La torture, une routine pratiquée systématiquement par le Shin Beth (photos)
le 20 mai 1998 à 00h00
«La torture de détenus palestiniens est un travail routinier dans les prisons israéliennes, régi par des procédures bureaucratiques», a déclaré M. Yuval Guinbar, un des responsables de l’organisation Betselem, lors d’une conférence de presse. «Le Shin Beth interroge entre 1.000 et 1.500 Palestiniens par an, et dans 85% des cas, il sont torturés», a-t-il affirmé. Se basant sur des témoignages de prisonniers palestiniens, Betselem dénombre huit sévices physiques principaux utilisés par le Shin Beth, que son chef Ami Ayalon a jugé lundi «indispensables» dans certains cas, pour soutirer des aveux à des suspects. Betselem cite notamment la position de la «banane» où le prisonnier cagoulé est allongé pieds et poings liés derrière le dos. La position dite de la «grenouille» consiste à laisser le prisonnier accroupi durant des heures, les mains liées. Le prisonnier subit alors un flot continu de coups, d’insultes et il est privé de sommeil, selon l’organisation. Le Shin Beth codifie la durée de ces méthodes, selon Betselem. ainsi, les «secousses» infligées au prisonnier ne doivent pas durer plus de 5 secondes. Les «secousses» ont déjà causé la mort d’un homme, a-t-on appris de sources judiciaires. Israël a été condamné lundi par le Comité de l’ONU contre la torture qui a estimé que le recours à la violence physique pour interroger des Palestiniens soupçonnés de préparer des attentats représentait une forme de torture. Le Shin Beth, qui dépend directement du premier ministre, est autorisé à avoir recours à des «interrogatoires poussés» lorsqu’il pense avoir affaire à un suspect supposé détenir des informations sur un attentat en préparation. La Cour suprême doit statuer mercredi sur la légalité des méthodes d’interrogatoire, à la suite d’un appel de détenus et d’organisations des droits de l’homme. Elle a jusque-là admis l’usage de «pressions physiques modérées». (AFP, Reuters)
«La torture de détenus palestiniens est un travail routinier dans les prisons israéliennes, régi par des procédures bureaucratiques», a déclaré M. Yuval Guinbar, un des responsables de l’organisation Betselem, lors d’une conférence de presse. «Le Shin Beth interroge entre 1.000 et 1.500 Palestiniens par an, et dans 85% des cas, il sont torturés», a-t-il affirmé. Se basant sur des témoignages de prisonniers palestiniens, Betselem dénombre huit sévices physiques principaux utilisés par le Shin Beth, que son chef Ami Ayalon a jugé lundi «indispensables» dans certains cas, pour soutirer des aveux à des suspects. Betselem cite notamment la position de la «banane» où le prisonnier cagoulé est allongé pieds et poings liés derrière le dos. La position dite de la «grenouille» consiste à laisser le prisonnier...
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