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Actualités - Chronologie

Le gendre de Suharto nommé à la tête d'une école militaire (photo)

Le général Prabowo Subianto, commandant des forces stratégiques indonésiennes jusqu’au lendemain de la démission de son beau-père, le président Suharto, a pris jeudi officiellement ses nouvelles fonctions à la tête d’une école militaire dans l’Ouest de Java. Un porte-parole militaire a confirmé que la passation de pouvoirs avait eu lieu en début de matinée au quartier général, dans la banlieue de Djakarta. «La cérémonie a été brève», a simplement indiqué le porte-parole qui n’a pas été en mesure de préciser pourquoi elle avait eu lieu au QG et non, comme l’aurait voulu la tradition, à l’école dont il prend le commandement, à Bandung, 200 kilomètres au sud-est de la capitale. Le général Prabowo avait été relevé de son commandement à la tête des quelque 20.000 hommes du «Kostrad» vendredi dernier, moins de 48 heures après la démission forcée du président Suharto. Le coup d’arrêt, au moins temporaire, donné à l’irrésistible ascension du général Prabowo, soupçonné de toutes les manipulations et accusé de tous les «coups tordus», avait provoqué le soulagement de ceux qui, à Djakarta, redoutaient une aventure militaire. Marié à Titiek, la deuxième fille du président Suharto et très prospère femme d’affaires, Prabowo Subianto, 47 ans, issu d’une grande famille javanaise contrainte à l’exil sous le président Soekarno, avait eu la carrière la plus rapide de l’histoire de l’armée indonésienne, gagnant trois étoiles en à peine deux ans. Sa formation militaire était impeccable, même si une petite affaire disciplinaire lui avait fait redoubler une année dans sa promotion à l’école militaire. Le général Wiranto, ministre de la Défense et commandant en chef des forces armées, avait déclaré en annonçant le transfert du général Prabowo, à la tête du Kostrad, depuis moins de deux mois, qu’il «n’avait jamais eu l’expérience d’un établissement d’enseignement et que cela manquait à sa carrière». Cachant mal une profonde satisfaction et un soulagement certain, un diplomate avait alors déclaré que «le général Prabowo cesse d’être un facteur politique que nous avons encore à prendre en compte». Un autre chef de mission diplomatique occidental avait pour sa part estimé que «le général Prabowo était la dernière cartouche du régime Suharto et elle a fait long feu». Cependant, un attaché militaire d’un pays occidental a indiqué, mentionnant toutes les rumeurs qui ont entouré ces derniers jours les agissements prêtés au général Prabowo, qu’il «ne sera véritablement inoffensif que rayé des cadres de l’armée ou loin de l’Indonésie». Les enquêtes ouvertes sur les événements de ces dernières semaines impliqueraient le général Prabowo dans les récentes disparitions d’opposants politiques ainsi que dans la fusillade de l’université Trisatki qui a fait six morts la semaine dernière. Depuis ces derniers mois, il avait aussi entrepris de cultiver ses liens avec les milieux musulmans et notamment avec Amien Rais qui a d’ailleurs confirmé le rencontrer régulièrement. Doté de toutes les qualifications de combat, «Bowo», comme il est connu de ses proches, a suivi les entraînements des forces spéciales américaines de Fort Bragg (Caroline du Nord) et l’Ecole supérieure d’infanterie de Fort Benning (Georgia). Il a également étudié les méthodes d’actions du GSG9 (les forces d’élite allemandes) et sans doute aussi des SAS britanniques. Si depuis la fin de l’année dernière, la communauté de défense internationale commençait à prendre ses distances avec ce brillant officier, parlant parfaitement l’anglais, mais connu pour son goût des solutions brutales, elle l’avait auparavant longtemps courtisé et adulé. Soldat d’élite, estimé par la corporation militaire, il détenait aussi la clé d’importantes commandes de matériel militaire, ce qui en faisait une relation choyée. Et obligée. (AFP)
Le général Prabowo Subianto, commandant des forces stratégiques indonésiennes jusqu’au lendemain de la démission de son beau-père, le président Suharto, a pris jeudi officiellement ses nouvelles fonctions à la tête d’une école militaire dans l’Ouest de Java. Un porte-parole militaire a confirmé que la passation de pouvoirs avait eu lieu en début de matinée au quartier général, dans la banlieue de Djakarta. «La cérémonie a été brève», a simplement indiqué le porte-parole qui n’a pas été en mesure de préciser pourquoi elle avait eu lieu au QG et non, comme l’aurait voulu la tradition, à l’école dont il prend le commandement, à Bandung, 200 kilomètres au sud-est de la capitale. Le général Prabowo avait été relevé de son commandement à la tête des quelque 20.000 hommes du «Kostrad» vendredi...