Le procureur de la République de Lille Olivier Guérin a confirmé que quatre bébés nés de rapports incestueux dans une famille de marginaux avaient été «tués, supprimés et enterrés» dans le jardin d’une maison d’Illies, près de Lille. «Les faits démontrent une grande indifférence de notre société vis-à-vis des marginaux», a-t-il dit. Ces atrocités, a-t-il ajouté, se sont déroulées durant une dizaine d’années sur fond d’alcoolisme, dans un milieu où les «barrières morales ont disparu». Olivier Guérin a souligné que les recherches pour retrouver des éléments matériels s’étaient poursuivies en vain. Les cinq membres de la famille, la mère Lucie Lefranc, 67 ans, les trois frères, Patrick, Didier et Dominique, et leur sœur Patricia, 27 ans, ont livré des versions concordantes au juge chargé d’instruire le dossier. Ils ont tous été placés en détention provisoire dans des établissements différents. Seul a été laissé en liberté le père, un ancien mineur et ouvrier agricole, qui était devenu le souffre-douleur de la famille. Il était forcé de manger à quatre pattes dans une écuelle et de dormir dans une cabane à lapins. Il se repose aujourd’hui dans une maison de retraite à Cambrai (Nord de la France). Le procureur a souligné que Lucie Lefranc, considérée comme chef du clan, avait été mise en examen pour «viols et non-empêchement de crimes». Elle a participé aux accouchements des nourrissons. les deux frères aînés étaient chargés de les tuer et de les faire disparaître. Ils risquent la réclusion à perpétuité pour meurtres d’enfants de moins de 15 ans. Voisinage muet Le frère cadet, Dominique, 22 ans, qualifié de débile, n’a pas participé aux meurtres des bébés. Mis en examen pour «viols» sur sa sœur et «non-empêchement de crimes», il risque 20 ans de prison. C’est à la suite d’une première enquête pour «violences à personne vulnérable», en mars dernier, que la justice a décidé de poursuivre des investigations sur les agissements de la famille Lefranc. Du fond de sa cellule, Patricia, placée en détention provisoire pour mauvais traitements, a raconté au juge sa vie, ses grossesses, les viols qu’elle a subis de ses frères. Si elle est certaine d’avoir mis au monde plusieurs bébés, probablement quatre, le procureur a indiqué que «ce chiffre n’était pas certain car elle ne maîtrise pas l’échelle du temps». Pour qualifier ces crimes qui «sont parmi les plus atroces», Olivier Guérin a expliqué que «l’alcoolisme pouvait expliquer en partie l’absence de barrières morales et que dans ce cadre, l’intégrité de la vie d’un enfant n’avait pas été respectée». Appelant à une «certaine réflexion», il a aussi regretté que cette famille ait «été tenue à l’écart, qu’elle vivait repliée sur elle-même, avec aucun contact extérieur». «Ces faits ont été commis durant des années. Ce sont des choses qui ont été vues, connues des voisins. Les signalements sont récents par rapport au passé des faits. Sans faire appel à la délation, il est nécessaire de faire appel à l’information pour que de tels actes soient dénoncés. On ne fait pas attention, chacun reste chez soi», a-t-il ajouté. Les fouilles du jardin et des alentours vont se poursuivre. «Les enfants étaient enterrés dans un terrain à proximité. Il y a des fossés dans lesquels un corps d’enfant peut être dissimulé très facilement», a-t-il dit, avant de conclure: «Les os des bébés sont fragiles et ne résistent pas à l’agression du temps». (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le procureur de la République de Lille Olivier Guérin a confirmé que quatre bébés nés de rapports incestueux dans une famille de marginaux avaient été «tués, supprimés et enterrés» dans le jardin d’une maison d’Illies, près de Lille. «Les faits démontrent une grande indifférence de notre société vis-à-vis des marginaux», a-t-il dit. Ces atrocités, a-t-il ajouté, se sont déroulées durant une dizaine d’années sur fond d’alcoolisme, dans un milieu où les «barrières morales ont disparu». Olivier Guérin a souligné que les recherches pour retrouver des éléments matériels s’étaient poursuivies en vain. Les cinq membres de la famille, la mère Lucie Lefranc, 67 ans, les trois frères, Patrick, Didier et Dominique, et leur sœur Patricia, 27 ans, ont livré des versions concordantes au juge chargé...