La rédactrice en chef du seul journal d’opposition de la république russe de Kalmoukie a été assassinée, le sixième meurtre de journaliste cette année, qui met en lumière les limites de la liberté de la presse en Russie. Le corps de Larissa Ioudina, 53 ans, a été retrouvé à l’endroit où un inconnu lui avait donné rendez-vous pour lui transmettre, disait-il, des informations sur un des scandales sur lequel elle enquêtait, a indiqué son mari Guennadi. Larissa Ioudina était rédactrice en chef de «Sovietskaïa Kalmykia Sevodnia» (Kalmoukie soviétique d’aujourd’hui), qui, en dépit de son titre hérité de l’époque communiste, constituait le seul journal d’opposition de Kalmoukie. La journaliste était à ce titre en conflit constant avec le régime du tout puissant président kalmouk, l’homme d’affaires Kirsan Ilioumjinov, 36 ans, par ailleurs président de la Fédération internationale des échecs (FIDE). A la tête depuis 1993 de cette république peu peuplée (320.000 habitants) des bords de la mer Noire, M. Ilioumjinov est un personnage controversé de la politique russe, et un des influents «barons» régionaux habitués à diriger sans rendre trop de comptes à Moscou. L’Union des journalistes de Russie et le Fonds de protection de la glasnost («transparence») ont mis en cause le président kalmouk dans l’assassinat de la journaliste, dans une lettre ouverte adressée au président russe Boris Eltsine. Accusations «Le président kalmouk, le Parlement, la police, la justice ont tenté de faire disparaître le journal de Mme Ioudina. Et comme ils n’ont pas réussi jusqu’au bout, ils ont tué sa rédactrice en chef, affirme cette lettre. Cette mort est sur la seule conscience de celui qui a imposé un régime autoritaire en Kalmoukie, et qui a de fait privatisé cette république». La présidence kalmouke n’a pas réagi à ces accusations, ni aux autres, nombreuses, qu’elle a essuyées tout au long de la journée. Larissa Ioudina publiait depuis des années ce qu’elle affirmait être les scandales de corruption et de détournement de fonds de la république. Elle écrivait notamment depuis un an et demi sur une société liée au président Ilioumjinov, ARIS, qui octroyait des régimes d’exemptions fiscales aux entreprises s’installant sur une zone off-shore de la république. Le journal de Mme Ioudina affirmait que cette pratique s’accompagnait de pouvoir central russe de revenus budgétaires dont il a un besoin pressant. Le procureur général de Russie Iouri Skouratov a annoncé qu’il dessaisissait de l’enquête les autorités judiciaires locales, pour la confier à des «super-flics» envoyés à Elista, la capitale kalmouke. Il a ainsi donné satisfaction à une demande du parti d’opposition libérale Iabloko — dont Mme Ioudina était la responsable locale en Kalmoukie —. Larissa Ioudina est la sixième journaliste tuée en Russie depuis le début de l’année, une tendance dont s’alarment les professionnels et les associations de défense des libertés publiques. (AFP)
La rédactrice en chef du seul journal d’opposition de la république russe de Kalmoukie a été assassinée, le sixième meurtre de journaliste cette année, qui met en lumière les limites de la liberté de la presse en Russie. Le corps de Larissa Ioudina, 53 ans, a été retrouvé à l’endroit où un inconnu lui avait donné rendez-vous pour lui transmettre, disait-il, des informations sur un des scandales sur lequel elle enquêtait, a indiqué son mari Guennadi. Larissa Ioudina était rédactrice en chef de «Sovietskaïa Kalmykia Sevodnia» (Kalmoukie soviétique d’aujourd’hui), qui, en dépit de son titre hérité de l’époque communiste, constituait le seul journal d’opposition de Kalmoukie. La journaliste était à ce titre en conflit constant avec le régime du tout puissant président kalmouk, l’homme d’affaires...
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