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Actualités - Chronologie

La Russie joue son va-tout pour empêcher une dévaluation du rouble

La Russie a dû tripler ses taux d’intérêt pour empêcher une dévaluation du rouble, après une nouvelle journée noire sur les marchés désertés par les investisseurs étrangers qui redoutent un effondrement de l’économie russe, entraînée dans la crise asiatique. La Banque centrale russe a annoncé avoir multiplié par trois avec effet immédiat ses principaux taux d’intérêt, portés de 50 à 150%, pour éviter une dévaluation du rouble, sous forte pression depuis le début du mois de mai. Après les années d’hyperinflation qui ont suivi l’effondrement de l’URSS, la stabilité du rouble et la maîtrise de l’inflation sont les principales réussites du gouvernement russe. Le premier ministre Sergueï Kirienko a exclu une dévaluation malgré la pression des marchés. «Ni au gouvernement ni à la Banque centrale ni au ministère des Finances, il n’est envisagé de dévaluer le rouble», a-t-il déclaré. Le Kremlin a annoncé que le président Boris Eltsine devait rencontrer jeudi M. Kirienko et les principaux ministres chargés de l’Economie et des Finances pour discuter de la crise. Les taux d’intérêt russes (taux de refinancement et taux Lombard) avaient déjà été remontés à 50% le 19 mai. Mais le répit avait été de courte durée et les investisseurs avaient continué à se désengager de la Russie, mettant la pression sur le rouble. Le cours du rouble s’est légèrement redressé vis-à-vis du dollar après l’annonce du relèvement des taux d’intérêt, passant de 6,201/6,203 à 6,182/6,185. Le relèvement des taux d’intérêt a été annoncé par la Banque centrale après une chute brutale de 12% des actions russes qui ont terminé la journée sur une baisse de 10,5%. La bourse a perdu environ 55% depuis le début de l’année. Sur des marchés russes très nerveux depuis la crise en Asie, ce nouveau plongeon a été en grande partie déclenché par l’absence de candidat pour le rachat de la compagnie pétrolière Rosneft en raison d’un prix jugé trop élevé (2,1 milliards de dollars), ce qui va obliger le gouvernement qui comptait sur cette vente pour renflouer ses finances, à rabaisser ses exigences. Les investisseurs craignent que le gouvernement ne soit pas en mesure de remplir ses objectifs budgétaires et d’honorer le service de sa dette qui représente déjà 30% de ses dépenses budgétaires en 1998. Ils sont également dans l’attente du déblocage par le Fonds monétaire international (FMI) d’une nouvelle tranche de 700 millions de dollars gelée depuis le début de l’année. «C’est la panique absolue. Tout le monde vend ce qu’il a pour avoir des dollars parce qu’on pense que la dévaluation est sur le point de se produire», a commenté Alasdair Breach, du centre de politique économique russo-européen. «Avec cette augmentation du taux de refinancement, le gouvernement veut montrer qu’il veut lutter à tout prix contre la dévaluation du rouble. Pour l’instant, la Banque centrale garde encore les réserves nécessaires pour ne pas perdre le contrôle de la situation», a estimé Veniamin Simonov, un analyste du marché interbancaire des devises. Le relèvement des taux d’intérêt n’est cependant qu’une mesure d’urgence valable à court terme et plusieurs analystes estiment qu’un plan de sauvetage de l’économie russe doit être mis en œuvre pour empêcher l’effondrement du rouble et des marchés. «Ce que nous attendons, c’est une décision du FMI ou du G7 (les pays les plus industrialisés) pour calmer la situation», a déclaré Gary Kinsey, un courtier de la société Brunswick Warburg. Il faut remonter au 1er décembre 1995, avant les législatives qui avaient vu la victoire des communistes, pour trouver des taux d’intérêt aussi élevés. Le taux de refinancement, celui auquel se refinancent les banques auprès de la Banque centrale, avait alors été porté à 160%. Le relèvement des taux d’intérêt avait également pour objectif de calmer la nervosité sur le marché des obligations d’Etat où les rendements se sont envolés pour atteindre 80%. (AFP)
La Russie a dû tripler ses taux d’intérêt pour empêcher une dévaluation du rouble, après une nouvelle journée noire sur les marchés désertés par les investisseurs étrangers qui redoutent un effondrement de l’économie russe, entraînée dans la crise asiatique. La Banque centrale russe a annoncé avoir multiplié par trois avec effet immédiat ses principaux taux d’intérêt, portés de 50 à 150%, pour éviter une dévaluation du rouble, sous forte pression depuis le début du mois de mai. Après les années d’hyperinflation qui ont suivi l’effondrement de l’URSS, la stabilité du rouble et la maîtrise de l’inflation sont les principales réussites du gouvernement russe. Le premier ministre Sergueï Kirienko a exclu une dévaluation malgré la pression des marchés. «Ni au gouvernement ni à la Banque...