La côte du Sinaï sur la mer Rouge bourdonne de chantiers touristiques pour bâtir une Riviera dans laquelle l’Egypte compte investir seule quatre milliards de dollars après avoir abandonné l’idée d’un projet commun avec Israël et la Jordanie. «Des dizaines de projets sur les dix années à venir créeront 20.000 chambres d’hôtels dans la région de Taba et Noueiba» (nord du Sinaï), a expliqué M. Adel Radi, directeur de l’Organisation étatique pour le développement du tourisme, à l’occasion d’une conférence sur la «Riviera du Sinaï» qui s’est tenue récemment au Caire. «Ces projets créeront 60.000 emplois directs ou indirects», a-t-il affirmé. Des investisseurs présents à cette conférence ont indiqué espérer attirer les touristes arabes et européens dans cette région, contrairement aux stations balnéaires concurrentes et toutes proches d’Eilat, en Israël, et Aqaba, en Jordanie, où les visiteurs sont en majorité Israéliens. Selon le ministère du Tourisme, 409.000 touristes ont visité Taba en 1997 dont 270.000 Israéliens. Ce projet de «Riviera du Sinaï» avait été lancé à la première conférence économique israélo-arabe à Casablanca (Maroc) en 1994, un an après les accords de paix entre Israël et l’OLP. Il s’agissait de relier Taba — resté sous contrôle israélien jusqu’en 1988, longtemps après la restitution du reste du Sinaï —, Eilat et Aqaba par une autoroute de 85 km, avec la construction de quelque 35 projets touristiques, afin de favoriser le tourisme régional. Mais le marasme du processus de paix ainsi que des considérations financières et de sécurité, ont amené l’Egypte à annoncer en septembre 1996 qu’elle développerait seule sa Riviera. Taba Heights... Quelque 77 investisseurs égyptiens construisent aujourd’hui une trentaine de projets touristiques le long des 65 km de côtes paradisiaques situées entre Taba et Noueiba, bordées d’un côté par de rudes montagnes ocres et de l’autre par une mer riche en coraux et en poissons de toutes les couleurs. L’un de ces projets, intitulé «Taba Heights» et dont le coût prévu est de 1 md USD, comportera 1.100 chambres d’hôtels ainsi que des villas, un port de plaisance, des parcours de golf, des boutiques et un centre de sports et loisirs. La première phase doit être terminée en 1999. «Dans dix ans, toute la région ressemblera à la Riviera française, avec des services de même niveau», assure Alain Besançon, un Français employé comme coordonnateur pour le projet de Taba Heights. En échange d’un prix dérisoire pour l’achat de la terre — souvent un dollar par m2 — les investisseurs se sont engagés à construire l’infrastructure nécessaire pour leurs projets, par exemple en matière d’eau, d’électricité et d’égouts, explique-t-il. Parmi les autres projets en cours, le gouvernement construit un «Taba-développement touristique» pour un coût non publié tandis qu’un groupe d’investisseurs privés a mis 300 millions de dollars dans «Taba Golden Coast», un autre centre de 5.000 chambres. Plusieurs centres de vacances plus petits sortent également de terre. La plupart comptent ouvrir leurs portes au début du siècle prochain. L’Organisation pour le développement touristique insiste sur les mesures strictes qui seront prises pour garantir la protection de la nature dans cette région à l’environnement fragile, afin de ne pas répéter les erreurs commises par le passé. (AFP)
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