Rechercher
Rechercher

Actualités - Conferences Et Seminaires

La mafia russe sur tous les fronts

La mafia russe est présente dans plus de 40 pays et a connu une croissance rapide en sept ans, selon les conclusions d’un colloque de lutte contre la criminalité à Sofia. Les délits attribués aux groupes mafieux russes sont passés de 3.000 en 1990 à 28.000 en 1997, selon le général Anatoli Kolesnikov, chef adjoint du département de lutte contre la criminalité organisée au ministère russe de l’Intérieur. Selon lui, il s’agit de délits graves. Le directeur adjoint du secrétariat général d’Interpol, Ralf Mutschke, a précisé qu’entre 8.000 et 10.000 groupes criminels sévissent en Russie, regroupant 50.000 à 100.000 personnes. En Russie, selon lui, la mafia contrôle 40.000 sociétés, 550 banques et 4.000 sociétés anonymes. Selon Hubert Pirker, porte-parole du parti autrichien conservateur OeVP au Parlement européen, chargé des questions de sécurité, une quarantaine de groupes criminels russes sont présents en Autriche, la majorité s’occupant de blanchiment d’argent, sous le couvert d’entreprises commerciales. Egrénant des chiffres, le général Kolesnikov a indiqué que plus de 12.000 responsables et membres actifs de groupes criminels ont été poursuivis en justice en Russie l’an dernier. On leur impute un total de 19.500 méfaits. Le seul trafic de voitures volées, contrôlé par 300 groupes, rapporte en Russie 500 millions de dollars par an, selon les chiffres avancés durant ce colloque. Interpol a précisé qu’un millier de véhicules volés en Europe se trouvent actuellement en Russie. Corruption Outre le blanchiment d’argent, ces groupes «produisent des armes au niveau mondial», une dizaine d’autres sont connus pour «travailler» dans le commerce du pétrole russe, selon le général Kolesnikov. Un groupe a réussi récemment à placer sur le marché moscovite 352.000 faux dollars, selon lui. La drogue est, bien sûr, une activité très prisée par ces groupes, un kilo d’opium coûtant 100 dollars au Tadjikistan, et étant revendu entre 2.000 et 3.000 dollars à Tachkent, et entre 5.000 et 6.000 dollars à Moscou. Des ressortissants d’Afghanistan, du Nigeria, d’Angola, du Zaïre, des anciennes républiques soviétiques sont les principaux trafiquants. Le nombre des trafiquants de pays lointains a été multiplié par sept en cinq ans et, pour la première fois, des Iraniens, Israéliens, Pakistanais et Guinéens ont été détenus pour trafic de drogue en 1997. Selon ce colloque, environ 2.000 tonnes d’opium et d’héroïne sont stockées à la frontière entre l’Afghanistan et le Tadjikistan pour être envoyées en Russie et dans d’autres pays. En 1994, la douane russe à la frontière avec le Tadjikistan avait saisi 260 kilos de drogue, contre 2,5 tonnes l’an dernier, a indiqué le général Kolesnikov. Le trafic de précurseurs, ces substances nécessaires à la production de drogues synthétiques, est apparu en 1996-97 et 54 cas ont été enregistrés. Les cas de racket en Russie ont de leur côté augmenté de 5.364 en 1991 à plus de 15.000 en 1997. Commerçants, propriétaires de cafés et restaurants, détenteurs d’objets précieux ou de propriétés immobilières doivent payer des rançons aux groupes criminels pour pouvoir gérer leurs affaires ou tout simplement détenir leurs biens. «Le virus de la corruption a atteint tous les niveaux du pouvoir d’Etat et du pouvoir exécutif», selon le général Kolesnikov. (AFP)
La mafia russe est présente dans plus de 40 pays et a connu une croissance rapide en sept ans, selon les conclusions d’un colloque de lutte contre la criminalité à Sofia. Les délits attribués aux groupes mafieux russes sont passés de 3.000 en 1990 à 28.000 en 1997, selon le général Anatoli Kolesnikov, chef adjoint du département de lutte contre la criminalité organisée au ministère russe de l’Intérieur. Selon lui, il s’agit de délits graves. Le directeur adjoint du secrétariat général d’Interpol, Ralf Mutschke, a précisé qu’entre 8.000 et 10.000 groupes criminels sévissent en Russie, regroupant 50.000 à 100.000 personnes. En Russie, selon lui, la mafia contrôle 40.000 sociétés, 550 banques et 4.000 sociétés anonymes. Selon Hubert Pirker, porte-parole du parti autrichien conservateur OeVP au Parlement...