A.P.J. Abdul Kalam, l’un des principaux scientifiques indiens ayant permis aux nationalistes hindous de pouvoir compter sur un arsenal atomique, est un musulman, un expert en missiles nucléaires aux origines des plus humbles. A l’âge de dix ans, à Rameshwaram, ville sainte hindoue du Tamil Nadu (sud), il distribuait des journaux pour aider sa famille à survivre. Un demi-siècle plus tard, Kalam, 66 ans, est le père de l’ambitieux programme indien de missiles nucléaires. La semaine dernière, avec le chef de la Commission à l’énergie atomique, R. Chidambaram, il fut responsable des cinq tests atomiques indiens qui ébranlèrent le monde. Après un diplôme en sciences, il étudia l’ingénierie aéronautique à Madras et rejoint en 1958 l’Organisation de recherche et de développement de défense, dont il est aujourd’hui le chef après un passage à l’Organisation de la recherche spatiale, autre agence gouvernementale. L’Inde lui accorda l’an dernier le «Bharat Ratna», sa plus haute décoration civile. Il a tout l’air du scientifique. Les cheveux, blancs et longs, sont en désordre. La mine est modeste. Dimanche, expliquant que l’Inde avait désormais les capacités de lancer des bombes nucléaires, avec un sourire dont il ne se départit que rarement, il a tenu de façon caractéristique à souligner le travail des autres experts indiens plus que le sien. Il l’a fait avec humour aussi, répondant que les missiles indiens pouvaient aussi «lancer des fleurs». Une vie frugale «C’est une personne simple, sans affectation», explique K.S. Jayaraman, l’un des principaux journalistes scientifiques indiens, soulignant aussi qu’il cultive le secret qui «bien sûr est l’apanage de ses fonctions». Ce secret a permis à l’Inde de stupéfier le monde. Aucune indication n’a filtré avant les essais de la semaine passée. Les Etats-Unis, en dépit de leurs satellites perçants, ont affirmé n’avoir rien su. Kalam était l’une des rares personnes dans la confidence, pour la plupart des scientifiques, ainsi que deux ou quatre, selon les sources, membres du cabinet. Il a refusé dimanche d’expliquer comment ce secret avait été maintenu pendant un mois, depuis qu’il avait reçu l’ordre d’aller de l’avant. Malgré ses fonctions — il est responsable de satellites et de missiles dont l’un au moins peut transporter une tête nucléaire jusqu’à 1.500 km de distance — Kalam mène une vie frugale. Il habite à New Delhi dans un appartement de deux pièces, frustrement meublé. Son temps libre est consacré à la littérature tamoule, sa langue natale. Il est poète à ses heures et peut réciter des textes saints, tant musulmans qu’hindous. Il est végétarien, ne boit pas d’alcool et aime la musique classique indienne. Sa philosophie, elle, est à la pointe de la modernité. «Nous devons penser en tant que nation d’un milliard d’habitants, non comme un pays d’un million de personnes», a-t-il expliqué dans une rare interview, au «Times of India». «Rêver, rêve, rêver. Il faut transformer ces rêves en pensées, celles-ci en actes. Le faire soi-même. Ne pas prendre de raccourci en important des équipements». Au cours de sa conférence de presse, il a expliqué que le programme nucléaire indien était désormais à 100% indien et n’a pas caché son dédain pour les sanctions internationales prises contre l’Inde. «Dans le passé, on (les Etats-Unis) nous a refusé un super-ordinateur. Aujourd’hui nous l’avons. De même, on (la Russie) n’a pas voulu nous fournir la technologie spatiale cryogénique. Nous en disposerons dans quelques années». «Personne ne peut plus nous ralentir technologiquement», a-t-il dit. «Une fois qu’un défi nous a été lancé, nous achevons le travail». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats A.P.J. Abdul Kalam, l’un des principaux scientifiques indiens ayant permis aux nationalistes hindous de pouvoir compter sur un arsenal atomique, est un musulman, un expert en missiles nucléaires aux origines des plus humbles. A l’âge de dix ans, à Rameshwaram, ville sainte hindoue du Tamil Nadu (sud), il distribuait des journaux pour aider sa famille à survivre. Un demi-siècle plus tard, Kalam, 66 ans, est le père de l’ambitieux programme indien de missiles nucléaires. La semaine dernière, avec le chef de la Commission à l’énergie atomique, R. Chidambaram, il fut responsable des cinq tests atomiques indiens qui ébranlèrent le monde. Après un diplôme en sciences, il étudia l’ingénierie aéronautique à Madras et rejoint en 1958 l’Organisation de recherche et de développement de défense, dont il est...