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Actualités - Chronologie

Le sphinx lève le voile après dix ans de lifting (photo)

Un immense voile blanc frappé d’étoiles dorées, rappelant les voûtes célestes représentées dans les tombes de l’Ancienne Egypte, glissera aujourd’hui des épaules du Sphinx pour dévoiler sa splendeur retrouvée après un lifting de près de dix ans qui a coûté plus de deux millions de dollars. Le Sphinx restauré, qui monte la garde devant les Pyramides de Guizeh au sud-ouest du Caire, sera fêté par une cérémonie grandiose rassemblant le président égyptien Hosni Moubarak et Federico Mayor, le directeur général de l’UNESCO, organisation qui a supervisé les travaux. Les échafaudages emprisonnant la mystérieuse statue à corps de lion et tête d’homme — celle du roi Khephren — ont été retirés fin 1997. Considéré comme «le plus ancien malade du monde», le Sphinx a été taillé voilà 4.500 ans dans une pierre fragile. Des fissures sont très vite apparues, nécessitant des restaurations dès l’antiquité. Une stèle qui repose toujours entre ses pattes relate ainsi le rêve du roi Touthmosis IV, auquel le Sphinx ordonna de le délivrer des sables. Durant notre siècle, l’état d’Abou al-Hol (le «Père la Terreur», comme l’appellent les Egyptiens) s’est dégradé avec la pollution atmosphérique et l’élévation de la nappe phréatique. Des quartiers-champignons construits par les vendeurs de souvenirs ont illégalement poussé tout autour. Dans les années 40-50, puis entre 1982 et 1987, il a subi plusieurs restaurations, chaque fois présentées comme usant des «méthodes les plus adaptées». Elles se sont toutes révélées malencontreuses. En 1988, une chute de pierres, notamment un bloc de l’épaule droite, souleva l’indignation et la presse réclama que le colosse cesse d’être un «cobaye pour restaurateurs amateurs». L’erreur la plus grave avait été l’usage de ciment additionné de plâtre, qui absorbe l’eau et l’humidité et rend la pierre poreuse. Après six mois d’études en 1989 par l’Institut américain Paul Getty, les travaux débutent en 1990. Cette fois, seul du calcaire — comme la roche d’origine — sera utilisé. Le visage, surmonté du cobra protecteur, n’a pas été touché. Le Sphinx n’a certes pas retrouvé son nez, détruit par des tirs de canon mamelouks au XVIIe siècle, ni sa barbe dont une partie tombée dans le sable avait été volée au XIXe siècle par un amateur européen et qui se trouve au British Museum de Londres. Les responsables s’enorgueillissent que les travaux aient été intégralement effectués par des Egyptiens. Le chantier a coûté au total 7,7 millions de livres égyptiennes (2,3 millions de dollars) au pays, à raison de 80.000 livres par mois (23.500 dollars). Ce coût aurait pu être multiplié par plus de six «si les travaux avaient été exécutés par des institutions et missions étrangères», affirme le directeur des Antiquités du plateau de Guizeh, M. Zahi Hawwas, cité par la presse. La cérémonie commencera par une composition musicale de Vangelis durant laquelle 25 figurants habillés en soldats de l’Egypte ancienne ôteront du Sphinx un voile constellé d’étoiles. Posté entre ses pattes, un acteur personnifiant Touthmosis IV relatera l’événement. «L’éclairage jouera le rôle principal et guidera l’œil du spectateur d’abord vers la levée du voile, puis vers la statue et ensuite vers les trois Pyramides à l’arrière-plan», explique dans la presse le metteur en scène de la soirée, M. Walid Aouni. «La parole sera ensuite donnée au Sphinx pour qu’il se présente au public moderne d’une voix puissante», ajoute-t-il. La présentation se fera en trois langues — arabe, français, anglais — à raison de six minutes pour chacune d’elles. (AFP)
Un immense voile blanc frappé d’étoiles dorées, rappelant les voûtes célestes représentées dans les tombes de l’Ancienne Egypte, glissera aujourd’hui des épaules du Sphinx pour dévoiler sa splendeur retrouvée après un lifting de près de dix ans qui a coûté plus de deux millions de dollars. Le Sphinx restauré, qui monte la garde devant les Pyramides de Guizeh au sud-ouest du Caire, sera fêté par une cérémonie grandiose rassemblant le président égyptien Hosni Moubarak et Federico Mayor, le directeur général de l’UNESCO, organisation qui a supervisé les travaux. Les échafaudages emprisonnant la mystérieuse statue à corps de lion et tête d’homme — celle du roi Khephren — ont été retirés fin 1997. Considéré comme «le plus ancien malade du monde», le Sphinx a été taillé voilà 4.500 ans dans...