La communauté internationale a haussé le ton à la suite du nouvel essai nucléaire effectué par le Pakistan samedi, peu avant l’annonce d’une réunion des pays du G8 le 12 juin à Londres pour «coordonner leurs positions face aux essais nucléaires pakistanais et indiens». Tandis que les Etats-Unis, les principaux pays de l’Union européenne, ainsi que le Japon, qui fournit l’aide la plus importante au Pakistan, et la Russie condamnaient vigoureusement le dernier test pakistanais, l’Inde a au contraire semblé jouer la modération. New Delhi, qui avait procédé à cinq essais nucléaires les 11 et 13 mai a, en effet, annoncé le maintien d’un «moratoire» sur ses propres essais. «Nous ne percevons pas (cet essai pakistanais) comme une nouvelle menace. Nous avons surveillé la politique nucléaire clandestine du Pakistan de très près et tout cela a été pris en compte dans notre politique de défense», a dit un porte-parole du gouvernement indien. Un autre grand voisin du Pakistan, la Chine, a exprimé son «profond regret» à l’issue du test pakistanais de samedi, au moment où on apprenait que le président chinois Jiang Zemin et son homologue américain Bill Clinton avaient eu à une date non précisée une conversation téléphonique directe, la première du genre, portant notamment sur les expériences nucléaires indiennes et pakistanaises. De leur côté, les Etats-Unis se bornaient à condamner le nouvel essai pakistanais, soulignant qu’il «ne peut qu’augmenter les tensions» dans la région. La Russie, qui l’a «résolument» dénoncé, et l’Allemagne, qui l’a condamné «au plus haut point», ont proposé que le Conseil de Sécurité de l’ONU se réunisse à nouveau sur le sujet. Moscou suggère une réunion extraordinaire de cette instance au niveau des ministres des Affaires étrangères avec pour ordre du jour: obtenir que l’Inde et le Pakistan signent l’accord sur la non-prolifération des armes nucléaires et celui sur l’arrêt des essais; liquider les sources du conflit qui opposent actuellement l’Inde et le Pakistan. Le gouvernement allemand a, quant à lui, réclamé une réunion «immédiate» du Conseil de Sécurité de l’ONU, demandant en outre à l’Inde de ne pas répliquer. La France a également condamné le nouvel essai nucléaire du Pakistan, tout en exhortant «instamment» ce pays de mettre «définitivement un terme à ses essais». Le président français Jacques Chirac avait peu auparavant proposé que les grandes puissances accordent à l’Inde et au Pakistan des garanties de sécurité et une aide en matière nucléaire civile en échange de leur renoncement à tout nouvel essai nucléaire. Le test pakistanais de samedi est intervenu peu de temps avant l’annonce par la Grande-Bretagne, qui préside actuellement l’Union européenne, qu’elle accueillera le 12 juin à Londres les Etats du G8 pour «coordonner leurs positions face aux essais nucléaires pakistanais et indiens». La rencontre des ministres des Affaires étrangères des sept nations les plus industrialisées, plus la Russie, «considérera en particulier la façon dont le G8 peut conduire ces deux pays (le Pakistan et l’Inde) à rejoindre le traité de non-prolifération et les encourager à s’attaquer aux racines de leurs tensions», selon le communiqué du ministre britannique des Affaires étrangères Robin Cook. Samedi matin, M. Cook avait dénoncé le nouvel essai nucléaire effectué «au mépris flagrant de l’opinion internationale». De même, l’Italie a exprimé sa «plus ferme condamnation» et souligné «l’urgence de nouvelles initiatives pour arrêter une spirale d’escalade de la tension dans la région». (AFP)
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