L’ecstasy, drogue de synthèse en vogue dans les soirées «rave», est un «produit toxique, indépendamment de tout abus», met en garde un rapport d’expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) rendu public hier à Paris. L’ecstasy (ou MDMA), dérivé d’amphétamine développé initialement pour en faire un coupe-faim, interdite en 1985 par les autorités sanitaires américaines, n’a jamais été commercialisée comme médicament. Sa «réputation de substance inoffensive doit être battue en brèche auprès des usagers», affirme le rapport, attirant l’attention sur les conséquences graves, parfois mortelles, que peut engendrer sa consommation. L’usage récréatif de l’ecstasy s’est développé au début des années 80 aux Etats-Unis, puis en Europe. En France, 5% des jeunes adultes, principalement de sexe masculin, bien insérés socialement, en auraient consommé au moins une fois. Présentée comme aphrodisiaque lors de son apparition, l’ecstasy provoque une sensation d’euphorie, un accroissement de l’énergie physique et une désinhibition. Les spécialistes mettent en garde contre les dangers d’hyperthermie (forte élévation de la température corporelle) ou d’hépatites, pouvant survenir dès la première prise. La sévérité des complications ne dépend ni de la quantité ni de la régularité de la prise, avertissent les experts. Certains facteurs (température ambiante élevée, déshydratation, activité physique intense, consommation d’alcool, de médicaments) peuvent potentialiser l’effet toxique. Des troubles psychiatriques (psychose, dépression), de la mémoire, de l’audition peuvent apparaître plus ou moins longtemps après la prise. Les experts dénoncent en outre la «fausse sécurité» pour l’usager du «testing», destiné à vérifier la présence de MDMA dans les comprimés à l’aide d’un test de coloration «peu spécifique». Certains consommateurs pensent que la toxicité de l’ecstasy provient de l’impureté des comprimés qui peuvent contenir diverses substances (amphétamines, anabolisants, analgésiques, hallucinogènes). Mais un comprimé pur ne permet pas d’écarter le risque en raison de la toxicité propre à la MDMA, poursuit le rapport. Les experts recommandent d’informer les usagers des dangers, d’aider les médecins à reconnaître les symptômes si l’ecstasy «entraîne ou non une dépendance». Ils préconisent également de poursuivre les recherches sur sa neurotoxicité pour vérifier si la dégénérescence de certains neurones, observée sur le singe, existe chez les consommateurs réguliers. Près de 1.000 publications ont été analysées par douze experts pour ce travail coordonné par l’INSERM. (Reuters, AFP)
L’ecstasy, drogue de synthèse en vogue dans les soirées «rave», est un «produit toxique, indépendamment de tout abus», met en garde un rapport d’expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) rendu public hier à Paris. L’ecstasy (ou MDMA), dérivé d’amphétamine développé initialement pour en faire un coupe-faim, interdite en 1985 par les autorités sanitaires américaines, n’a jamais été commercialisée comme médicament. Sa «réputation de substance inoffensive doit être battue en brèche auprès des usagers», affirme le rapport, attirant l’attention sur les conséquences graves, parfois mortelles, que peut engendrer sa consommation. L’usage récréatif de l’ecstasy s’est développé au début des années 80 aux Etats-Unis, puis en Europe. En France, 5%...
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