Les «Teletubbies», vêtus de grenouillères, une antenne sur la tête et le ventre incrusté d’une télévision, ont pris d’assaut les télévisions américaines, au grand bonheur semble-t-il des tout-petits mais au désarroi des parents. Les «Teletubbies», une série télévisée britannique, diffusée depuis le 6 avril dernier sur les écrans américains, provoquent de grands débats sur le pour ou le contre d’une télévision visant les enfants en bas âge. «Ils visent nos enfants comme si c’étaient des proies», affirmait récemment Jean Lotus, une femme qui milite contre le petit écran, lors d’un débat sur les «Teletubbies», dont l’émission est diffusée sur la chaîne publique PBS. Et tout comme en Grande-Bretagne, leur lieu d’origine, les «Teletubbies», du nom de ces quatre personnages qui ressemblent à de gentils extraterrestres et ont une démarche de jeunes porteurs de couche-culotte, sont la cible des critiques de télévision. «Ils apprennent aux enfants à fixer une boîte en plastique pendant une demi-heure», se lamente Jean Lotus. D’autres critiques estiment encore qu’un tel programme, qui vise aussi clairement les tout-petits, est seulement conçu pour leur donner, le plus tôt possible, l’habitude de regarder la télévision. Mais les partisans des «Teletubbies» s’insurgent. «C’est un plaisir innocent», affirme Ken Viselman, qui est en charge du marketing des «Teletubbies» aux Etats-Unis. «Cela permet aux enfants de s’amuser», dit-il. Les «Teletubbies», Tinky Winky, Dipsy, Laa Laa et Po, les héros de la série diffusée depuis plus d’un an par la BBC, parlent «bébé», se font de «gros câlins» et évoluent dans le monde de «Teletubbyland». Mais quoi qu’en disent les adultes, les petits semblent apprécier. Interrogés de façon informelle par un journaliste, de nombreux parents expliquent que leurs enfants aiment le programme. Une petite fille de 16 mois se met ainsi à pleurer à chaque fois que les «Tubbies» disparaissent derrière une colline, raconte sa mère. Selon Laurie Fry, de PBS, la chaîne a reçu un nombre sans précédent d’appels de parents qui affirment que leurs enfants adorent l’émission. «C’est très inhabituel», dit-elle. L’émission «est un peu étrange mais pas dangereuse», estime de son côté Peggy Charren, fondatrice d’une association s’occupant des programmes de télévision pour enfants. «Cela ne fera sans doute pas de mal à un enfant, mais cela ne l’aidera peut-être pas non plus», dit-elle, se faisant l’écho des psychologues. D’autres critiques affirment que le programme dénature complètement la langue anglaise, où sujets et verbes ne se conjuguent pas, les pronoms n’existent guère et les voyelles se mélangent. Pour Dorothy Singer, codirectrice d’un centre de recherche sur la télévision familiale à l’université de Yale, le parler-bébé peut certes paraître repoussant mais c’est surtout la notion de mettre des enfants aussi petits devant la télévision qui effraie. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les «Teletubbies», vêtus de grenouillères, une antenne sur la tête et le ventre incrusté d’une télévision, ont pris d’assaut les télévisions américaines, au grand bonheur semble-t-il des tout-petits mais au désarroi des parents. Les «Teletubbies», une série télévisée britannique, diffusée depuis le 6 avril dernier sur les écrans américains, provoquent de grands débats sur le pour ou le contre d’une télévision visant les enfants en bas âge. «Ils visent nos enfants comme si c’étaient des proies», affirmait récemment Jean Lotus, une femme qui milite contre le petit écran, lors d’un débat sur les «Teletubbies», dont l’émission est diffusée sur la chaîne publique PBS. Et tout comme en Grande-Bretagne, leur lieu d’origine, les «Teletubbies», du nom de ces quatre personnages qui ressemblent...