Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Constat de divergences entre les quinze sur l'élargissement

Une semaine avant le sommet européen de Cardiff, les ministres des Affaires étrangères des Quinze, réunis à Luxembourg, n’ont pu qu’étaler leurs divergences sur le financement futur de l’Union européenne et les réformes en chantier, ce qui fait peser une menace sur l’élargissement. Les négociations sur l’«Agenda 2000» pour la période 2000-2006, une série de propositions de réformes présentées par la Commission européenne pour permettre la survie de l’Europe élargie, ont commencé il y a un an, mais l’impasse est totale. Le rapport, que la présidence britannique de l’UE a été autorisée à transmettre aux dirigeants européens, réunis au sommet lundi et mardi à Cardiff, constitue en effet un catalogue des divergences entre les 15 Etats membres. «Ce n’est ni surprenant, ni totalement préoccupant», a déclaré le ministre français des Affaires européennes, Pierre Moscovici, en insistant sur le «contexte pré-électoral en Allemagne» et l’ampleur des problèmes qui sont sur la table. Plusieurs exigences contradictoires s’opposent. Soucieux d’éviter toute augmentation des dépenses à l’heure de l’euro, l’immense majorité des Etats membres veulent tout d’abord maintenir à 1,27% du PNB communautaire le plafond des ressources dont peut disposer l’UE pour assurer sa survie. Certains d’entre eux — Allemagne, Suède et Pays-Bas — exigent même une réduction de leur contribution nette au budget communautaire, dans la mesure où ils estiment payer trop par rapport au «retour» en provenance de Bruxelles. Ce thème est devenu un cheval de bataille de l’Allemagne. Même si cette revendication est pour l’instant rejetée par la plupart des pays, qui ne veulent pas généraliser la ristourne dont bénéficie déjà le Royaume-Uni et qui, surtout, refusent de compenser le manque à gagner, les ressources seront rares. Or, dans le même temps, les appétits sont voraces. Exercice difficile Les pays agricoles, France en tête, veulent assurer le financement de la Politique agricole commune (PAC). Les pays les plus pauvres, comme l’Espagne, le Portugal et la Grèce, veulent continuer à bénéficier de la manne communautaire grâce aux fonds structurels. Les pays candidats à l’adhésion doivent par ailleurs bénéficier de généreuses aides «pré-adhésion» voire plus, s’ils parviennent à intégrer l’UE pendant la période 2000-2006. Le rapport britannique souligne ces contradictions. Si, pour la plupart, le plafond des ressources «devrait rester inchangé, à 1,27% du PNB», il note que «d’autres au contraire considèrent que le maintien du plafond de ressources propres ne suffirait pas nécessairement au financement de la réforme de la PAC et à celui de l’élargissement». La demande allemande de «mécanisme destiné à corriger les déséquilibres budgétaires» est mentionnée, mais le texte britannique avertit: «D’autres (délégations) s’y sont opposées». Les pays riches ont fait remarquer que, pour eux, le montant des fonds structurels «est un objectif», et non un plafond de dépenses à atteindre, alors que c’est l’inverse pour les pays pauvres, qui veulent obtenir une garantie. Sur toutes les réformes en chantier, la présidence britannique reconnaît que l’on n’est guère avancé. Dans ce contexte, la seule décision qui paraît pouvoir être prise à Cardiff est l’adoption d’un calendrier pour les réformes, qui devront être approuvées avant la mi-1999, pour que l’UE puisse être dotée d’un budget en l’an 2000. Mais la difficulté de l’exercice paraît telle que la tentation de retarder tacitement l’élargissement semble grande. Sans obligation de financer l’adhésion de pays pauvres et souvent agricoles de 2000 à 2006, la tâche serait en effet beaucoup plus aisée et le report de l’élargissement, jusqu’ici prévu aux alentours de 2002 pour les premiers pays, pourrait être justifié par le retard structurel des candidats. (Reuters)
Une semaine avant le sommet européen de Cardiff, les ministres des Affaires étrangères des Quinze, réunis à Luxembourg, n’ont pu qu’étaler leurs divergences sur le financement futur de l’Union européenne et les réformes en chantier, ce qui fait peser une menace sur l’élargissement. Les négociations sur l’«Agenda 2000» pour la période 2000-2006, une série de propositions de réformes présentées par la Commission européenne pour permettre la survie de l’Europe élargie, ont commencé il y a un an, mais l’impasse est totale. Le rapport, que la présidence britannique de l’UE a été autorisée à transmettre aux dirigeants européens, réunis au sommet lundi et mardi à Cardiff, constitue en effet un catalogue des divergences entre les 15 Etats membres. «Ce n’est ni surprenant, ni totalement...