Le ministre de l’Agriculture M. Chawki Fakhoury a soumis hier au Conseil d’Etat pour avis, un projet de loi portant sur la préservation de l’arbre au Liban. Dans le texte de loi, l’arbre libanais est désormais considéré comme un bien public. Il sera par conséquent «interdit de l’abattre pour quelque raison que ce soit», sauf avis contraire du ministère de l’Agriculture, qui devrait étudier les «demandes» cas par cas, au préalable. Cette initiative semble d’autant plus appropriée que le Liban souffre, depuis quelque temps, d’un phénomène de déforestation progressif, le chantier de reconstruction à Beyrouth aussi bien que dans la montagne ayant achevé d’amputer le pays de ses ressources naturelles. Le projet de loi, qui stipule clairement l’interdiction, pour les sociétés privées et institutions publiques, d’entreprendre des travaux qui pourraient menacer, d’une manière ou d’une autre, la richesse forestière, constitue un véritable credo en matière écologique. L’arbre peut désormais bénéficier d’une protection presque absolue, tant du point de vue des «obstacles» mis devant le public, que du point de vue des responsabilités qui incombent au ministère de l’Agriculture. En effet, ce dernier est chargé selon les articles 3 et 4 du projet de loi, de prendre les mesures nécessaires à la «plantation» ou au «transfert» de certains arbres au cas où un permis de construction aurait été accordé, et que certains arbres auraient été abattus. Le ministère est de même tenu de «contrôler toute intervention quelle qu’elle soit qui risquerait de porter atteinte à la richesse forestière et d’imposer toutes les mesures nécessaires à la conservation et au développement de l’arbre, et ce, conformément à la loi sur la protection des forêts qui date du 7 janvier 1949» précise le projet de loi. Quant aux considérants, ils abondent dans le même sens, à savoir que la question écologique regagne enfin sa place, et que désormais, «il est du ressort de l’homme» de décider de la longévité d’un arbre. Après avoir mis en relief les dangers encourus par une déforestation vertigineuse, le nouveau projet énumère en effet les innombrables avantages offerts par la présence de l’arbre autour de nous. En plus de son action sur le plan de l’assainissement de l’atmosphère en général, dont une baisse notable du taux de CO2 dans l’air, l’arbre a une fonction primordiale dans la réduction de la «pollution sonore», ce dernier servant de «paravent» aux multiples décibels dont nous sommes bombardés tous les jours. Enfin, conclut le texte, l’arbre a surtout l’avantage de relever l’indice de construction dans les zones où il existe, puisque le prix des résidences modernes est de plus en plus calculé selon qu’elles se trouvent ou non à proximité de zones vertes.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le ministre de l’Agriculture M. Chawki Fakhoury a soumis hier au Conseil d’Etat pour avis, un projet de loi portant sur la préservation de l’arbre au Liban. Dans le texte de loi, l’arbre libanais est désormais considéré comme un bien public. Il sera par conséquent «interdit de l’abattre pour quelque raison que ce soit», sauf avis contraire du ministère de l’Agriculture, qui devrait étudier les «demandes» cas par cas, au préalable. Cette initiative semble d’autant plus appropriée que le Liban souffre, depuis quelque temps, d’un phénomène de déforestation progressif, le chantier de reconstruction à Beyrouth aussi bien que dans la montagne ayant achevé d’amputer le pays de ses ressources naturelles. Le projet de loi, qui stipule clairement l’interdiction, pour les sociétés privées et institutions...