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Actualités - Chronologie

A Tropoja, les armes se vendent en plein jour

A Tropoja, des jeunes équipés de grenades, kalachnikovs et mitraillettes se promènent sans se cacher et les armes destinées aux indépendantistes du Kosovo se vendent en plein jour dans cette ville du nord de l’Albanie, à quelques kilomètres de la frontière yougoslave. Sur la place centrale de cette ville de moins de 4.000 habitants, à 250 kilomètres au nord de Tirana, deux minibus et deux automobiles attendent le client, le coffre ouvert. A l’intérieur, kalachnikovs, grenades, armes antichars et mitraillettes à des prix allant de 30 à 420 dollars. Les marchands d’armes voient d’un mauvais œil l’arrivée d’un journaliste et menacent de tirer sur qui s’apprête à prendre une photo de la scène. Selman, 27 ans, dit être venu de la ville voisine de Bajram Curri, à 3 kilomètres de Tropoja. «Ces armes viennent des villages des environs. Vendre des armes est une bonne occasion de gagner de l’argent. Surtout maintenant, tout le monde en veut pour se défendre des Serbes», assure-t-il. «J’ai vendu cinq kalachnikovs à 200 dollars pièce et je rentre demain chez moi», poursuit Selman. Les armes vendues à Tropoja ne viennent pas seulement des entrepôts de la région qui ont été dévalisés par la population lors de l’insurrection de 1997, comme cela a été le cas dans toute l’Albanie. Selman indique avoir acheté à Shkodra pour moins de 100 dollars pièce les kalachnikov qu’il vient de vendre. Plusieurs dépôts d’armes ont été attaqués ces derniers jours en Albanie, selon la police, signe que les trafiquants veulent continuer à augmenter leurs stocks. Dans Tropoja, on ne voit que des jeunes armés, parfois âgés de 15 ou 16 ans, qui prennent des airs de guerriers. Rexhep, 18 ans, enlève la kalachnikov qu’il porte à l’épaule et la nettoie avec soin. Fier de son travail, il dirige ensuite l’arme vers un ami à côté de lui puis s’amuse à tirer des rafales en l’air. Personne ne semble craindre la police, d’ailleurs quasiment invisible. A Tropoja, au vu de tout le monde, plusieurs hommes ont chargé des armes sur deux chevaux et cinq mules qui sont ensuite partis sous escorte armée vers la ville voisine de Padesh avant de passer clandestinement la frontière vers le Kosovo. A Padesh, selon des sources locales, le convoi est pris en charge par des membres de l’UCK, «l’Armée de libération du Kosovo» qui combat pour l’indépendance de cette province du sud de la Serbie. «Nous avons donné des sacs pleins d’argent pour pouvoir acheter ces armes. Le gouvernement albanais devrait nous les vendre à un prix raisonnable», regrette un Kosovar de 30 ans, en poussant les mules et chevaux. (AFP)
A Tropoja, des jeunes équipés de grenades, kalachnikovs et mitraillettes se promènent sans se cacher et les armes destinées aux indépendantistes du Kosovo se vendent en plein jour dans cette ville du nord de l’Albanie, à quelques kilomètres de la frontière yougoslave. Sur la place centrale de cette ville de moins de 4.000 habitants, à 250 kilomètres au nord de Tirana, deux minibus et deux automobiles attendent le client, le coffre ouvert. A l’intérieur, kalachnikovs, grenades, armes antichars et mitraillettes à des prix allant de 30 à 420 dollars. Les marchands d’armes voient d’un mauvais œil l’arrivée d’un journaliste et menacent de tirer sur qui s’apprête à prendre une photo de la scène. Selman, 27 ans, dit être venu de la ville voisine de Bajram Curri, à 3 kilomètres de Tropoja. «Ces armes...