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Actualités - Chronologie

La Colombie, premier exportateur mondial de Cocaïne

La Colombie reste, mais de plus en plus discrètement depuis quelques années, le 1er producteur et exportateur de cocaïne du monde et plus très loin du 2e d’héroïne, selon des estimations des Services antidrogue (DEA) des Etats-Unis confirmées par les autorités locales. Les Etats-Unis avaient mis la Colombie au «ban des nations» en leur refusant deux ans d’affilée (96 et 97) le certificat de «bonne conduite» qu’ils accordent aux pays «coopérant» dans la lutte contre la drogue, tout en reconnaissant étrangement voici deux mois que, après tout, Bogota faisait un «effort louable» en ce sens. Finies les années de «boom» au début de la décennie 90 des Cartels colombiens, où les «grands barons» de la drogue, tels Pablo Escobar, se permettaient même de proposer au gouvernement de payer la dette nationale du pays en échange d’une amnistie. Terminée aussi, la «redistribution» de millions de narco-dollars que se permettait Pablo Escobar, tel un Robin des bois des temps modernes, en aidant une minuscule frange du «petit peuple» local, tout en roulant dans trois douzaines de Rolls Royce. Le baron de Medellin, qui fit assassiner et torturer des centaines de personnes, policiers et civils, femmes et enfants compris, n’est plus qu’une petite plaque de pierre du cimetière de Medellin sur laquelle presque plus personne ne vient se recueillir. Le Cartel de Cali, qui prit sa suite, avait vite et bien compris qu’il valait mieux faire parler les dollars que la poudre: «Absolument toutes les couches de la société colombienne ont été pourries par la corruption», déclarait le chef pour la Colombie de la DEA, Joseph Toft, prudemment, après son retour aux Etats-Unis. Quelques jours après, éclatait le plus grand scandale politique de l’histoire de la Colombie, avec la découverte de la financiation, par 6 millions de dollars au moins du Cartel de Cali, de la campagne électorale du président Samper. Scier des barreaux... avec des dollars Bientôt, les barons de Cali se constituaient prisonniers, bénéficiant de peines dérisoires: 3 à 6 ans de prison, tandis que les plus proches collaborateurs de Samper étaient condamnés à une «douce» réclusion — dans l’école militaire de cavalerie avec masseuse et professeur de tennis pour l’ex-ministre de la Défense, Fernando Botero, à son domicile-musée pour l’antiquaire Santiago Medina, ex-chef de la campagne électorale. M. Samper s’est lui-même débattu, pendant deux interminables années, la moitié de son mandat, dans un procès du Congrès national, dont il sortit finalement blanchi. Depuis, le narco-trafic en Colombie poursuit son essor «autrement»: avec de nouveaux «mini-barons» cette fois, avec de nouvelles drogues, de nouvelles alliances et de nouveaux débouchés. La Colombie importait 80 pour cent des produits de base de ses stupéfiants de Bolivie et du Pérou. Elle les produit elle-même maintenant. Depuis 4 ans, décidés à faire concurrence à l’Asie pour l’héroïne, les trafiquants ont lancé la plantation de cultures de pavot qui font tache d’huile et s’étendraient sur plus de 30.000 hectares.. (AFP)
La Colombie reste, mais de plus en plus discrètement depuis quelques années, le 1er producteur et exportateur de cocaïne du monde et plus très loin du 2e d’héroïne, selon des estimations des Services antidrogue (DEA) des Etats-Unis confirmées par les autorités locales. Les Etats-Unis avaient mis la Colombie au «ban des nations» en leur refusant deux ans d’affilée (96 et 97) le certificat de «bonne conduite» qu’ils accordent aux pays «coopérant» dans la lutte contre la drogue, tout en reconnaissant étrangement voici deux mois que, après tout, Bogota faisait un «effort louable» en ce sens. Finies les années de «boom» au début de la décennie 90 des Cartels colombiens, où les «grands barons» de la drogue, tels Pablo Escobar, se permettaient même de proposer au gouvernement de payer la dette nationale du...