et culturel. Nous sommes là, bien loin, en général, des préoccupations des acteurs productifs de l’économie et de leurs banquiers dont le principal objectif est la rentabilité. Pour autant, les spécialistes de l’«IFC» ont démontré, lors de cette réunion, combien il était important de tenir compte des paramètres environnementaux, dans l’étude de faisabilité d’un dossier de financement. Les principaux thèmes de réflexion mis en évidence de manière interactive par l’ensemble des participants ont englobé le niveau de pollution et la situation écologique même des lieux d’implantation des projets, la valeur des réserves naturelles nécessaires, les apports extérieurs possibles pouvant affecter le climat concurrentiel ou le changement de biotope en raison notamment de l’introduction d’une variété de production autre que celle indigène, la législation et le respect des normes internationales. Ainsi, les conséquences sur l’environnement d’un projet finançable devraient faire partie des éléments de décision, voire des nouvelles normes en matière bancaire. Un classement par catégorie des projets a d’ailleurs été proposé, établi et communiqué par l’«IFC»: Catégorie A: les projets qui touchent directement l’environnement sous plusieurs aspects et dont les attributs environnementaux sont à étudier de près. Catégorie B: les projets concernés directement par un élément spécifique de l’environnement. Catégorie C: Projets sans impact ou avec impact minime sur l’environnement. Catégorie FI: Tous projet qui pourrait toucher à l’environnement. S’agissant du Liban, si des crédits importants, mis en place par l’«IFC» peuvent donner lieu à l’inclusion de normes environnementales, il y va tout autrement pour instaurer des règles «nationales» dans un contexte où les normes en général en sont au balbutiement et alors que le désordre environnemental est à son comble. Quoi qu’il en soit, les instances internationales qui ont compris que le financement est le nerf de la paix semblent déterminer à faire entendre raison à nos concitoyens entrepreneurs. Pour ces institutions, la banque qui finance est aussi responsable du respect de l’environnement que son client, elle doit obtenir les informations nécessaires, même si la transparence fait défaut; les procédures ont été explicitées, débattues lors de cette réunion et la sanction pourrait être le non-refinancement des projets ou l’absence de ligne de crédits.
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