La revanche de Lucy, une chronique du brassage culturel
le 15 juin 1998 à 00h00
Fable satirique, «La revanche de Lucy» de Janusz Mrozowski, qui sort à Paris le 17 juin, brosse le tableau cocasse d’une Afrique où les dictateurs imitent leurs mauvais génies blancs. Ce premier long métrage est le fruit d’un curieux métissage puisque son réalisateur, né en Pologne, vit en France depuis 1970 et a reçu, il y a deux ans, un passeport burkinabé. Il a lui-même produit «La revanche de Lucy» avec le soutien de six pays africains: le Burkina, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Mali, le Bénin et la République Centrafricaine. Janusz, le polono-franco-burkinabé, conte l’histoire d’Adama, dictateur d’un pays africain, qui a promis, sans réfléchir, des élections et qui est bien embêté quand on le lui rappelle. Il mène la belle vie avec Albertine, sa femme, qui emploie force potions pour se blanchir et n’a pas la moindre intention de renoncer aux avantages du pouvoir, représentés par Carol, le majordome polonais. Mais Lucy (Aïssa Maïga), l’aïeule de l’humanité (dont le squelette a été découvert en Ethiopie), s’est réincarnée dans une belle jeune femme qui prend la tête de la révolte du «sexe faible» et veut se présenter aux élections contre Adama. Elle est aidée par des esprits africains, une bonne sœur (Ann Gisel Glass), un père blanc (Pierre-Loup Rajot) qui conjuguent leur magie et leurs prières pour transformer Adama qui est sous l’emprise d’un mauvais esprit blanc, incarné par Tom Novembre. Le dictateur remonte alors le temps jusqu’à l’aube de l’humanité. contrairement à ce qu’enseignent les Blancs dans la légende d’Adam et Eve, de la pomme et du serpent, la femme, Lucy, a été créée la première. L’homme n’est venu qu’après. Il s’est enfui avant d’être vraiment terminé et c’est en s’emparant de l’«akoko», le sexe denté de la femme, qu’il a réussi à prendre le pouvoir... Le réalisateur joue avec les idées reçues, assénées sous forme de maximes pittoresques: «la poule est faite pour pondre pas pour faire cocorico», dit l’un des membres du «sexe fort». «La démocratie, ça coûte cher et ça fout la pagaille», dit un autre. Janusz Mrozowski qui, depuis 15 ans, s’intéresse à l’Afrique où il a réalisé une série de courts métrages, se définit comme un «Blanc noir» ou «un Noir blanc». Tout dépend du point de vue. (AFP)
Fable satirique, «La revanche de Lucy» de Janusz Mrozowski, qui sort à Paris le 17 juin, brosse le tableau cocasse d’une Afrique où les dictateurs imitent leurs mauvais génies blancs. Ce premier long métrage est le fruit d’un curieux métissage puisque son réalisateur, né en Pologne, vit en France depuis 1970 et a reçu, il y a deux ans, un passeport burkinabé. Il a lui-même produit «La revanche de Lucy» avec le soutien de six pays africains: le Burkina, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Mali, le Bénin et la République Centrafricaine. Janusz, le polono-franco-burkinabé, conte l’histoire d’Adama, dictateur d’un pays africain, qui a promis, sans réfléchir, des élections et qui est bien embêté quand on le lui rappelle. Il mène la belle vie avec Albertine, sa femme, qui emploie force potions pour se...
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