Le chancelier allemand Helmut Kohl tentera lundi à Brême, devant le congrès de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), de renverser la tendance de sa campagne électorale, engagée dans une spirale de l’échec. Il rêve de rééditer ainsi le revirement qu’il avait déjà imprimé quatre ans plus tôt à une campagne tout aussi mal engagée. Un discours particulièrement offensif, devant un congrès de la CDU à Hambourg, avait alors donné le signal de la reconquête de l’électorat quand le parti s’était déjà résigné à la défaite. Et M. Kohl l’avait finalement emporté de justesse. Le millier de délégués du congrès de Brême attendent de lui pareille intervention miraculeuse. mais, cette fois, la mission paraît plus impossible encore, tant le terrain perdu sur l’opposition sociale-démocrate (SPD) et son candidat charismatique Gerhard Schroeder est important. La CDU a essuyé deux échecs électoraux retentissants ces dernières semaines dans des élections régionales en Basse-Saxe (Nord) et Saxe-Anhalt (Est) et les sondages unanimes donnent le SPD vainqueur haut la main, au soir des élections générales du 27 septembre. Selon le baromètre électoral de l’Institut Forsa, publié jeudi par l’hebdomadaire Die Woche, le SPD recueillait début mai 46% des intentions de vote contre 33% pour la CDU et son parti frère bavarois, l’Union chrétienne-sociale (CSU). Une autre enquête, publiée au début du mois, confirmait la déprime des militants de la CDU. Seuls 40% d’entre eux voulaient encore croire en une victoire du Chancelier contre 55% qui tablaient sur un succès de son challenger social-démocrate. «Contre le vent» Même l’autorité de M. Kohl sur les questions européennes a été passablement écornée par sa reculade au Sommet des Quinze à Bruxelles lorsqu’il a cédé devant les instances de la France sur le partage de la présidence de la banque centrale européenne. «En vol à voile aussi, on s’élance contre le vent. Notre position de départ n’est donc pas si mauvaise», a tenté de se rassurer il y a quelques jours Wolfgang Schaeuble, président du groupe parlementaire CDU-CSU. Le congrès de Brême doit aussi mettre un terme définitif à la querelle autour de la candidature de M. Kohl, à la tête du gouvernement allemand depuis bientôt seize ans et de la CDU depuis un quart de siècle. Défiant son autorité, de nombreuses voix s’étaient élevées au sein même du parti pour souhaiter que le Chancelier cède la place à M. Schaeuble, son dauphin désigné. mais, à quatre mois des élections, la CDU entend désormais faire corps derrière Helmut Kohl sous le mot d’ordre du congrès: «Nous conduisons l’Allemagne vers le 21e siècle». Une transition dont les contours précis doivent être dessinés mardi, au second et dernier jour du congrès, par M. Schaeuble, l’auteur du «programme d’avenir» du parti dont l’objectif proclamé est de faire de l’Allemagne «la société la plus moderne d’Europe». Principaux axes: plein emploi — le chômage-record en Allemagne représente le principal point noir du bilan d’Helmut Kohl — éducation, formation, réduction des dépenses publiques, réforme de la fiscalité et de la couverture sociale. Cette seconde mouture du programme de la CDU servira de base au programme électoral commun qui sera élaboré avec la CSU. Elle tient déjà compte des réserves du parti bavarois sur un projet de taxation supplémentaire de sources d’énergie polluantes et muscle le discours sécuritaire, conformément à ses vœux. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le chancelier allemand Helmut Kohl tentera lundi à Brême, devant le congrès de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), de renverser la tendance de sa campagne électorale, engagée dans une spirale de l’échec. Il rêve de rééditer ainsi le revirement qu’il avait déjà imprimé quatre ans plus tôt à une campagne tout aussi mal engagée. Un discours particulièrement offensif, devant un congrès de la CDU à Hambourg, avait alors donné le signal de la reconquête de l’électorat quand le parti s’était déjà résigné à la défaite. Et M. Kohl l’avait finalement emporté de justesse. Le millier de délégués du congrès de Brême attendent de lui pareille intervention miraculeuse. mais, cette fois, la mission paraît plus impossible encore, tant le terrain perdu sur l’opposition sociale-démocrate (SPD) et son ...