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Actualités - Chronologie

Les Etats-Unis ont entrepris de se rapprocher à petits pas de l'Iran

Les Etats-Unis ont accueilli avec intérêt les ouvertures du président iranien Mohammed Khatami mais insistent toujours, un an après son élection, pour que l’Iran apporte la preuve d’un changement de politique avant de normaliser les relations. L’administration Clinton reproche toujours à Téhéran de soutenir le terrorisme, de chercher à acquérir des armes nucléaires et balistiques et de s’efforcer de faire capoter le processus de paix au Proche-Orient. Témoignant vendredi dernier devant une commission du Congrès, le secrétaire d’Etat adjoint pour le Proche-Orient, Martin Indyk, a mis en garde contre «la menace pour la stabilité du Proche-Orient que représente la poursuite des efforts de l’Iran pour produire des missiles balistiques à longue portée». Dans son rapport sur les activités terroristes en 1997, publié fin avril, le département d’Etat place toujours l’Iran en tête de son palmarès, notamment pour ses liens avec le Hezbollah au Sud-Liban et le mouvement palestinien Hamas, responsables de nombreuses attaques anti-israéliennes. Le gouvernement américain se targue cependant d’avoir obtenu des assurances de la Russie, de la Chine et de l’Union européenne qu’ils allaient limiter leurs transferts de technologie dangereuse vers l’Iran. Il en a tiré argument pour ne pas sanctionner le consortium franco-russo-malaisien, mené par le groupe français Total, qui avait signé en septembre 1997 un important contrat gazier avec l’Iran. Et même Martin Indyk, ardent défenseur de la politique américaine dite de «double endiguement» envers l’Irak et l’Iran, reconnaît que «la perspective d’un changement existe» depuis l’élection de M. Khatami. Il crédite aussi celui-ci d’un «changement de ton» sur le processus de paix et le terrorisme. Il souligne que le nouveau gouvernement iranien «a fait un effort pour améliorer ses relations avec ses voisins du Golfe», réduisant son soutien «au terrorisme et à la subversion» dans ces pays, une allusion implicite aux mouvements chiites d’opposition. Pressions contradictoires Mais il fait valoir que M. Khatami est en lutte avec les éléments les plus conservateurs du régime iranien et que ceux-ci contrôlent l’armée, la police, les services de renseignement et les Gardiens de la révolution. Dans ce contexte, la prudence s’impose, à la fois parce que la libéralisation en Iran reste fragile et parce qu’une normalisation trop rapide risquerait en fait de gêner Khatami et ses partisans. De plus, l’administration Clinton est prise entre des pressions contradictoires. Le Congrès républicain lui a imposé la création d’une radio de propagande antigouvernementale émettant vers l’Iran en farsi. Les monarchies du Golfe, les Européens et les milieux d’affaires américains, exclus du marché iranien, poussent par contre au rapprochement avec Téhéran. Le gouvernement américain doit désormais se montrer «plus subtil», estime Michael Eisenstadt, un expert du Washington Institute for Near East Policy, qui recommande des «petits pas concrets pour réduire la tension» entre les deux pays. Les Etats-Unis s’efforcent ainsi de simplifier l’obtention de visas américains pour les Iraniens participant à des échanges culturels ou sportifs. Les deux pays n’ont plus de relations diplomatiques depuis la prise d’otages à l’ambassade américaine à Téhéran en 1979. Mais le premier essai a été un désastre. Dix-huit lutteurs iraniens invités en avril pour une compétition à Chicago ont subi des tracasseries des services américains de l’immigration. Pour la première fois, le département d’Etat a autorisé le mois dernier l’ambassadeur iranien à l’ONU, Hadi Neja Hosseinian, à se rendre à une conférence en Californie, alors que les déplacements des diplomates iraniens aux Etats-Unis sont limités à un rayon d’une quarantaine de kilomètres autour de New York. «C’est une valse hésitation faite de gestes réciproques», résume Robert Pelletreau, le prédécesseur de Martin Indyk. (AFP)
Les Etats-Unis ont accueilli avec intérêt les ouvertures du président iranien Mohammed Khatami mais insistent toujours, un an après son élection, pour que l’Iran apporte la preuve d’un changement de politique avant de normaliser les relations. L’administration Clinton reproche toujours à Téhéran de soutenir le terrorisme, de chercher à acquérir des armes nucléaires et balistiques et de s’efforcer de faire capoter le processus de paix au Proche-Orient. Témoignant vendredi dernier devant une commission du Congrès, le secrétaire d’Etat adjoint pour le Proche-Orient, Martin Indyk, a mis en garde contre «la menace pour la stabilité du Proche-Orient que représente la poursuite des efforts de l’Iran pour produire des missiles balistiques à longue portée». Dans son rapport sur les activités terroristes en 1997,...