La dégringolade continue du yen a une fois de plus poussé jeudi les Bourses et les monnaies de l’Asie vers le bas, l’onde de choc se répercutant désormais jusque sur les marchés boursiers latino-américains et européens. Le dollar a dépassé les 142 yen pour 1 dollar dans l’après-midi à 142,10 yen, un record à Tokyo depuis septembre 1990. Le billet vert avait brièvement touché 142,15 yen à New York le 12 juin 1991. Le yen s’est ensuite légèrement ressaisi. Le dollar valait 141,67-70 yen à 17h00 (08h00 GMT) à Tokyo. Le gouverneur de la Banque du Japon, Masaru Hayami, a promis devant le Parlement à Tokyo «d’observer de près l’impact de la valeur du yen sur les économies asiatiques». Le fait est cependant que les opérateurs ne croient plus à une intervention coordonnée imminente des banques centrales pour soutenir la devise nippone. Ils avaient un moment craint une telle intervention après les propos du secrétaire adjoint au Trésor américain Lawrence Summers qui, après une réunion mercredi des suppléants des ministres des Finances du G7 à Paris, a indiqué que la «faiblesse du yen» avait été discutée. Ces craintes se sont dissipées du fait de l’absence de communiqué final du G7 quant au niveau actuel du yen, le marché interprétant ceci comme un signal clair adressé au gouvernement japonais: il lui appartient et à lui seul de prendre les mesures de stimulation qui s’imposent pour extraire la seconde économie mondiale de la récession. A Paris, le ministre français de l’Economie et des Finances, Dominique Strauss-Kahn, a confirmé que le G7 n’avait pour le moment pris aucune décision sur une action concertée pour soutenir le yen. Pour la seconde fois en trois jours, la Chine a fait connaître son inquiétude. «Nous sommes très inquiets de la faiblesse croissante du yen», a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Zhu Bangzao. Il a réaffirmé la volonté de Pékin de ne pas dévaluer le yuan, mais à l’image des Etats-Unis et de l’Europe, il a lui aussi invité les autorités de Tokyo à adopter des mesures pour stimuler l’économie japonaise et renforcer le yen. Une dévaluation du yuan chinois ferait voler en éclats le lien existant entre le dollar de Hong Kong et le dollar américain et infligerait des pressions intolérables sur le reste de l’Asie où une nouvelle vague de dévaluations risquerait fort de devenir alors inévitable. Comme les jours précédents, le yen et les Bourses asiatiques se sont fait peur mutuellement. «Nous nous trouvons maintenant dans une spirale infernale où le yen faible fait tomber les Bourses asiatiques qui à leur tour font trébucher la monnaie japonaise un peu plus», a expliqué Yasufumi Nakatani de la Fuji Bank. A Tokyo, la Bourse a cédé 2,1%, l’indice Nikkei tombant tout près du seuil psychologique des 15.000 points qu’il a péniblement réussi à repasser à la mi-janvier. Hong Kong, qui a déjà perdu beaucoup de terrain ces derniers jours, a cédé 1,2%. A Manille, la Bourse a dévissé de 4,6%. La baisse a atteint -1,3% à Sydney,-2,8% en Nouvelle-Zélande et-1,4% à Kuala Lumpur. En revanche, grâce à des chasses aux bonnes affaires, les Bourses ont rebondi de +0,8% à Jakarta, +1,3% à Séoul et +1,8% à Singapour. Jeudi matin en Europe, les Bourses de Paris, Londres, Amsterdam et Madrid ont ouvert en légère baisses. La veille, les Bourses sud-américaines ont fortement chuté, avec -3,8% pour Buenos Aires, -4,83% pour Sao Paulo et -3,5% pour Mexico. Jeudi matin, les monnaies asiatiques ont été prises d’un nouvel accès de faiblesse, la roupie indonésienne plongeant jusqu’à 14.700 roupies pour 1 dollar avant de remonter à 13.950/14.100 après 12.900 mercredi. «Nous sommes très près d’une situation de crise suscitée par la faiblesse du yen», a commenté Susumu Kato, un économiste de Barclays Capital. «Nous assistons à une récession au Japon, à Hong Kong et en Corée (du Sud) et l’Indonésie n’a pas encore résolu ses propres problèmes. C’est comme une famille de pays qui tombent dans l’abîme», a renchéri Saturnino Mejia de la maison de titres Guoco Securities à Manille. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La dégringolade continue du yen a une fois de plus poussé jeudi les Bourses et les monnaies de l’Asie vers le bas, l’onde de choc se répercutant désormais jusque sur les marchés boursiers latino-américains et européens. Le dollar a dépassé les 142 yen pour 1 dollar dans l’après-midi à 142,10 yen, un record à Tokyo depuis septembre 1990. Le billet vert avait brièvement touché 142,15 yen à New York le 12 juin 1991. Le yen s’est ensuite légèrement ressaisi. Le dollar valait 141,67-70 yen à 17h00 (08h00 GMT) à Tokyo. Le gouverneur de la Banque du Japon, Masaru Hayami, a promis devant le Parlement à Tokyo «d’observer de près l’impact de la valeur du yen sur les économies asiatiques». Le fait est cependant que les opérateurs ne croient plus à une intervention coordonnée imminente des banques centrales...