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Actualités - Chronologie

New Delhi fait le gros dos face aux sanctions et aux condamnations

L’Inde faisait le gros dos jeudi face à de sévères sanctions économiques et la condamnation mondiale unanime de ses essais nucléaires, alors que l’opposition tirait ses premières salves contre le gouvernement nationaliste hindou. Le premier ministre Atal Behari Vajpayee a refusé de répondre aux questions, après avoir crânement assuré la veille qu’il ferait face «à toute difficulté». «Nous allons nous réunir de nouveau et décider ce que l’on va faire et comment», s’est-il contenté de dire. Malgré les déclarations officielles rassurantes, affirmant que New Delhi ne craignait pas les sanctions et qu’il n’y avait pas lieu de «paniquer», la monnaie a chuté, la roupie atteignant un record à la baisse à 40,70 contre le dollar, et la bourse connaissait une grande nervosité. Les questions se sont multipliées sur l’impact qu’auraient les représailles internationales sur la fragile économie indienne. Au lendemain du deuxième défi nucléaire indien au reste du monde stupéfié — deux nouveaux essais nucléaires 48 heures après les trois premiers — la fierté nationaliste et l’euphorie ont fait place dans la presse à un examen plus sobre des conséquences économiques et stratégiques du soudain changement de politique nucléaire. Certains journaux et analystes estimaient que le prix à payer serait élevé et que l’Inde, en récession économique depuis deux ans, devrait se serrer la ceinture. Dans un éditorial intitulé «Au-delà de l’euphorie», le quotidien Asian Age a affirmé que M. Vajpayee, confronté à la suspension de l’assistance américaine et japonaise, devait «maintenant réduire de façon draconienne les dépenses publiques» et trouver les moyens d’inciter les investisseurs étrangers échaudés à continuer d’affluer vers l’Inde. Des analystes économiques se sont dits certains, au contraire, que les nationalistes hindous, au pouvoir depuis le 19 mars et qui doivent dévoiler leur premier budget le 1er juin, prendraient des mesures pour protéger les compagnies indiennes, arguant que comme pour le nucléaire, ils tiendraient leur promesse électorale. Ne pas politiser le nucléaire Le ministre indien du Commerce Ramarishna Hedge a affirmé que l’Inde «fera face» aux sanctions. «On ne peut continuer à vouloir nous faire peur», a-t-il dit, qualifiant les représailles de «hautement discriminatoires». Le gouvernement indien, tout d’abord encensé pour avoir fait du pays une puissance nucléaire de facto, a subi les premières critiques de l’opposition. M. Vajpayee devait rencontrer les dirigeants des partis pour leur expliquer pourquoi l’Inde avait conduit cinq essais nucléaires en 48 heures. Le parti Janata Dal (socialiste) a estimé que l’heure devait être désormais à «la paix» et à l’arrêt temporaire du programme nucléaire, affirmant qu’il était mené «au prix des activités de développement» économique. Plusieurs formations ont accusé M. Vajpayee, dont le gouvernement de coalition est en guerre intestine, d’avoir eu des visées politiques. Le premier ministre a assuré qu’il n’avait pas cherché «un soutien populaire». Le Congrès, principal parti d’opposition qui avait accueilli favorablement les trois premiers tests, a demandé des explications et a affirmé que le gouvernement ne devait pas «politiser» la question nucléaire. Le Parti communiste d’Inde-marxiste (CPI-M) a critiqué un «changement unilatéral de politique» et «une action précipitée» décidée «par un gouvernement à la majorité précaire» sans aucune consultation des partis politiques. (AFP)
L’Inde faisait le gros dos jeudi face à de sévères sanctions économiques et la condamnation mondiale unanime de ses essais nucléaires, alors que l’opposition tirait ses premières salves contre le gouvernement nationaliste hindou. Le premier ministre Atal Behari Vajpayee a refusé de répondre aux questions, après avoir crânement assuré la veille qu’il ferait face «à toute difficulté». «Nous allons nous réunir de nouveau et décider ce que l’on va faire et comment», s’est-il contenté de dire. Malgré les déclarations officielles rassurantes, affirmant que New Delhi ne craignait pas les sanctions et qu’il n’y avait pas lieu de «paniquer», la monnaie a chuté, la roupie atteignant un record à la baisse à 40,70 contre le dollar, et la bourse connaissait une grande nervosité. Les questions se sont...