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Actualités - Biographies

Le père de la pancasila

Le président Suharto, 76 ans, était depuis trente-deux ans le maître incontesté de l’Indonésie, fragile mosaïque de quelque 17.500 îles qu’il avait engagées sur la voie du développement économique. Cet homme au visage paisible et souriant affirmait être dépourvu d’ambitions politiques, mais il a fini par prendre goût au pouvoir et était jusqu’à jeudi le plus ancien chef d’Etat en exercice du continent asiatique après le roi Bhumibol de Thaïlande. Le «père du développement», conformément au titre qu’il s’est donné, est aussi un fin tacticien, brandissant le spectre du communisme ou celui de l’intégrisme islamique pour s’assurer l’appui de la communauté internationale, en particulier celui des Etats-Unis. Militaire de formation, il est quasiment inconnu jusqu’à sa sanglante répression (au moins 500.000 morts) du coup d’Etat du 30 septembre 1965, attribué aux communistes pro-chinois. Né le 8 juin 1921 dans une famille paysanne de Kemusu, village des environs de Jogjakarta (centre de l’île principale de Java), Haji Mohamed Suharto est musulman comme près de 90% de ses compatriotes. Sergent Après une formation militaire, il devient sergent dans l’armée coloniale hollandaise en 1941 puis sert dans le Peta, l’armée de supplétifs formée par les Japonais qui occupent alors l’Indonésie. Il s’engage ensuite dans la jeune armée nationaliste qui, jusqu’à l’indépendance en décembre 1949, luttera contre les troupes néerlandaises. Lieutenant-colonel en 1947, il gravit rapidement les échelons devenant général de brigade en 1960 puis général de division en 1962. Son ascension rapide est alors favorisée par les Etats-Unis et des groupes d’intellectuels déçus par la «démocratie dirigée» du président Soekarno, premier président de l’Indonésie indépendante. Après l’écrasement du coup d’Etat du 30 septembre 1965, date à laquelle il est appelé par Soekarno pour rétablir l’ordre, il devient chef des armées et profite de ce poste-clé pour évincer en quelques mois un Soekarno alors malade. Le 11 mars 1966, il a les pleins pouvoirs et forme le «gouvernement de l’ordre nouveau» avant de devenir, en mars 1967, président par intérim. En 1968, il s’installe définitivement à la tête de l’Etat en étant élu président de la République par le Parlement, dont il désigne lui-même les membres. Il a été réélu en mars dernier pour un septième mandat de cinq ans. Souvent qualifié de dictateur, Suharto a imposé une idéologie d’Etat, baptisée «pancasila», qui limite la vie politique à trois partis. Régulièrement dénoncé par les associations de lutte pour les droits de l’homme, il a été en particulier critiqué pour son attitude au Timor oriental (ex-colonie portugaise annexée par l’Indonésie en 1976). Marié et père de six enfants, il a perdu son épouse le 28 avril 1996. Il est accusé d’avoir enrichi sa famille. Avec trois de ses six enfants, il contrôlerait une fortune évaluée entre 30 et 40 milliards de dollars. (AFP)
Le président Suharto, 76 ans, était depuis trente-deux ans le maître incontesté de l’Indonésie, fragile mosaïque de quelque 17.500 îles qu’il avait engagées sur la voie du développement économique. Cet homme au visage paisible et souriant affirmait être dépourvu d’ambitions politiques, mais il a fini par prendre goût au pouvoir et était jusqu’à jeudi le plus ancien chef d’Etat en exercice du continent asiatique après le roi Bhumibol de Thaïlande. Le «père du développement», conformément au titre qu’il s’est donné, est aussi un fin tacticien, brandissant le spectre du communisme ou celui de l’intégrisme islamique pour s’assurer l’appui de la communauté internationale, en particulier celui des Etats-Unis. Militaire de formation, il est quasiment inconnu jusqu’à sa sanglante répression (au...