Le «Mapouka serré», une danse ivoirienne jugée «indécente» et «non conforme aux règles des bonnes mœurs», est désormais interdite de télévision nationale, une censure qui suscite un émoi populaire relayé par la presse d’Abidjan. «Les femmes se courbent, remuent leurs fesses d’une manière saccadée et soulèvent leur jupe alors que parfois elles ne portent pas de dessous», décrit un connaisseur. Un clip vidéo du groupe «Génération mot à mot, diffusé par la télévision ivoirienne (RTI), avait contribué ces dernières semaines à populariser cette danse avant que la direction décide de l’interdire. «Nous avons fermé les yeux sur certaines choses, le Mapouka serré est la goutte qui fait déborder le vase», a expliqué au quotidien «Le Jour», le sous-directeur des programmes de la RTI, Georges Aboké, qui estime que la télévision avait été jusque-là «trop permissive». Le Mapouka serré est une version modernisée d’une danse traditionnelle, appelée Awessi, de la région de Grand Lahou et Jacqueville, deux villes côtières ivoiriennes situées à l’ouest d’Abidjan. «Avant, cette danse était sobre et bien conduite, en aucun cas elle ne nécessite que l’on s’abaisse ou se courbe de façon aussi vulgaire», rapporte un pharmacien de Jacqueville dans Ivoir’Soir. Les journaux ont en effet multiplié les «micro-trottoirs» pour sonder les Ivoiriens sur ce sujet qui divise l’opinion. D’un côté, les indignés: «Le Mapouka serré me dégoûte. Surtout quand les jeunes filles commencent à remuer leur postérieur de façon exagérée. Je pense que cela dévalorise la femme et la pousse à la prostitution», avance une jeune femme. De l’autre, les défenseurs du «patrimoine culturel». Pour eux, le Mapouka serré n’est pas plus osé que certaines danses congolaises, comme le Batchegué, qui ont beaucoup de succès en Côte d’Ivoire. «Pour une fois que nous avons créé une danse, il n’y a pas de raison de la dénigrer pour rien», se plaint Affoh Euloge. «Il est mieux d’apprécier ce qui vient de chez nous plutôt que de nous ruer sur ce qui vient d’ailleurs», renchérit un autre sondé. «C’est une danse du terroir. Il faut préserver nos valeurs culturelles», estime Stéphanie Akié, étudiante en communication. Mais pour M. Aboké, «tout ce qui est ivoirien n’est pas forcément sain». «Nous serons désormais plus attentif et plus rigoureux sur ce qui ce passe à la télé», affirme-t-il. Il y a quelques années, la «danse du ventilateur» avait mis en émoi la bonne société sénégalaise qui lui reprochait également d’être provoquante. (AFP)
Le «Mapouka serré», une danse ivoirienne jugée «indécente» et «non conforme aux règles des bonnes mœurs», est désormais interdite de télévision nationale, une censure qui suscite un émoi populaire relayé par la presse d’Abidjan. «Les femmes se courbent, remuent leurs fesses d’une manière saccadée et soulèvent leur jupe alors que parfois elles ne portent pas de dessous», décrit un connaisseur. Un clip vidéo du groupe «Génération mot à mot, diffusé par la télévision ivoirienne (RTI), avait contribué ces dernières semaines à populariser cette danse avant que la direction décide de l’interdire. «Nous avons fermé les yeux sur certaines choses, le Mapouka serré est la goutte qui fait déborder le vase», a expliqué au quotidien «Le Jour», le sous-directeur des programmes de la RTI, Georges Aboké,...
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