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Actualités - Chronologie

"La pomme" A croquer ...

Cannes est le festival des extrêmes à tous points de vue. Il accueille cette année le vétéran des cinéastes, le Portugais Manoel de Oliveira (90 ans) et la Benjamine de tous les cinéastes invités sur la Croisette, l’Iranienne Samira Makhmalbaf (18 ans). Aux robes courtes ou transparentes et aux poitrines dénudées, cette très jeune cinéaste oppose la rigueur du foulard et de la longue tunique noire serrée à la taille. Son premier long métrage, «La pomme» (Sib) a été présenté à Cannes dans la section «Un certain regard». L’histoire de «La pomme» s’inspire d’un fait divers réel survenu dans un quartier pauvre de Téhéran. Un père arriéré tenait en réclusion ses deux filles depuis leur naissance, avec l’assentiment apparent de leur mère aveugle, craignant pour elles la «rigueur du soleil» et la fougue des autres mâles. L’intervention d’une assistance sociale amène leur libération. C’est peu de temps après avoir pris connaissance du fait divers que Samira Makhmalbaf décide de prendre une caméra et de suivre les premiers pas hésitants des deux gamines à la lumière du jour et leur véritable découverte du monde. Samira est la fille de Mohsen Makhmalbaf, un réalisateur iranien internationalement reconnu, à l’exemple d’un Abbas Kiarostami. Il a notamment présenté à Cannes «Salam Cinema» en 1995 et l’année suivante «Gabbeh». Samira, pour sa part, a fréquenté une école de cinéma privée de 1994 à 1997 et a à son actif deux courts métrages. «La pomme» avait fait l’objet d’une projection à Paris avant le festival de Cannes. Gérard Depardieu avait présenté le film en compagnie du producteur Marin Karmitz. Le scénario de «La pomme» a été écrit par Mohsen lui-même. «Le scénario s’est construit durant le tournage et en fait, le scénario dans son entier a été rédigé après le montage du film», a déclaré Samira Makhmalbaf. Ce long métrage présente donc un aspect hybride, tenant à la fois du documentaire et de la fiction. Symbole de la vie «Je suis heureuse que des gens de tous pays puissent voir mon film et peut-être le comprennent; ce n’est pas un film qui porte ou concerne seulement l’Iran», a dit la cinéaste. A sa connaissance, il existe cinq autres femmes cinéastes en Iran, qui réalisent aussi bien des documentaires que des fictions. A la question de savoir si les autorités iraniennes avaient émis la moindre objection, Samira a répondu: «La chose la plus importante fut peut-être d’obtenir la permission de mon père pour ce film où je voulais aller au fond des choses et ne pas perdre de temps». Mission accomplie, le tournage n’aura pas en effet duré que 11 jours, écoulés à la fin de l’été dernier. A peine plus que le temps de tournage d’un court métrage, ce que devait être «La pomme à l’origine». La pomme est le symbole de la vie, a-t-elle expliqué, faisant aussi référence à la pomme du jardin d’Eden. La pomme est la première chose du monde extérieur que goûtent les deux petites filles, puis leur père. Le film se clôt sur le départ de la mère aveugle. Elle tente d’attraper elle aussi une pomme que lui tend pour jouer un gamin, au bout d’une canne à pêche de fortune. Le film a été projeté à Téhéran mercredi dernier. «Nous n’avons pas eu le temps de recueillir les réactions des gens car nous partions pour Cannes», a-t-elle précisé. En revanche, Samira a revu les deux gamines voici deux semaines. «Elles avaient beaucoup changé, elles pouvaient s’exprimer par la parole et l’écrit», a-t-elle dit. Samira s’est défendue d’avoir voulu faire un film sur la condition féminine en Iran en général, expliquant qu’avant de réaliser «La pomme», elle avait lu un livre relatant un fait divers similaire... en Californie. «C’est un film sur la condition féminine et la liberté, pas seulement en Iran mais dans le monde entier», conclut-elle. (Reuters)
Cannes est le festival des extrêmes à tous points de vue. Il accueille cette année le vétéran des cinéastes, le Portugais Manoel de Oliveira (90 ans) et la Benjamine de tous les cinéastes invités sur la Croisette, l’Iranienne Samira Makhmalbaf (18 ans). Aux robes courtes ou transparentes et aux poitrines dénudées, cette très jeune cinéaste oppose la rigueur du foulard et de la longue tunique noire serrée à la taille. Son premier long métrage, «La pomme» (Sib) a été présenté à Cannes dans la section «Un certain regard». L’histoire de «La pomme» s’inspire d’un fait divers réel survenu dans un quartier pauvre de Téhéran. Un père arriéré tenait en réclusion ses deux filles depuis leur naissance, avec l’assentiment apparent de leur mère aveugle, craignant pour elles la «rigueur du soleil» et la...