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Actualités - Chronologie

Bunker anti-atomique pour abriter le congrès US

Un bunker géant, destiné à abriter le Congrès américain en cas de guerre nucléaire, a conservé pendant plus de trente ans son secret, à l’abri des montagnes de Virginie occidentale, dissimulé sous un hôtel 5 étoiles. L’existence de l’abri anti-atomique, grand comme deux terrains de football superposés, enfui sous l’annexe de l’hôtel Greenbrier, à 300 kilomètres au sud-ouest de Washington, n’était connue que d’une poignée d’employés, dont certains spécialistes en télécommunications jouaient le rôle de réparateurs de télévision. Construit en 1962, en pleine guerre froide, en même temps que l’annexe, dont les travaux avaient masqué le but réel de l’opération, l’abri devait pouvoir abriter les 535 membres du Congrès et quelque 550 collaborateurs, selon Fritz Bugas, ancien directeur du centre. «Nous étions toujours prêts à réagir en cas d’alerte», affirme M. Bugas, 70 ans, qui fait visiter le complexe aux touristes depuis son ouverture au public en 1995. Une des entrées au bunker, au sous-sol de l’annexe, consiste en une simple porte verrouillée avec pour toute indication la mention «danger haute tension». Mais elle masque une autre porte blindée de 18 tonnes capable de résister au souffle d’une explosion nucléaire. Deux salles de conférence, sous un épais revêtement de ciment, pouvaient d’un moment à l’autre servir de Chambre des représentants et de Sénat. Le complexe comprend une clinique, équipée d’un bloc opératoire, de chambres d’isolation et même d’un cabinet dentaire, 18 dortoirs, munis de lits superposés et de douches communes, huit «salles de séjour» aux murs décorés de gravures équestres et de photos de jardins florissants. Une cafétéria permettait de nourrir 400 personnes à la fois. Assurance-vie Un long tunnel, artère principale de l’abri, qui débouche derrière une colline, permettait aux personnes évacuées d’arriver en secret depuis l’aéroport tout proche, sans passer par l’hôtel. Des bouches d’aération se ferment automatiquement dès que des capteurs de radiation, installés sur les montagnes avoisinantes signalent la moindre contamination. Pour pénétrer dans l’abri, les personnes évacuées pouvaient être appelées à passer par une salle de décontamination, équipée de douches, où ils devaient échanger leurs vêtements pour des tuniques et des chaussures de tennis. «La température est constante, ainsi que le degré d’humidité», souligne M. Bugas qui prend plaisir à montrer aux visiteurs comment l’abri demeure opérationnel «et peut être activé en cinq à sept minutes», quand bien même le Congrès a renoncé à s’en servir. Plusieurs salles du bunker ne sont accessibles que par des portes munies de codes secrets. Elles comprennent un poste de garde, équipé de matraques, pistolets et fusils, une salle de communications reliée directement à des transmetteurs aux sommets de montagnes voisines et une salle de conférence où des horloges électroniques donnent l’heure locale à Moscou, Londres ou Bagdad. Une immense photo du Capitole peut servir de toile de fond aux interventions télévisées. En sous-sol, des réservoirs énormes de diesel permettent de faire tourner trois générateurs pendant 45 à 60 jours, tandis qu’une unité de traitement comprenant gaz chloriné et rayons ultraviolets permet de décontaminer l’eau en provenance d’un puits souterrain. Un incinérateur permet la destruction des ordures et éventuellement des corps de ceux qui viendraient à mourir dans le bunker. Une salle était également prévue pour les archives du Congrès et d’autres documents administratifs, dont des formulaires de retraite et d’assurance-vie. (AFP)
Un bunker géant, destiné à abriter le Congrès américain en cas de guerre nucléaire, a conservé pendant plus de trente ans son secret, à l’abri des montagnes de Virginie occidentale, dissimulé sous un hôtel 5 étoiles. L’existence de l’abri anti-atomique, grand comme deux terrains de football superposés, enfui sous l’annexe de l’hôtel Greenbrier, à 300 kilomètres au sud-ouest de Washington, n’était connue que d’une poignée d’employés, dont certains spécialistes en télécommunications jouaient le rôle de réparateurs de télévision. Construit en 1962, en pleine guerre froide, en même temps que l’annexe, dont les travaux avaient masqué le but réel de l’opération, l’abri devait pouvoir abriter les 535 membres du Congrès et quelque 550 collaborateurs, selon Fritz Bugas, ancien directeur du...