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Actualités - Chronologie

L'Indonésie entre explosion populaire et révolution de palais

Le sort de l’Indonésie, où le régime du président Suharto semble à sa fin après 32 ans de pouvoir absolu, est suspendu entre une explosion populaire et une révolution de Palais. Malgré trois jours de violences qui ont dévasté des quartiers entiers de la capitale faisant au moins 500 morts et les appels à sa démission émanant y compris de son propre appareil politique et même de ses compagnons d’armes, le président Suharto, 76 ans, ne montre aucun signe de fléchissement. Au contraire et s’il annonce un remaniement prochain de son cabinet et revient partiellement sur les hausses des prix qui ont catalysé la colère populaire, il semble décidé à rester au pouvoir jusqu’au bout. Le parallèle entre la situation actuelle en Indonésie et celle des Philippines en février 1986 lorsque cinq jours de manifestations largement pacifiques ont contraint le président Marcos à laisser la place à Corazon Aquino est souvent fait. Les analystes de la région notent cependant plus de points de différences que de comparaisons et le premier étant l’absence d’un dirigeant charismatique capable de mobiliser les foules derrière lui. La personnalité de l’opposition la plus connue à travers le pays est la fille du président fondateur de l’Indonésie Soekarno, Mme Megawati Soekarnoputri mais elle conserve, à ce jour, un profil bas. De plus, le président indonésien est, selon la Constitution, élu, non par la population, mais par une Assemblée consultative de 1.000 membres, en majorité choisis par lui-même. Mochtar Buchori, un analyste politique indonésien, remarque aussi que «si les forces d’oppositions sont en train de grandir, leur coordination reste limitée». «Nous sommes arrivés dans une impasse et la question, explique-t-il, est de savoir qui, du président et de son gouvernement ou des forces populaires montantes, va s’effacer». Malgré les rumeurs faisant état de divergences au sein de l’armée, le haut commandement, entièrement choisi par le président Suharto, continue à soutenir l’ordre en place. David Stars, un analyste de stratégie financière, constate que, «en l’absence d’opposition politique clairement organisée, le marché a de plus en plus tendance à penser que le salut viendra de l’armée». Selon lui «l’armée ne peut accepter l’idée d’affronter le peuple» et il se déclare «persuadé qu’une partie d’entre elle espère que Suharto pourra être persuadé de s’effacer avec les honneurs ce qui constituera un coup de Palais sans violence». D’autres analystes envisagent pour leur part un scénario «à la birmane», Suharto, comme Ne Win en 1988, s’effaçant au profit d’un groupe de militaires garantissant sa sécurité. La perspective d’une impasse prolongée avec les risques d’affrontements en Indonésie, la plus importante économie d’Asie du Sud-Est, effraie les milieux économiques, qui, dans l’ensemble, n’espèrent plus que les mesures de réformes politiques et économiques nécessaires puissent venir du président Suharto. «Une agitation sociale généralisée s’étendant sur des mois avec une répression des forces de sécurité, estiment les consultants du PERC (Political and Economic Risk Consultancy Ltd), unirait et radicaliserait l’opposition». «Le risque alors, selon le PERC, serait une forme de révolution sociale, appuyée par certains éléments de l’armée qui balaierait complètement le régime» et qui serait sans doute xénophobe et dirigée contre la communauté indonésienne d’origine chinoise. «Ce genre de risque, estime le PERC, veut dire que pour les militaires et d’autres éléments proches du pouvoir la mise à l’écart en douceur de Suharto peut apparaître comme le seul moyen de sauvegarder leurs intérêts». (AFP)
Le sort de l’Indonésie, où le régime du président Suharto semble à sa fin après 32 ans de pouvoir absolu, est suspendu entre une explosion populaire et une révolution de Palais. Malgré trois jours de violences qui ont dévasté des quartiers entiers de la capitale faisant au moins 500 morts et les appels à sa démission émanant y compris de son propre appareil politique et même de ses compagnons d’armes, le président Suharto, 76 ans, ne montre aucun signe de fléchissement. Au contraire et s’il annonce un remaniement prochain de son cabinet et revient partiellement sur les hausses des prix qui ont catalysé la colère populaire, il semble décidé à rester au pouvoir jusqu’au bout. Le parallèle entre la situation actuelle en Indonésie et celle des Philippines en février 1986 lorsque cinq jours de manifestations...