Petites culottes parfumées, cravates intachables, chaussettes anti-odeurs, blousons thermo-régulants: les industriels français se bousculent depuis quelques mois pour lancer ces textiles du futur, à même, selon les professionnels, de revitaliser le secteur. «Depuis le succès de notre présentation de ces nouveaux concepts à la fin de l’an dernier, les industriels, mis en appétit, nous submergent de questions et de demandes d’essais», explique Michelle Jarrigeon, directrice régionale de l’Institut textile de France (ITF), à Lyon. C’est dans ce centre qu’une centaine d’ingénieurs, de chimistes et de laborantins s’activent à tester les textiles de demain. Contamination de tissus aux staphylocoques, mesure de l’efficacité d’un sweat-shirt polaire sur un mannequin thermique, contrôle des mouvements de la sueur... tout est analysé avec soin. «Actuellement, quatre domaines sont particulièrement en vogue: l’anti-microbien, l’anti-acarien, l’infroissable et les UV bloquants, constate Mme Jarrigeon. C’est sans doute le résultat d’un souci croissant pour le confort, la santé et l’environnement. On devient un peu comme les Japonais qui craignent tout». Le grand espoir vient de la micro-encapsulation, qui consiste à emprisonner un produit actif dans de minuscules gouttelettes collées à raison de dizaines de milliers dans les fibres du tissu. Au contact avec la peau, elles éclatent et répandent un insecticide, un parfum, un antiseptique, etc. T-Shirt anti-UV La technique existe en fait depuis les années 60. Elle est utilisée de façon banale dans les cigarettes mentholées, les bonbons acidulés ou encore pour le papier autocopiant. Elle démarre aujourd’hui dans le textile. Certains industriels imaginent déjà s’en servir pour produire des collants dépilatoires, de la lingerie amincissante ou aphrodisiaque, des draps imbibés de somnifères. Enfin des tissus qui soignent, se frottent-ils les mains. «On est obligé de mettre des bémols, explique Michelle Jarrigeon. Introduire des médicaments dans un vêtement oblige à obtenir une autorisation de mise sur le marché, une procédure longue et coûteuse. Et puis, on n’est pas des médecins». «On guérit la fibre, pas la peau», insiste Michel Bourgeois, responsable des biotextiles à l’ITF, qui croit en revanche dur comme fer à la généralisation des anti-microbiens. «L’armée est très intéressés, les sportifs aussi. Il faut simplement surveiller les formulations antiseptiques un peu sauvages, ajoute-t-il. On prépare d’ailleurs un label pour contrôler l’efficacité et l’innocuité des produits». Les vêtements filtrant les rayons du soleil, venus d’Australie, ont également le vent en poupe. L’équipe de France cycliste est déjà équipée en maillots. En Allemagne, le géant de la vente par correspondance «Quelle» a lancé une ligne de vêtements en viscose, et Clayeux, spécialiste français du vêtement pour enfant, vient d’annoncer la commercialisation imminente du «premier T-shirt anti-UV en Europe». Mais les industriels ont encore beaucoup à faire. Les fameuses micro-capsules détestent le lavage et ont une durée de vie assez limitée. L’ITF milite pour le «greffage électronique» des textiles, qui confère un effet permanent aux propriétés ainsi introduites. Mais aucune machine n’existe encore en Europe. Seule la Russie en dispose car elle utilise la technique pour habiller ses militaires et ses mineurs avec des vêtements anti-microbiens. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Petites culottes parfumées, cravates intachables, chaussettes anti-odeurs, blousons thermo-régulants: les industriels français se bousculent depuis quelques mois pour lancer ces textiles du futur, à même, selon les professionnels, de revitaliser le secteur. «Depuis le succès de notre présentation de ces nouveaux concepts à la fin de l’an dernier, les industriels, mis en appétit, nous submergent de questions et de demandes d’essais», explique Michelle Jarrigeon, directrice régionale de l’Institut textile de France (ITF), à Lyon. C’est dans ce centre qu’une centaine d’ingénieurs, de chimistes et de laborantins s’activent à tester les textiles de demain. Contamination de tissus aux staphylocoques, mesure de l’efficacité d’un sweat-shirt polaire sur un mannequin thermique, contrôle des mouvements de la...