Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE vont entamer une réflexion sur l’avenir de l’Europe pour masquer le peu de résultats concrets à attendre aujourd’hui et mardi au sommet européen de Cardiff en Grande-Bretagne. Le premier ministre britannique Tony Blair, hôte de ce sommet, a pourtant assuré dans de nombreuses interviews que les dirigeants européens auraient «un vrai débat sur l’avenir de l’Europe» qui doit s’élargir à une dizaine de pays de l’Est et Chypre au cours de la prochaine décennie. Mais il a reconnu qu’aucune décision concrète n’était attendue de cette réunion qui marque la fin de la présidence britannique de l’Union européenne, ni sur l’emploi, ni sur les réformes économiques, ni sur l’Agenda 2000. Trois mois avant des élections allemandes au résultat incertain, le chef du gouvernement britannique veut surtout éviter que le chancelier allemand Helmut Kohl ne profite de Cardiff pour réclamer une diminution de 30% de la contribution financière de son pays au budget européen. Cette demande, appuyée par l’Autriche, les Pays-Pas et la Suède, suscite des réactions hostiles de la part d’une majorité des autres partenaires européens. Tony Blair a donc repris au bond une proposition franco-allemande de relancer le débat sur les réformes institutionnelles, dans la perspective de l’élargissement . Dans une lettre commune adressée au sommet, le président français Jacques Chirac et le chancelier allemand Helmut Kohl estiment qu’il est indispensable de ne pas centraliser à l’extrême une Europe qui pourrait compter 25 ou 27 Etats-membres en 2010. Réforme des institutions L’initiative franco-allemande prône notamment un respect strict de la «subsidiarité», un principe qui prévoit de décentraliser au maximum les pouvoirs de décision européens aux niveaux local, régional et national. Parallèlement, Paris, soutenu maintenant par Bonn, insiste toujours pour que soit mise en œuvre une réforme des institutions européennes, préalablement à tout élargissement. Cette réforme inclut une réforme de la Commission européenne et du fonctionnement du Conseil des ministres. Tony Blair est également favorable à la tenue d’une nouvelle conférence intergouvernementale (CIG) dans le courant de l’année prochaine pour décider des réformes institutionnelles indispensables avant le premier nouvel élargissement prévu au plus tôt en 2003 ou 2004. «Il convient de garantir que, dans la future Europe, les décisions seront prises le plus près possible du citoyen», écrivent le président français Jacques Chirac et Helmut Kohl. «Le citoyen ne peut souscrire davantage à l’Europe commune que s’il a le sentiment que l’Europe est là pour lui, qu’elle l’aide à défendre ses intérêts». «Pour parvenir à une Union européenne vraiment efficace et proche des citoyens, il est nécessaire d’améliorer substantiellement le fonctionnement du Conseil (des ministres de l’UE). De même, il conviendrait de réformer en profondeur les structures de la Commission européenne et de ses services», suggèrent Jacques Chirac et Helmut Kohl. La Belgique et les Pays-Bas ont déjà manifesté leur inquiétude au sujet de cette lettre franco-allemande en demandant si elle ne remettait pas en cause les compétences propres de l’Union, ce dont se défendent les dirigeants français et allemand. Sur l’emploi, les Quinze se contenteront d’un premier examen des plans nationaux pour l’emploi, en insistant sur la baisse encore timide mais généralisée du chômage dans l’UE. Enfin ils ne pourront que constater leurs divergences actuelles sur l’Agenda 2000 (réformes de la politique agricole commune et des fonds structurels et perspectives financières 2000/2006). Le président de la Commission européenne Jacques Santer espère simplement que Cardiff permettra de fixer un calendrier pour l’Agenda 2000 qui devrait être bouclé au plus tard à la mi-99. (AFP)
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