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Actualités - Chronologie

Le FMI veut sonder les intentions de l'équipe de l'après-Suharto

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) est attendue en début de semaine à Jakarta pour étudier la reprise des discussions sur des prêts cruciaux à l’Indonésie, après l’arrivée au pouvoir du président Jusuf Habibie, successeur de M. Suharto. Cette mission, conduite par le directeur du FMI pour l’Asie-Pacifique Hubert Neiss, viendra à Jakarta pour sonder la volonté de la nouvelle administration de mettre en place les réformes radicales exigées par le FMI. Mais ces discussions interviendront alors que des incertitudes pèsent sur la longévité du nouveau gouvernement et que M. Habibie lui-même, connu pour ses théories économiques excentriques et son goût des projets mirifiques, ne dispose guère du soutien de la communauté d’affaires internationale. Le FMI devait approuver le déblocage d’une nouvelle tranche d’un milliard de dollars à Jakarta le 4 juin, mais les violences et l’instabilité en Indonésie avaient poussé le Fonds à annuler une visite de ses experts la semaine dernière. Cette tranche fait partie du plan de sauvetage de 40 milliards de dollars mis en place par les donneurs multilatéraux et bilatéraux pour sortir du gouffre une économie sinistrée. Le directeur du FMI Michel Camdessus a refusé de dire quand les fonds seraient débloqués et des responsables du Trésor américain ont été aussi peu bavards, dans l’attente des conclusions de la mission du FMI à Jakarta. «Je pense qu’ils veulent vraiment aider, mais en raison de l’accession au pouvoir de M. Habibie et la façon dont il a fait paniquer les marchés en janvier, ils restent sur la défensive», a estimé un diplomate asiatique. La roupie avait plongé après l’annonce en janvier que le président Suharto souhaitait que M. Habibie devienne son vice-président. M. Habibie avait également stupéfié les économistes l’an dernier en affirmant, à l’encontre de toutes les théories en vigueur, que des taux d’intérêt élevés étaient inflationnistes. «Il n’y a plus beaucoup d’argent ici, mais on ne peut plus ignorer les besoins, notamment sociaux, d’un pays de 200 millions d’habitants qui a montré qu’il pouvait être violent», a-t-il ajouté. M. Habibie a gardé dans son cabinet l’interlocuteur du FMI, Ginanjar Kartasasmita, à la tête d’un super-ministère de l’Economie, mais celui-ci n’a guère été rassurant sur les perspectives de stabilité en déclarant dès l’intronisation des nouveaux ministres qu’il fallait des élections en vue d’un nouveau gouvernement. «J’ai été surpris de ce qu’a dit M. Ginanjar», a déclaré le diplomate, «en fait il a dit que ce type (M. Habibie) ne pouvait pas durer». Pour Fong Cheng Hong, vice-président du Nomura Research Institute à Singapour, «le scepticisme est de mise parce qu’on ignore combien de temps Habibie restera en place». S’il respecte les engagements de Jakarta au FMI, M. Habibie devra démanteler les monopoles et cartels liés à la famille et aux proches de M. Suharto, restructurer le secteur bancaire, et stabiliser la roupie qui a perdu 80% de sa valeur depuis le début de la crise en juillet dernier. M. Ginanjar a indiqué que les discussions sur le rééchelonnement de 67 milliards de dollars de la dette du secteur privé auprès des banques étrangères doivent reprendre à Francfort au début juin, au lieu du 27 mai comme prévu au départ. (AFP)
Une mission du Fonds monétaire international (FMI) est attendue en début de semaine à Jakarta pour étudier la reprise des discussions sur des prêts cruciaux à l’Indonésie, après l’arrivée au pouvoir du président Jusuf Habibie, successeur de M. Suharto. Cette mission, conduite par le directeur du FMI pour l’Asie-Pacifique Hubert Neiss, viendra à Jakarta pour sonder la volonté de la nouvelle administration de mettre en place les réformes radicales exigées par le FMI. Mais ces discussions interviendront alors que des incertitudes pèsent sur la longévité du nouveau gouvernement et que M. Habibie lui-même, connu pour ses théories économiques excentriques et son goût des projets mirifiques, ne dispose guère du soutien de la communauté d’affaires internationale. Le FMI devait approuver le déblocage d’une...