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Actualités - Chronologie

Un film japonais innocente Tojo

Un film qui sort bientôt sur les écrans au Japon à tous les ingrédients pour faire scandale en Asie et ailleurs: il innocente le général Hideki Tojo, pendu en 1948 pour crimes contre l’humanité, et met en doute l’existence de massacres commis par l’armée japonaise en Chine. «Fierté, un instant dans une vie», un long métrage de 2 heures 41 tourné par les studios Toei, s’applique à discréditer le procès de Tokyo organisé par les Alliés après la guerre, affirmant qu’il a été de bout en bout injuste, étant mené par des vainqueurs contre des vaincus. Le film, présenté en avant-première à la presse à Tokyo, montre le général Tojo, premier ministre du Japon en guerre de 1941 à 1944, sous un jour très favorable. Tojo, joué par l’acteur Masahiko Tsugawa, aurait été un homme courageux, sensible, clairvoyant, intelligent, affectueux, proche de ses enfants et petits-enfants, dévoué à son pays et surtout à l’empereur Hirohito. L’agression japonaise en Chine et dans d’autres pays asiatiques de 1931 à 1945 est délibérément présentée comme la volonté du Japon non pas d’envahir ces pays mais de libérer l’Asie du joug du colonialisme occidental. A l’appui de cette thèse, le film du metteur en scène Toshiya Ito dresse un parallèle constant avec la lutte pour l’indépendance menée en Inde. Il fait longuement parler l’Indien Radhabinod Pal qui fut l’un des onze juges du procès de Tokyo et le seul à s’opposer à la condamnation à mort de sept dirigeants japonais dont Hideki Tojo. «La vérité doit remplacer le mensonge», dit le juge indien au terme de ce procès, équivalent en Asie du procès de Nuremberg. Dans le film, l’existence même du massacre de Nankin, le 13 décembre 1937, après l’entrée des troupes japonaises dans l’ancienne capitale chinoise du général Tchiang Kai-shek, est implicitement mais clairement niée. «Comment pourriez-vous croire que l’armée de l’empereur ait pu tuer sans discrimination des enfants et des femmes?», s’exclame avec force Tojo devant ses juges. Colère à Pékin Or, loin d’apporter une répartie à ce démenti, les témoignages à charge dans ce film sont hésitants, fragmentaires et peu convaincants, donnant crédit à la thèse soutenue par une partie de la droite nationaliste japonaise selon laquelle ce massacre n’a jamais existé. Plus de 140.000 Chinois, civils et militaires, furent passés par les armes, souvent décapités au sabre à Nankin, selon les chiffres avancés pendant le procès de Tokyo. L’armée japonaise s’était pendant plusieurs semaines livrée à une orgie de meurtres, viols et destructions. La Chine avance le chiffre de 300.000 morts. Avant même la sortie du film le 23 mai, la Chine a déjà réagi avec colère. «Hideki Tojo était le premier des criminels de la guerre d’agression. Nous éprouvons un choc et de l’indignation quant au fait que des gens au Japon aient produit un tel film», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Zhu Bangzao. Dans une brochure, les studios Toei expliquent que le film «voit Hideki Tojo non comme un symbole de mal mais comme un être humain». «Ce film réexamine l’histoire du Japon, de même que la fierté du peuple japonais», est-il dit. Interrogés, les studios Toei ont expliqué que l’idée du film est venue de M. Isao Nakamura. Ce dernier, selon la presse japonaise, serait le fondateur d’un groupuscule nationaliste hostile à l’inclusion dans les manuels scolaires japonais de la question des «femmes de réconfort», ces dizaines de milliers de femmes asiatiques recrutées de force par l’armée japonaise comme prostituées. Selon ces journaux, l’entreprise de construction de M. Nakamura aurait payé 80% du coût du film, soit 1,5 milliard de yens (11,2 millions de dollars). (AFP)
Un film qui sort bientôt sur les écrans au Japon à tous les ingrédients pour faire scandale en Asie et ailleurs: il innocente le général Hideki Tojo, pendu en 1948 pour crimes contre l’humanité, et met en doute l’existence de massacres commis par l’armée japonaise en Chine. «Fierté, un instant dans une vie», un long métrage de 2 heures 41 tourné par les studios Toei, s’applique à discréditer le procès de Tokyo organisé par les Alliés après la guerre, affirmant qu’il a été de bout en bout injuste, étant mené par des vainqueurs contre des vaincus. Le film, présenté en avant-première à la presse à Tokyo, montre le général Tojo, premier ministre du Japon en guerre de 1941 à 1944, sous un jour très favorable. Tojo, joué par l’acteur Masahiko Tsugawa, aurait été un homme courageux, sensible,...