Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Santé Affamer les cellules cancéreuses pour lutter contre la maladie

Présentée comme un «pas historique» ou un «tournant décisif» dans la lutte contre le cancer, une nouvelle technique suscite bien des espoirs. Schématiquement, il s’agit de «garrotter» chimiquement les vaisseaux sanguins qui acheminent les aliments vers les tumeurs pour les affamer. Le but final n’est pas de tuer la tumeur mais, en limitant son alimentation, de diminuer sa masse et d’entraver sa croissance. La technique sera abondamment passée au crible lors du plus grand congrès de cancérologie du monde, l’ASCO, la Société américaine d’oncologie clinique, qui s’ouvre à Los Angeles le 15 mai. Selon le Dr Judah Folkman, de l’hôpital pédiatrique de Boston (Massachusetts), principal auteur de l’étude qui fait tant de bruit, deux médicaments – l’Angiostatine et l’Endostatine – constitueraient ainsi des garrots de choix ayant la propriété d’interrompre le flux sanguin qui abreuve les tumeurs cancéreuses et autorise leur croissance. Administrés par injections intraveineuses à des souris, ces deux médicaments, produits à partir de protéines, ont non seulement permis de faire disparaître leurs tumeurs cancéreuses, mais aussi d’empêcher leur multiplication. Les travaux du Dr Folkman reposent sur un processus au nom un peu barbare, l’angiogenèse, la fabrication des vaisseaux sanguins. Ces vaisseaux irriguent la plupart des tissus de l’organisme pour fournir aux cellules les éléments nutritifs qui leurs sont nécessaires et pour évacuer les produits de dégradation. «Généralement, expliquait récemment le Dr Folkman dans la revue «Pour la Science», ces capillaires ne grossissent pas, et leur nombre ne varie pas mais ils n’ont pas perdu cette capacité, notamment lors de la menstruation ou quand les tissus sont endommagés». Des souris et des hommes Autre caractéristique, les cellules tumorales peuvent également provoquer cette angiogenèse. Les nouveaux vaisseaux sanguins apportent alors sur les cellules cancéreuses des nutriments et des protéines nommés facteurs de croissance qui favorisent le développement de la masse tumorale. «Ce processus, soulignait le Dr Folkman, est une des étapes cruciales de la transition entre le stade de la tumeur de petite taille susceptible de régresser et celui de la grosse tumeur maligne, capable de se disséminer». Sans cette vascularisation, la taille de la tumeur reste en effet inférieure à celle d’un petit pois. D’où l’idée qui a germé dans le cerveau des médecins: chercher à comprendre les mécanismes de cette prolifération afin de pouvoir la contrôler, en évitant évidemment d’endommager les vaisseaux sains. Le rôle de l’angiogenèse est activement étudié depuis plusieurs dizaines d’années mais c’est seulement depuis la fin des années 80 que les médecins ont entamé des essais cliniques. Le premier agent sur lequel les chercheurs se sont penchés a été l’Interféron alpha. Par la suite, les médecins ont testé d’autres substances, l’Interleukine et même la Thalidomide, de sinistre mémoire, qui fut à l’origine, dans les années 60, de terribles malformations chez des milliers de nouveau-nés. Les travaux du Dr Folkman ont suscité l’enthousiasme du directeur de l’Institut national du cancer (NCI), le Dr Richard Klausner qui envisage de passer rapidement aux essais sur l’homme, ce qui pourrait se traduire, si le soufflé ne retombe pas, par la commercialisation de médicaments dès le début du troisième millénaire. Les deux médicaments ne devraient pas être trop difficiles à produire en abondance: l’Endostatine a été découverte sur la surface interne des vaisseaux sanguins et l’Angiostatine dans l’urine des souris. (AFP)
Présentée comme un «pas historique» ou un «tournant décisif» dans la lutte contre le cancer, une nouvelle technique suscite bien des espoirs. Schématiquement, il s’agit de «garrotter» chimiquement les vaisseaux sanguins qui acheminent les aliments vers les tumeurs pour les affamer. Le but final n’est pas de tuer la tumeur mais, en limitant son alimentation, de diminuer sa masse et d’entraver sa croissance. La technique sera abondamment passée au crible lors du plus grand congrès de cancérologie du monde, l’ASCO, la Société américaine d’oncologie clinique, qui s’ouvre à Los Angeles le 15 mai. Selon le Dr Judah Folkman, de l’hôpital pédiatrique de Boston (Massachusetts), principal auteur de l’étude qui fait tant de bruit, deux médicaments – l’Angiostatine et l’Endostatine – constitueraient...