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Actualités - Chronologie

L'émergence de l'Extrême-droite inquiète les hongrois

L’élection d’un parti d’extrême-droite au Parlement hongrois sème des inquiétudes en Hongrie concernant l’émergence de sentiments racistes et nationalistes. Le parti hongrois de la Vie et de la Justice (MIEP) a obtenu au premier tour des élections dimanche 5,55 pourcent des voix et sera avec ce score le premier parti d’extrême-droite à intégrer le Parlement depuis la Deuxième Guerre mondiale. L’écrivain Istvan Csurka, âgé de 64 ans et chef du MIEP, se plaît à décrire les banquiers comme des «ploutocrates judéo-bolchévistes et cosmopolitains». Il lance aussi des attaques tous azimuts contre «les libéraux, les juifs, les homosexuels, les tziganes, les minorités nationales en Hongrie et les étrangers». «Je ne suis pas heureux de ce développement» a commenté le premier ministre socialiste Gyula Horn qui dirige actuellement une coalition socialo-libérale et espère être réélu à l’issue du second tour électoral, le 24 mai. Le MIEP «est une honte pour la démocratie» déclare de son côté Gabor Fodor, l’un des dirigeants du petit parti de la coalition socialo-libérale actuelle, l’Alliance des démocrates libres du SZDSZ. Le MIEP, fondé par Istvan Csurka en 1993, à la suite de son éviction du parti de centre-droit alors au pouvoir, le Forum démocratique hongrois (MDF) est fermement opposé à l’entrée de la Hongrie dans l’OTAN et l’Union européenne. Sous le slogan ultra-nationaliste de «la Hongrie aux Hongrois» le MIEP prône la restauration de la Hongrie dans les frontières d’avant la première guerre mondiale. Après cette guerre, la Hongrie a perdu les deux-tiers de son territoire à la suite du Traité de Trianon de 1920. Istvan Csurka est aussi férocement opposé aux investissements étrangers en Hongrie, pays qui a attiré 40 pour cent des capitaux investis en Europe centrale. Le chef du MIEP considère aussi que les banquiers sont «une bande de juifs qui s’emparent de l’argent des petites gens pour s’en servir eux-mêmes et aider les communistes à se maintenir au pouvoir». Salut nazi Le principal slogan électoral du parti a été: «Tous ceux qui sont Hongrois seront avec nous», soit un slogan emprunté à l’époque où la Hongrie a été l’alliée de Hitler pendant la Deuxième Guerre mondiale. Istvan Csurka accueille par ailleurs ses auditeurs lors de manifestations par le salut nazi. Le Prix Nobel de la Paix Elie Wiesel a exprimé son «angoisse» face à l’émergence de ce parti en Hongrie à l’issue des élections. «Cette situation est frustrante pour moi car elle me donne le sentiment que nos écrits, nos enseignements et tout notre témoignage ont été insuffisants» a-t-il déclaré. En 1994 le MIEP a manqué l’entrée au Parlement n’ayant obtenu que 1,4 pourcent des voix. Depuis le parti a noué des liens étroits avec le dirigeant de l’extrême-droite française, Jean-Marie Le Pen, chef du Front national, qui a été invité en Hongrie en 1996 par Istvan Csurka. Istvan Csurka entretient aussi des relations étroites avec le dirigeant de l’extrême-droite russe Vladimir Jirinovsky. MIEP, qui est farouchement anticommuniste, souhaite sanctionner les anciens responsables communistes dont certains sont actuellement au pouvoir en tant que membres du Parti socialiste. Istvan Csurka avait été emprisonné pendant six mois en raison de ses activités pendant la révolution hongroise de 1956 contre la domination soviétique. Plus tard les autorités culturelles communistes lui ont apporté leur soutien, lui permettant de devenir un auteur de pièces de théâtres réputé. Il a reçu plusieurs prix littéraires et il était parmi les rares personnalités dont les pièces de théâtre et les écrits n’ont pas été frappés d’une interdiction de parution. (AFP)
L’élection d’un parti d’extrême-droite au Parlement hongrois sème des inquiétudes en Hongrie concernant l’émergence de sentiments racistes et nationalistes. Le parti hongrois de la Vie et de la Justice (MIEP) a obtenu au premier tour des élections dimanche 5,55 pourcent des voix et sera avec ce score le premier parti d’extrême-droite à intégrer le Parlement depuis la Deuxième Guerre mondiale. L’écrivain Istvan Csurka, âgé de 64 ans et chef du MIEP, se plaît à décrire les banquiers comme des «ploutocrates judéo-bolchévistes et cosmopolitains». Il lance aussi des attaques tous azimuts contre «les libéraux, les juifs, les homosexuels, les tziganes, les minorités nationales en Hongrie et les étrangers». «Je ne suis pas heureux de ce développement» a commenté le premier ministre socialiste Gyula Horn...