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Actualités - Chronologie

Le nord de l'Albanie coupé du Kosovo

Le nord de l’Albanie est désormais coupé du Kosovo (sud de la Serbie) après la fermeture de la frontière à Morina, près de Kukës, une mesure prise par la Yougoslavie qui a mis fin à un commerce dont vivaient plusieurs milliers d’Albanais des deux côtés de la frontière. «La fermeture de la frontière est une catastrophe économique pour notre ville de 25.000 habitants. Le petit commerce avec Prizren (ville du Kosovo à une trentaine de kilomètres de là) est la principale activité économique de la région, pour ne pas dire la seule», a indiqué le maire de Kukës, Safet Sula. Fermé par les autorités yougoslaves le 21 mai, Morina était le seul poste frontière par lequel les Albanais étaient autorisés à entrer en Yougoslavie. Tous les autres points frontaliers entre les deux pays leur sont interdits depuis l’insurrection de mars 1997 en Albanie. «Tous les jours, entre 150 et 200 personnes se rendaient de Kukës à Prizren, à pied ou en voiture, pour vendre de la quincaillerie, des vêtements et du poisson et en ramener de la farine, de l’huile et des œufs. Toute la région vit de ce commerce qui portait sur près de 10.000 dollars par jour», selon un responsable de la police de Morina qui a requis l’anonymat. Sept heures de trajet Au marché de Kukës, le prix de plusieurs produits de base a augmenté de 30% à la suite de la fermeture du poste de Morina et de l’incertitude qui règne quant à la date de sa réouverture. La région de Kukës, qui compte 30.000 habitants, est la plus pauvre d’Albanie, avec près de 70% de la population active au chômage. L’activité économique y est des plus réduites: un peu d’agriculture et d’abattage du bois. La plupart des mines de chrome et de charbon sont à l’abandon et seuls 300 ouvriers sont employés dans l’usine métallurgique de Kallimash. «Il nous est plus facile de faire du commerce avec Prizren qu’avec Tirana ou d’autres villes du centre de l’Albanie qui nous sont moins accessibles. Les produits venant de Prizren sont d’ailleurs 20% moins chers que ceux qui nous arrivent de Tirana», souligne M. Sula. Kukës se trouve seulement à 220 kilomètres au nord-est de Tirana, mais le trajet dure au moins sept heures, sur une route de montagne difficile, parsemée de trous béants. Les voitures ne circulent pas la nuit dans cette région déshéritée où l’on préfère rouler en convoi dans la journée en raison de fréquentes attaques de bandits armés qui rançonnent les voyageurs. La fermeture prolongée de la frontière devrait relancer le trafic clandestin qui existe depuis des années entre les deux pays. Pendant les années de guerre en Bosnie et en Croatie, alors que la Yougoslavie était soumise à un embargo commercial et pétrolier par l’ONU, les habitants de la région de Kukës faisaient passer au Kosovo de l’essence et des produits alimentaires. De nombreux liens de famille existent de part et d’autre de la frontière et la population de la région de Kukës se sent très proche et solidaire des Albanais du Kosovo. La frontière entre l’Albanie et la Yougoslavie est difficile à contrôler dans cette région, souvent très boisée, où les montagnes culminent à 2.000 m. Selon les autorités yougoslaves, un important trafic d’armes s’est développé dans la région pour alimenter les groupes indépendantistes de l’«Armée de libération du Kosovo». Les troubles au Kosovo, où les Albanais de souche réclament l’indépendance, ont fait plus de 210 morts depuis fin février. (AFP)
Le nord de l’Albanie est désormais coupé du Kosovo (sud de la Serbie) après la fermeture de la frontière à Morina, près de Kukës, une mesure prise par la Yougoslavie qui a mis fin à un commerce dont vivaient plusieurs milliers d’Albanais des deux côtés de la frontière. «La fermeture de la frontière est une catastrophe économique pour notre ville de 25.000 habitants. Le petit commerce avec Prizren (ville du Kosovo à une trentaine de kilomètres de là) est la principale activité économique de la région, pour ne pas dire la seule», a indiqué le maire de Kukës, Safet Sula. Fermé par les autorités yougoslaves le 21 mai, Morina était le seul poste frontière par lequel les Albanais étaient autorisés à entrer en Yougoslavie. Tous les autres points frontaliers entre les deux pays leur sont interdits depuis...